Rencontres internationales du documentaire de Montréal - Les 12 jours de l'« autre » cinéma
Le documentaire québécois verra 26 de ses oeuvres prendre l'affiche
Photo : RIDM
Crazy Horse, de Frédérick Wiseman.
À retenir
Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) se tiendront du 9 au 20 novembre. Quelque 115 films y seront présentés.
Pour la 14e édition des RIDM, la programmation a été divisée en trois nouveaux volets: Compétition officielle, Panorama et Rétrospectives. L'événement n'a toutefois pas changé sa mission. Il continue de mettre de l'avant de nouveaux regards, des perspectives novatrices et une importante sélection d'oeuvres québécoises.
«Cette année, 26 des courts, moyens et longs métrages de notre programmation sont québécois», affirme Charlotte Selb, directrice de la programmation des RIDM.
Il y a des films de réalisateurs connus, comme Catherine Hébert, qui a reçu le Prix du meil-leur reportage de l'année aux prix Gémeaux de 2006. Elle présentera Carnets d'un grand détour. «C'est son quatrième long métrage, précise Mme Selb. Elle y raconte son pèlerinage en Afrique et montre ses rencontres. C'est un film très poétique.»
L'Afrique sera toujours à l'honneur, avec Yanick Létourneau et son film Les États-Unis d'Afrique. «C'est un film très engagé, très politique et tout en musique. On y suit des musiciens militants pour l'indépendance et l'unité africaines. Le film se passe entre autres en Afrique du Sud, au Sénégal, au Burkina Faso, en France et à New York», indique Mme Selb.
Richard Lavoie présentera pour sa part Quai-Blues. «Le film porte sur la disparition des quais dans les villages du Québec, le long du Saint-Laurent. Les gens les détruisent, alors que ce sont des lieux de rassemblement», précise la directrice de la programmation.
Plusieurs premiers films
Les RIDM se font aussi un devoir de faire place à la relève en présentant plusieurs premiers films. Par exemple, Inside Lara Roxx, de Mia Donovan.
«C'est l'histoire d'une jeune Montréalaise qui va faire fortune dans l'industrie de la pornographie à Los Angeles. Lors d'un de ses premiers tournages, elle attrape le VIH. C'est un film dur sur son destin tragique. On la verra aussi retourner dans le milieu afin de militer pour le port du préservatif dans les tournages. Ce n'est pas un film moralisateur, mais cru et intime», affirme Charlotte Selb.
On verra aussi Work in Progress, de Bill Stone. Un film inclassable, selon les organisateurs du RIDM.«Le cinéaste suit son personnage qui souhaite construire un muret de pierre dans la campagne québécoise. Ça lui prendra huit ans à le construire! En cours de route, le sujet du film dévie sur la création. C'est très philosophique et il y a beaucoup d'humour», indique Mme Selb.
Pour son film El Huaso, Carlo Guillermo Proto, Montréalais originaire du Chili, a mis en vedette son père, qui apprend qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer. «Le père a toujours dit à sa famille que, si cela lui arrivait, il mettrait fin à ses jours. C'est un film sur la liberté de choix versus les responsabilités familiales. Le père décide finalement de réaliser un vieux rêve: retourner au Chili et devenir un huaso, un cow-boy. C'est un film très méditatif, très contemplatif. Il ne cherche pas à apporter de réponse, mais il pose beaucoup de questions», affirme Charlotte Selb.
Tous ces films font partie de la catégorie Compétition nationale de longs métrages, du volet Compétition officielle. «Parmi les films canadiens choisis pour cette catégorie, on retrouve six premières oeuvres sur un total de onze. Les films québécois sont aussi très nombreux. Il y en a huit», précise Mme Selb.
Place à l'international, aux courts et aux moyens métrages
Le volet Compétition officielle présentera aussi les catégories Compétition internationale longs métrages et Compétition internationale courts et moyens métrages.
«C'est la première fois qu'on introduit une catégorie pour les courts métrages dans la compétition officielle. C'est un genre à part. Les autres années, les courts et les moyens métrages étaient en compétition avec les longs métrages. C'était difficile pour le jury de comparer», affirme Charlotte Selb.
