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Cinéma - Magie noire à la Place des Arts

The Phantom of the Opera, un classique du cinéma muet, était présenté en clôture du festival Fantasia

François Lévesque   8 août 2011  Cinéma
Après le triomphe de Metropolis l'an dernier, Fantasia s'est offert cette année, en guise d'événement de clôture, The Phantom of the Opera, un classique du cinéma muet accompagné une fois encore par la musique de Gabriel Thibaudeau.

Salle comble pour le fantôme, samedi soir à la Place des Arts. Drapés couleur ténèbres, faisceaux ascendants de lumière rouge: le Théâtre Maisonneuve baigne dans une ambiance de magie noire. Devant le parterre, les 30 musiciens sélectionnés par le compositeur Gabriel Thibaudeau accordent une dernière fois leurs instruments. Une rumeur bourdonnante, empreinte déjà du murmure de la communion, anime la salle.

Après les remerciements de Marc Lamothe, le codirecteur de Fantasia ravi d'annoncer que le cap des 100 000 spectateurs a de nouveau été franchi, M. Thibaudeau vient à la rencontre de son orchestre. Cette partition, il l'a écrite il y a 20 ans. Il ne l'a pas dirigée depuis. Son plaisir, teinté de ce soupçon de nervosité nécessaire à l'accomplissement des grandes choses, est palpable.

L'éclairage se tamise... L'écran s'illumine en même temps que les premières mesures s'élèvent. The Phantom of the Opera, réalisé en 1925 par Rupert Julian, demeure pour plusieurs l'adaptation à battre du roman de Gaston Leroux. Avec le recul, force est de constater combien la plupart des développements se révèlent aujourd'hui naïfs ou hâtifs, souvent les deux. Mais c'était alors ainsi. Et les 1300 spectateurs présents se montrent bons joueurs, riant gentiment aux pantomimes emphatiques de l'héroïne jouant, ici, la curiosité, là, le désespoir.

Inoubliable Lon Chaney

Pour mémoire, c'est l'histoire de la montée fulgurante d'une jeune cantatrice, Christine Daaé, qui, après avoir découvert que son mystérieux mentor n'est autre que ce fantôme que tout le monde craint, se montre moins reconnaissante. Ce rejet attise le courroux du triste compositeur défiguré, et l'Opéra de Paris est quitte pour son lot d'épisodes funestes.

The Phantom of the Opera fut un blockbuster en son temps. Soins et argent ne furent pas ménagés afin que les décors apparaissent dûment spectaculaires. Replacés dans le contexte historique de la production, ils le sont, et Rupert Julian les utilise assez habilement, sa mise en scène élégante favorisant de très jolis jeux d'ombres.

Mais, bien sûr, si ce fleuron du Grand-Guignol passa à l'histoire, c'est largement grâce à la composition saisissante de Lon Chaney, inoubliable en Fantôme tragique. Une figure dramatique autrement plus émouvante que le petit couple insignifiant, pour le compte. Avec ses couleurs d'époque, la séquence du bal masqué qu'interrompt le Fantôme provoque encore un frisson de plaisir.

La foule, debout, applaudit longuement Gabriel Thibaudeau. Quelle trame musicale remarquable! Les accents guillerets lors de la danse des ballerines qui cèdent le pas aux modulations plus macabres lorsqu'une silhouette inquiétante se profile en coulisse: chaque inflexion colle parfaitement à l'oeuvre projetée. Clou du spectacle: la colorature Gerda Findeisen interprétant les numéros chantés de Christine et de sa rivale Carlotta. Sublimes moments d'immersion répétés hier.



***

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  • KC Fru - Inscrit
    8 août 2011 13 h 30
    Soirée magique
    Merci à François Lévesque et au Devoir pour la justesse de cet article qui décrit parfaitement la magnifique soirée de samedi. Quel beau cadeau que nous a offert le grand festival "Fantasia".
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