Une oeuvre sophistiquée et complexe
Photo : Source K-film Amérique
Frédérique Bel et François Cluzet dans L’art d’aimer
À retenir
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L'art d'aimer
Scénario et réalisation: Emmanuel Mouret. Avec Pascale Arbillot, Ariane Ascaride, Frédérique Bel, François Cluzet, Julie Depardieu, Judith Godrèche, Stanislas Merhar, Philippe Magnan, Élodie Navarre, Laurent Stocker, Gaspar Ulliel. Voix: Philippe Torreton. Image: Laurent Desmet. Montage: Martial Salomon. Musique: Frédéric Norel. 85 min.
Rare cinéaste français à être un fils spirituel d'Éric Rohmer, mêlant les dialogues ciselés à de réjouissantes chroniques de mœurs, Emmanuel Mouret a des airs de Musset aussi, et même de Sacha Guitry. Le cinéaste de Changement d'adresse et d'Un baiser s'il vous plaît a depuis longtemps séduit les Québécois avec ses airs de Pierrot lunaire et maladroit, comme sa muse rigolote et craquante Frédérique Bel, ici à ses côtés pour une quatrième fois.
L'art d'aimer, son oeuvre la plus sophistiquée et la plus complexe, sa réalisation la plus achevée, remportait le prix du meilleur scénario au dernier Festival des films du monde. Mouret a élargi son éventail jusqu'à entremêler douze personnages à travers des segments amoureux un peu cubistes qui se répondent parfois dans un élégant vitrail plein de charme, de couleur et de poésie.
La prémisse est tout à fait délicieuse: chaque être humain entendrait une musique particulière à l'heure de tomber amoureux. Alors, quel-ques notes mélancoliques, un doigt d'arsenic, de vieilles dentelles ourlées pour l'intemporalité du thème se posent sur cette salade de modernité à travers l'abondance des cas de figure. Dans cette vallonée carte du tendre, le sentimentalisme et l'humour dament le pion au cynisme.
Mouret, qui a emprunté son titre à L'art d'aimer d'Ovide, sème des panneaux-conseils entre chaque volet. La voix hors champ de Philippe Torreton, en créant la distance, confère à l'ensemble un caractère de fable où s'agite, touchant et dérisoire, le couple dans tous ses états. Vrai défilé des têtes d'affiche du cinéma français, ce film à sketches s'offre une unité pourtant. De Gaspard Ulliel à Judith Godrèche, en passant par François Cluzet, Frédérique Bel, Julie Depardieu, Ariane Ascaride, etc.
Bien sûr, certains segments captivent davantage: le jeu de chat et de souris servi en leitmotiv entre une belle dame hésitante (Frédérique Bel) et un voisin pressant (François Cluzet) est aussi drôle que suave. L'infidélité demeure flottante, dégageant une lancinante angoisse dans le couple formé par Gaspard Ulliel et Élodie Navarre, qui prétend se tromper, sans faire le saut. Le cinéaste s'aventure en des eaux mystérieuses à l'heure de mettre en scène un couple qui s'aime dans le noir et à tâtons (Laurent Stocker et Julie Depardieu): porte aveugle sur l'extase. Même si Mouret a ici et là la patte plus lourde, la mayonnaise prend, le rythme s'envole et on s'enfile le film comme une flûte de champagne qui grise et réjouit.
L'art d'aimer, son oeuvre la plus sophistiquée et la plus complexe, sa réalisation la plus achevée, remportait le prix du meilleur scénario au dernier Festival des films du monde. Mouret a élargi son éventail jusqu'à entremêler douze personnages à travers des segments amoureux un peu cubistes qui se répondent parfois dans un élégant vitrail plein de charme, de couleur et de poésie.
La prémisse est tout à fait délicieuse: chaque être humain entendrait une musique particulière à l'heure de tomber amoureux. Alors, quel-ques notes mélancoliques, un doigt d'arsenic, de vieilles dentelles ourlées pour l'intemporalité du thème se posent sur cette salade de modernité à travers l'abondance des cas de figure. Dans cette vallonée carte du tendre, le sentimentalisme et l'humour dament le pion au cynisme.
Mouret, qui a emprunté son titre à L'art d'aimer d'Ovide, sème des panneaux-conseils entre chaque volet. La voix hors champ de Philippe Torreton, en créant la distance, confère à l'ensemble un caractère de fable où s'agite, touchant et dérisoire, le couple dans tous ses états. Vrai défilé des têtes d'affiche du cinéma français, ce film à sketches s'offre une unité pourtant. De Gaspard Ulliel à Judith Godrèche, en passant par François Cluzet, Frédérique Bel, Julie Depardieu, Ariane Ascaride, etc.
Bien sûr, certains segments captivent davantage: le jeu de chat et de souris servi en leitmotiv entre une belle dame hésitante (Frédérique Bel) et un voisin pressant (François Cluzet) est aussi drôle que suave. L'infidélité demeure flottante, dégageant une lancinante angoisse dans le couple formé par Gaspard Ulliel et Élodie Navarre, qui prétend se tromper, sans faire le saut. Le cinéaste s'aventure en des eaux mystérieuses à l'heure de mettre en scène un couple qui s'aime dans le noir et à tâtons (Laurent Stocker et Julie Depardieu): porte aveugle sur l'extase. Même si Mouret a ici et là la patte plus lourde, la mayonnaise prend, le rythme s'envole et on s'enfile le film comme une flûte de champagne qui grise et réjouit.
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