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    Le prix de la vérité

    30 juillet 2011 | François Lévesque | Cinéma
    Kristin Scott Thomas est magnifique, comme d’habitude.<br />
    Photo : Source AZ films Kristin Scott Thomas est magnifique, comme d’habitude.
    Elle s'appelait Sarah
    Réalisation: Gilles Paquet-Brenner. Scénario: Serge Joncour et G. Paquet-Brenner d'après le roman de Tatiana de Rosnay. Avec Kristin Scott Thomas, Frédéric Pierrot, Niels Arestrup, Mélusine Mayance, Michel Duchaussoy, Dominique Frot, Gisèle Casadesus. Photo: Pascal Ridao. Montage: Hervé Schneid. Musique: Max Richter. France, 2011, 113 min.
    Paris, été 1942. Sarah Starzynski joue dans sa chambre avec son petit frère Michel lorsqu'on frappe violemment à la porte de leur appartement. Pour le sauver de la police de Vichy, Sarah ordonne à Michel de se cacher dans une armoire dissimulée par le papier peint. «Je vais revenir te chercher», lui promet-elle en tournant le verrou. Conduite au Vélodrome d'Hiver avec sa mère et son père, Sarah n'a encore jamais entendu le nom «Auschwitz».

    En 2009, Julia, une New-Yorkaise mariée à un Français, est sur le point de s'installer au troisième étage d'un immeuble du Marais. L'endroit appartient à la famille de son conjoint depuis des lustres. Journaliste pour un mensuel d'affaires publiques, Julia vient de se voir confier un dossier spécial sur la rafle du Vel d'Hiv, sombre page de l'histoire dont ces jeunes collègues n'ont jamais entendu parler. À son plus grand désarroi, Julia découvre qu'elle s'apprête à emménager là où avait grandi jadis une certaine Sarah Starzynski...

    Fictions de la Shoah

    Du Choix de Sophie jusqu'Au nom de tous les miens, les récits sur la Shoah, fictifs et réels, se sont toujours bien accommodés d'une structure épisodique avec flash-back à la clé. Comme les deux précédents romans, celui de Tatiana de Rosnay, Elle s'appelait Sarah, a inspiré un film. Production consciencieuse et visiblement coûteuse, cette adaptation revisite, dans son volet d'époque, le même territoire douloureux que le récent La Rafle.

    Avec beaucoup plus de style et une approche moins racoleuse, Elle s'appelait Sarah relate l'horreur sans s'y complaire. La mise en scène de Gilles Paquet-Brenner pèche parfois par excès d'esthétisme, mais le jeune cinéaste ménage quelques transitions puissantes entre le passé et le présent, par exemple lorsqu'à une Sarah recroquevillée au sol d'un camp succède une Julia debout devant le mémorial de la Shoah.

    Fait intéressant, les personnages sont tous nuancés là où le manichéisme aurait aisément pu prévaloir. Un certain didactisme émerge bien, parfois, dans les dialogues, mais des comédiens chevronnés font passer la pilule avec beaucoup de conviction. Rien à voir avec l'imbuvable Un jour tu comprendras, d'Amos Gitaï.

    Kristin Scott Thomas est magnifique, comme d'habitude. La belle Britannique francophile, au regard d'une tristesse infinie, campe une héroïne déterminée et sensible. Un autre très bon rôle auquel elle fait honneur. Elle est secondée avec talent par Frédéric Pierrot, le touchant agent de probation dans Il y a longtemps que je t'aime, de Philippe Claudel (voir critique de son dernier film ci-dessus), dont elle tenait la vedette, et qui compose cette fois un mari aimant mais faillible.

    Au final, et malgré une fâcheuse propension à épiloguer, Elle s'appelait Sarah entrelace assez habilement son intrigue en deux temps. Connaissance des autres histoires du genre aidant, on devine où tout cela mènera, mais le voyage n'en demeure pas moins bouleversant.


     
     
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