Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Cinéma - Une affaire bien pénible

    8 août 2011 |François Lévesque | Cinéma
    The Kate Logan Affair
    Scénario et réalisation: Noël Mitrani. Avec Alexis Bledel, Laurent Lucas, Noémie Godin-Vigneau. Photo: Nathalie Moliavko-Visotzky. Montage: Arthur Tarnowski. Musique: James Gelfand. Canada, 2010, 85 min.
    Confronté au second long métrage de Noël Mitrani, The Kate Logan Affair, on se surprend à espérer que son premier, le modeste mais intéressant Chercher Igor Rizzi, ne relevait pas de l'accident de parcours. Car elle est pénible, cette affaire-là.

    La Kate Logan en question est une jeune patrouilleuse fraîchement embauchée dans les forces policières albertaines. Elle a la mine perpétuellement crispée et toise l'univers avec ce regard trop intense qu'ont les psychopathes sur leurs photos judiciaires. Mais comme elle a de toute évidence réussi l'évaluation psychométrique imposée aux recrues, Kate (Alexis Bledel, martelant une seule note) sillonne son patelin à la recherche d'un bandit.

    Elle croit d'ailleurs en reconnaître un en la personne de Benoît Gando (Laurent Lucas, en très petite forme), un citoyen français de passage pour un colloque. Le prenant pour un violeur recherché, elle l'arrête devant quelques badauds incrédules. Se rendant compte presque immédiatement de sa méprise, Kate relâche le pauvre bougre, qui se montre extrêmement beau joueur.

    Le soir même, Kate se pointe au motel où séjourne Benoît afin de lui renouveler ses plus plates excuses. Puis elle offre un verre au voyageur marié. À ce stade, n'importe quel être humain normalement constitué prendrait ses jambes à son cou ou, à la limite, verrouillerait sa porte. Mais pas Benoît. Même lorsque Kate l'invite à tenir son arme de service, il finit par s'exécuter (après quelques protestations, il est vrai). Et le coup de partir, et la police de rappliquer, et les amants de prendre le large parce que la jeune femme a peur pour sa carrière.

    Kate est mignonne, on veut bien, mais le comportement de Benoît défie toute logique. En fait, la psychologie des personnages dans son ensemble fleure l'aberration. Et n'allez pas examiner la procédure policière de trop près! Entendue aux affaires internes, Kate, qu'on a cru kidnappée, y va d'un témoignage bourré de trous qui se voit pourtant accepté d'emblée dans la foulée d'une non-enquête. Plus tard, l'épouse de Benoît (Noémie Godin-Vigneau, vaillante dans un rôle incolore) demande à rencontrer la victime alléguée de son mari. Pas de problème: deux officiers l'accompagneront chez Kate, entre autres incongruités.

    Les choix de mise en scène de Noël Mitrani ne rehaussent pas le niveau d'intérêt. The Kate Logan Affair ressemble le plus souvent à un vieux téléfilm qui aurait joui d'un tournage en scope. Le format panoramique, d'ailleurs, n'apparaît pas vraiment justifié étant donné la teneur des compositions retenues. À moins d'une heure et demie, on a quand même largement le loisir d'espérer l'arrivée du générique.



    ***

    Collaborateur du Devoir












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.