De plus, l'équipe des RIDM assiste à de nombreux festivals internationaux chaque année pour sélectionner ses films et elle trouvait que cette catégorie manquait à son événement. Le manque est donc comblé.
Panorama
Le volet Panorama présentera des films d'origine internationale hors compétition. Il se divisera en quatre sections thématiques. D'abord, Présentations spéciales. «On y verra les films les plus remarqués de l'année dans le parcours des festivals. On choisira aussi des films de grands réalisateurs reconnus qu'on ne mettra pas en compétition avec de jeunes cinéastes, puisque ce serait injuste», explique Charlotte Selb.
La section Horizons présentera des oeuvres politiques et sociales, alors qu'ÉcoCaméra se concentrera sur la thématique écologique. «C'est dans le sens large du terme "écologique", précise Mme Selb. On y présentera des documentaires qui touchent au rapport que l'homme a avec son environnement.»
Pour la section Contre-Courant, l'équipe du RIDM choisit des oeuvres audacieuses.
Rétrospectives
Pour le volet Rétrospectives, le RIDM permet à son public — souvent jeune et étudiant — de découvrir ou redécouvrir les oeuvres de cinéastes d'envergure. Cette année, Frédérick Wiseman sera entre autres à l'honneur.
«Ce réalisateur américain présente son nouveau film, Crazy Horse, à la soirée d'ouverture et nous présenterons dix de ces films dans Rétrospectives», précise Mme Selb.
Jørgen Leth, figure incontournable du cinéma danois et auteur de The Five Obstructions avec Lars von Trier, sera aussi à l'honneur. Les oeuvres de la cinéaste tchèque Helena Trestíková, qui a obtenu deux prix l'an dernier aux RIDM, seront aussi présentées.
Dans la section Projections-hommages, le RIDM mettra de l'avant un pionnier du cinéma direct, Richard Leacock, décédé cette année. Le regretté cinéaste italien Gualtiero Jacopetti sera aussi célébré. «On y présentera le film-culte Mondo cane. Jacopetti est une figure emblématique du documentaire d'exploitation», précise Mme Selb.
Du côté du Québec, maintenant, un hommage sera rendu à Michel Chartrand avec la présentation spéciale de Chartrand le malcommode, de Manuel Foglia.
Le RIDM clôturera sa 14e édition avec Tahir, Place de la Libération, du cinéaste italien Stefano Savona.
***
Collaboratrice du Devoir
Pour la 14e édition des RIDM, la programmation a été divisée en trois nouveaux volets: Compétition officielle, Panorama et Rétrospectives. L'événement n'a toutefois pas changé sa mission. Il continue de mettre de l'avant de nouveaux regards, des perspectives novatrices et une importante sélection d'oeuvres québécoises.
«Cette année, 26 des courts, moyens et longs métrages de notre programmation sont québécois», affirme Charlotte Selb, directrice de la programmation des RIDM.
Il y a des films de réalisateurs connus, comme Catherine Hébert, qui a reçu le Prix du meil-leur reportage de l'année aux prix Gémeaux de 2006. Elle présentera Carnets d'un grand détour. «C'est son quatrième long métrage, précise Mme Selb. Elle y raconte son pèlerinage en Afrique et montre ses rencontres. C'est un film très poétique.»
L'Afrique sera toujours à l'honneur, avec Yanick Létourneau et son film Les États-Unis d'Afrique. «C'est un film très engagé, très politique et tout en musique. On y suit des musiciens militants pour l'indépendance et l'unité africaines. Le film se passe entre autres en Afrique du Sud, au Sénégal, au Burkina Faso, en France et à New York», indique Mme Selb.
Richard Lavoie présentera pour sa part Quai-Blues. «Le film porte sur la disparition des quais dans les villages du Québec, le long du Saint-Laurent. Les gens les détruisent, alors que ce sont des lieux de rassemblement», précise la directrice de la programmation.
Plusieurs premiers films
Les RIDM se font aussi un devoir de faire place à la relève en présentant plusieurs premiers films. Par exemple, Inside Lara Roxx, de Mia Donovan.
«C'est l'histoire d'une jeune Montréalaise qui va faire fortune dans l'industrie de la pornographie à Los Angeles. Lors d'un de ses premiers tournages, elle attrape le VIH. C'est un film dur sur son destin tragique. On la verra aussi retourner dans le milieu afin de militer pour le port du préservatif dans les tournages. Ce n'est pas un film moralisateur, mais cru et intime», affirme Charlotte Selb.
