Guide de la petite vengeance
Photo : Source Séville
Sam Worthington dans Man on a Ledge, d’Asger Leth
À retenir
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Man on a Ledge (Le temps d'un vol)
D'Asger Leth. Avec Sam Worthington, Elizabeth Banks, Jamie Bell, Genesis Rodriguez, Ed Harris, Anthony Mackie. Scénario: Pablo. F. Fenjves. Image: Paul Cameron. Montage: Kevin Stitt. Musique: Henry Jackman. États-Unis, 2012, 102 minutes.
Ça sent le fabriqué. Et si seulement ça ne sentait que ça. Mais Man on a Ledge sent aussi l'effort et la peinture à numéros. Ça m'apprendra à espérer mieux d'un thriller américain lancé en plein mois de janvier. Avec Sam Worthington, qui plus est.
L'acteur australien, découvert par le grand public dans la peau rose puis bleue du héros d'Avatar, joue ici le clone d'un faux coupable, personnage qu'un grand acteur aurait peut-être pu faire vivre et respirer. Hélas, le scénario est tellement invraisemblable, avec ses personnages archétypés et ses retournements commodes, qu'on se convainc finalement que Worthington, dans les circonstances, c'est moins gênant qu'un autre.
Celui-ci joue un ex-policier, jeté en prison pour le vol d'un diamant ayant appartenu à un très, très vilain roi de la finance new-yorkaise qui l'a piégé (Ed Harris, dans un job alimentaire indigne de lui). Ayant réussi à s'évader grâce à son petit frère (Jamie Bell, en pleine forme), il s'installe sur la corniche d'un grand hôtel et menace de sauter dans le vide moyennant la venue sur les lieux d'une négociatrice des forces de l'ordre (Elizabeth Banks, pas crédible pour deux sous). Tandis que l'attention policière et médiatique est focalisée sur lui, frérot et sa petite amie (Genesis Rodriguez) pénètrent dans l'immeuble voisin par le toit, qui appartient au vilain roi de la finance, et se fraient un chemin jusqu'au coffre.
Des deux actions parallèles, aucune ne génère de réelle tension. L'assemblage des deux, encore moins, malgré les efforts de Leth pour «stéroïder» l'affaire: montage beding-badang, musique po-pom po-pom, etc. Les ficelles de l'intrigue sont grosses, les modèles du genre, écrasants (dont le premier Mission: Impossible), les personnages, photocopiés dans un catalogue: flic macho ou corrompu, femme flic droite plombée par sa mauvaise conscience, journaliste à sensations (pauvre Kyra Sedgwick), amoureux complices qui s'émoustillent au parfum du danger, etc. Et vous ai-je parlé du très vilain roi de la finance? J'y reviens parce qu'il est le moteur principal de ce guide de la petite vengeance en temps de crise, qui vise à donner aux spectateurs, incarnés par les badauds massés sous la corniche en mode «Occupy Wall Street», la satisfaction que justice est rendue. Hollywood vend du rêve.
***
Collaborateur du Devoir
L'acteur australien, découvert par le grand public dans la peau rose puis bleue du héros d'Avatar, joue ici le clone d'un faux coupable, personnage qu'un grand acteur aurait peut-être pu faire vivre et respirer. Hélas, le scénario est tellement invraisemblable, avec ses personnages archétypés et ses retournements commodes, qu'on se convainc finalement que Worthington, dans les circonstances, c'est moins gênant qu'un autre.
Celui-ci joue un ex-policier, jeté en prison pour le vol d'un diamant ayant appartenu à un très, très vilain roi de la finance new-yorkaise qui l'a piégé (Ed Harris, dans un job alimentaire indigne de lui). Ayant réussi à s'évader grâce à son petit frère (Jamie Bell, en pleine forme), il s'installe sur la corniche d'un grand hôtel et menace de sauter dans le vide moyennant la venue sur les lieux d'une négociatrice des forces de l'ordre (Elizabeth Banks, pas crédible pour deux sous). Tandis que l'attention policière et médiatique est focalisée sur lui, frérot et sa petite amie (Genesis Rodriguez) pénètrent dans l'immeuble voisin par le toit, qui appartient au vilain roi de la finance, et se fraient un chemin jusqu'au coffre.
Des deux actions parallèles, aucune ne génère de réelle tension. L'assemblage des deux, encore moins, malgré les efforts de Leth pour «stéroïder» l'affaire: montage beding-badang, musique po-pom po-pom, etc. Les ficelles de l'intrigue sont grosses, les modèles du genre, écrasants (dont le premier Mission: Impossible), les personnages, photocopiés dans un catalogue: flic macho ou corrompu, femme flic droite plombée par sa mauvaise conscience, journaliste à sensations (pauvre Kyra Sedgwick), amoureux complices qui s'émoustillent au parfum du danger, etc. Et vous ai-je parlé du très vilain roi de la finance? J'y reviens parce qu'il est le moteur principal de ce guide de la petite vengeance en temps de crise, qui vise à donner aux spectateurs, incarnés par les badauds massés sous la corniche en mode «Occupy Wall Street», la satisfaction que justice est rendue. Hollywood vend du rêve.
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