Encarcanée dans le cyberespace
Il va falloir revoir un peu ses préjugés: la burqa et la modernité peuvent finalement très bien aller ensemble... dans la sphère de la bande dessinée, du moins.
C'est en tout cas la démonstration par le voile intégral que cherche à faire la jeune Alberte, personnage imaginé par le bédéiste Francis Desharnais. Comment? En déplaçant son regard cinglant sur son environnement, du papier, où elle a vu le jour en 2008, jusqu'au Web, où désormais elle donne une autre forme à sa délirante existence en s'animant, oui, et en s'épanchant sur l'actualité chaque semaine, parfois en direct. Le tout en interaction constante avec la Toile et avec son présent. Forcément.
L'Office national du film (ONF) est, en partie, complice du changement de cadre de cette Burquette (Les 400 Coups) — c'est le nom de la série qui a donné vie à Alberte. Lancée officiellement aujourd'hui, la vitrine numérique (burquette.onf.ca) poursuit l'exposition du supplice infligé à la jeune fille par son père, un fieffé gauchiste qui lui impose la burqa pour l'aider à sortir de sa superficialité et développer sa compassion. Avec une certaine efficacité, d'ailleurs. En ligne, il y a quelques jours, dans la foulée du procès Shafia, la jeune fille y réfléchissait à haute voix sous sa cage de tissu: «Je préfère de beaucoup ceux qui noient leur regard dans un décolleté... que ceux qui noient celle qui le porte.»
«Il s'agit d'une nouvelle aventure», lance Francis Desharnais à l'autre bout du fil. Le Devoir lui a parlé cette semaine. «La bande dessinée explore en ce moment les espaces numériques et ça me tentait de prendre part à ce mouvement.»
Du grain de papier au code binaire, la mutation de l'oeuvre bédéesque vers l'oeuvre numérique et interactive se fait tout en douceur. «La qualité du contenu y est pour beaucoup, résume Julie Roy, productrice à l'ONF. C'est humoristique, grand public, ça suscite une réflexion sociale... Tous les ingrédients sont là pour que cela fonctionne.» Y compris dans les capsules vidéo qui mettent en mouvement des personnages qui, à l'origine, n'avaient pourtant pas été pensés pour ça. «Ç'a été un défi de narration, reconnaît l'auteur (qui a demandé à Yves Corbeil de donner sa voix au père — si, si! — et à Geneviève Néron d'incarner la fille). Mais nous l'avons relevé.»
Très de son temps, Burquette invite également, par l'entremise des réseaux sociaux, les internautes à choisir en groupe les thèmes des prochains «strips» — ces histoires en trois cases — mises à jour chaque semaine. La dernière porte d'ailleurs sur l'éviction d'un bébé de la Chambre des communes à Ottawa.
Dans ces habits 2.0, la petite fille explore également l'univers du direct dans le cadre de performances artistiques diffusées sur le Web. En temps réel. La première est livrée à Montréal aujourd'hui. Le père de Burquette y sera. Tout comme le chanteur Martin Léon et le réalisateur Simon-Olivier Fecteau, des amis du personnage, qui en choeur vont une fois de plus démontrer l'improbable: oui, une burqa, ça peut être divertissant.
C'est en tout cas la démonstration par le voile intégral que cherche à faire la jeune Alberte, personnage imaginé par le bédéiste Francis Desharnais. Comment? En déplaçant son regard cinglant sur son environnement, du papier, où elle a vu le jour en 2008, jusqu'au Web, où désormais elle donne une autre forme à sa délirante existence en s'animant, oui, et en s'épanchant sur l'actualité chaque semaine, parfois en direct. Le tout en interaction constante avec la Toile et avec son présent. Forcément.
L'Office national du film (ONF) est, en partie, complice du changement de cadre de cette Burquette (Les 400 Coups) — c'est le nom de la série qui a donné vie à Alberte. Lancée officiellement aujourd'hui, la vitrine numérique (burquette.onf.ca) poursuit l'exposition du supplice infligé à la jeune fille par son père, un fieffé gauchiste qui lui impose la burqa pour l'aider à sortir de sa superficialité et développer sa compassion. Avec une certaine efficacité, d'ailleurs. En ligne, il y a quelques jours, dans la foulée du procès Shafia, la jeune fille y réfléchissait à haute voix sous sa cage de tissu: «Je préfère de beaucoup ceux qui noient leur regard dans un décolleté... que ceux qui noient celle qui le porte.»
«Il s'agit d'une nouvelle aventure», lance Francis Desharnais à l'autre bout du fil. Le Devoir lui a parlé cette semaine. «La bande dessinée explore en ce moment les espaces numériques et ça me tentait de prendre part à ce mouvement.»
Du grain de papier au code binaire, la mutation de l'oeuvre bédéesque vers l'oeuvre numérique et interactive se fait tout en douceur. «La qualité du contenu y est pour beaucoup, résume Julie Roy, productrice à l'ONF. C'est humoristique, grand public, ça suscite une réflexion sociale... Tous les ingrédients sont là pour que cela fonctionne.» Y compris dans les capsules vidéo qui mettent en mouvement des personnages qui, à l'origine, n'avaient pourtant pas été pensés pour ça. «Ç'a été un défi de narration, reconnaît l'auteur (qui a demandé à Yves Corbeil de donner sa voix au père — si, si! — et à Geneviève Néron d'incarner la fille). Mais nous l'avons relevé.»
Très de son temps, Burquette invite également, par l'entremise des réseaux sociaux, les internautes à choisir en groupe les thèmes des prochains «strips» — ces histoires en trois cases — mises à jour chaque semaine. La dernière porte d'ailleurs sur l'éviction d'un bébé de la Chambre des communes à Ottawa.
Dans ces habits 2.0, la petite fille explore également l'univers du direct dans le cadre de performances artistiques diffusées sur le Web. En temps réel. La première est livrée à Montréal aujourd'hui. Le père de Burquette y sera. Tout comme le chanteur Martin Léon et le réalisateur Simon-Olivier Fecteau, des amis du personnage, qui en choeur vont une fois de plus démontrer l'improbable: oui, une burqa, ça peut être divertissant.
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