On verra aussi Work in Progress, de Bill Stone. Un film inclassable, selon les organisateurs du RIDM.«Le cinéaste suit son personnage qui souhaite construire un muret de pierre dans la campagne québécoise. Ça lui prendra huit ans à le construire! En cours de route, le sujet du film dévie sur la création. C'est très philosophique et il y a beaucoup d'humour», indique Mme Selb.
Pour son film El Huaso, Carlo Guillermo Proto, Montréalais originaire du Chili, a mis en vedette son père, qui apprend qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer. «Le père a toujours dit à sa famille que, si cela lui arrivait, il mettrait fin à ses jours. C'est un film sur la liberté de choix versus les responsabilités familiales. Le père décide finalement de réaliser un vieux rêve: retourner au Chili et devenir un huaso, un cow-boy. C'est un film très méditatif, très contemplatif. Il ne cherche pas à apporter de réponse, mais il pose beaucoup de questions», affirme Charlotte Selb.
Tous ces films font partie de la catégorie Compétition nationale de longs métrages, du volet Compétition officielle. «Parmi les films canadiens choisis pour cette catégorie, on retrouve six premières oeuvres sur un total de onze. Les films québécois sont aussi très nombreux. Il y en a huit», précise Mme Selb.
Place à l'international, aux courts et aux moyens métrages
Le volet Compétition officielle présentera aussi les catégories Compétition internationale longs métrages et Compétition internationale courts et moyens métrages.
«C'est la première fois qu'on introduit une catégorie pour les courts métrages dans la compétition officielle. C'est un genre à part. Les autres années, les courts et les moyens métrages étaient en compétition avec les longs métrages. C'était difficile pour le jury de comparer», affirme Charlotte Selb.
De plus, l'équipe des RIDM assiste à de nombreux festivals internationaux chaque année pour sélectionner ses films et elle trouvait que cette catégorie manquait à son événement. Le manque est donc comblé.
Panorama
Le volet Panorama présentera des films d'origine internationale hors compétition. Il se divisera en quatre sections thématiques. D'abord, Présentations spéciales. «On y verra les films les plus remarqués de l'année dans le parcours des festivals. On choisira aussi des films de grands réalisateurs reconnus qu'on ne mettra pas en compétition avec de jeunes cinéastes, puisque ce serait injuste», explique Charlotte Selb.
La section Horizons présentera des oeuvres politiques et sociales, alors qu'ÉcoCaméra se concentrera sur la thématique écologique. «C'est dans le sens large du terme "écologique", précise Mme Selb. On y présentera des documentaires qui touchent au rapport que l'homme a avec son environnement.»
Pour la section Contre-Courant, l'équipe du RIDM choisit des oeuvres audacieuses.
Rétrospectives
Pour le volet Rétrospectives, le RIDM permet à son public — souvent jeune et étudiant — de découvrir ou redécouvrir les oeuvres de cinéastes d'envergure. Cette année, Frédérick Wiseman sera entre autres à l'honneur.
«Ce réalisateur américain présente son nouveau film, Crazy Horse, à la soirée d'ouverture et nous présenterons dix de ces films dans Rétrospectives», précise Mme Selb.
Jørgen Leth, figure incontournable du cinéma danois et auteur de The Five Obstructions avec Lars von Trier, sera aussi à l'honneur. Les oeuvres de la cinéaste tchèque Helena Trestíková, qui a obtenu deux prix l'an dernier aux RIDM, seront aussi présentées.
Dans la section Projections-hommages, le RIDM mettra de l'avant un pionnier du cinéma direct, Richard Leacock, décédé cette année. Le regretté cinéaste italien Gualtiero Jacopetti sera aussi célébré. «On y présentera le film-culte Mondo cane. Jacopetti est une figure emblématique du documentaire d'exploitation», précise Mme Selb.
Du côté du Québec, maintenant, un hommage sera rendu à Michel Chartrand avec la présentation spéciale de Chartrand le malcommode, de Manuel Foglia.
Le RIDM clôturera sa 14e édition avec Tahir, Place de la Libération, du cinéaste italien Stefano Savona.
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