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    Réalisatrices équitables souligne les 40 ans du cinéma féminin au Québec

    Depuis les débuts du cinéma de fiction ici, la sous-représentation des réalisatrices demeure un cuisant constat

    6 mars 2012 |Odile Tremblay | Cinéma
    Le groupe Réalisatrices équitables célèbre le 40e anniversaire de La vie rêvée, de Mireille Dansereau (à gauche), qui était hier en compagnie d’Isabelle Hayeur et de Marquise Lepage.<br />
    Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le groupe Réalisatrices équitables célèbre le 40e anniversaire de La vie rêvée, de Mireille Dansereau (à gauche), qui était hier en compagnie d’Isabelle Hayeur et de Marquise Lepage.
    http://realisatrices-equitables.com/
    En 1972, Mireille Dansereau tournait La vie rêvée, long métrage de fiction libre, sur fond de complicité féminine, de questionnements sur la sexualité et l'identité, de quête idéale de l'homme parfait à démystifier.

    Hier, en guise de coup de chapeau, le groupe Réalisatrices équitables célébrait le 40e anniversaire d'un cinéma imaginé par les femmes au Québec. Du 8 au 14 mars, la Cinémathèque québécoise consacrera une rétrospective à Mireille Dansereau, comprenant La vie rêvée, L'arrache-coeur (1979), Le sourd dans la ville (1987) et bien d'autres, documentaires compris. Des capsules avant chaque film évoqueront des anecdotes entourant le tournage, la conception et l'esprit de l'oeuvre. «Où sont les hommes?», lui demandait-on quand elle lança cette Vie rêvée? Mireille Dansereau célébrait plutôt l'irrévérence des femmes au milieu d'une époque de toutes les libertés.

    Mireille Dansereau peine à trouver le financement de son prochain film. Celui-ci aborde la maternité, mais fut deux fois rejeté par les institutions. Elle ne perd pas espoir. Son projet précédent a dû avorter, faute de soutien. Elle pense en images plutôt qu'en mots. «On réclame aujourd'hui des scénarios trop formatés, sans respecter le côté organique du cinéma», estime-t-elle. Sa génération, prise en sandwich entre les pionniers de l'ONF toujours en selle et la relève, a moins tourné qu'elle n'aurait dû.

    Fabrice Montal, directeur de la programmation à la Cinémathèque québécoise, expliquait hier avoir découvert récemment l'oeuvre de Mireille Dansereau qu'il trouve bien méconnue, tout en considérant cette cinéaste comme une véritable auteure ayant abordé le couple, le rapport au corps, les rôles sociaux, la famille éclatée, en une époque charnière.

    Mais cette vision féminine au cinéma est encore bien rare. Moins de 15 % des longs métrages de fiction au Québec ont une femme à leur barre: 5 sur 32, lors des plus récents Rendez-vous du cinéma québécois. Que faire?

    Marquise Lepage, présidente de Réalisatrices équitables, annonce la mise en chantier d'un livre de la journaliste et auteure Pascale Navarro et de la sociologue et réalisatrice Anna Lupien, appelé à sortir dans un an.

    Une nouvelle étude est en chantier pour ausculter les dessous de la sous-représentation féminine au cinéma. Huit capsules Web sur des réalisatrices de fiction seront lancées sur le site de l'organisme.

    «En 2012, on mettra l'accent sur la valorisation des réalisatrices», précise Isabelle Hayeur, vice-présidente du groupe.

    Réalisatrices équitables compte cinq ans d'âge. «Et on espère ne jamais se rendre à quarante, sourit Marquise Lepage, car l'équilibre sera atteint d'ici là.» Elle trouve que les stéréotypes ont la vie dure, rappelle que les personnages féminins se vendent moins bien au cinéma que les héros mâles. «Sauf si une cinéaste parle de sexe avec des actrices déshabillées», ajoute Isabelle Hayeur.

    Le 8 mars, Réalisatrices équitables recevra à Vancouver, de l'organisme Women in Film and Television, le prix Please Adjust Your Set, pour sa contribution à l'équité hommes-femmes au cinéma. Un baume pour ces filles qui poussent à la roue. Elles brûlent d'intéresser le milieu à ces questions de points de vue féminins à valoriser derrière la caméra... en dehors du 8 mars aussi.












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