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    Fresque clinquante bien ficelée

    28 janvier 2011 |Odile Tremblay | Cinéma
    Le clou de la distribution est Paul Doucet (à droite) en grande folle branchée au cœur tendre, dont l’acteur rend avec finesse les facettes de complexité.<br />
    Photo: Remstar Le clou de la distribution est Paul Doucet (à droite) en grande folle branchée au cœur tendre, dont l’acteur rend avec finesse les facettes de complexité.
    Funkytown
    Réalisation: Daniel Roby. Scénario: Steve Gallucio. Avec Patrick Huard, Justin Chatwin, Paul Doucet, Raymond Bouchard, François Létourneau, Geneviève Brouillette, Sophie Cadieux.
    Image: Ronald Plante. Musique: Jean Robitaille. Montage: Yvann Thibodeau. 2h15.
    Steve Galluccio avait fait ses preuves comme dramaturge et scénariste de Mambo Italiano, en brossant un univers d'Italo-Montréalais truculent et vibrant. Funkytown de Daniel Roby (derrière La Peau blanche et ses vampires exsangues), en pénétrant le royaume du disco montréalais des années 1970, s'appuie beaucoup sur les dons scénaristiques de Gallucio. Une histoire bien ficelée est l'assise d'un film et celui-ci trouve ses marques.

    Grosse production de saison, et bilingue par-dessus le marché, réalisée efficacement, sans étincelles mais avec rythme et aplomb, Funkytown possède le mérite d'enrouler la plupart de ses segments avec habileté et de bien recréer une époque et une atmosphère. Place au Montréal préréférendaire, à l'heure où une jeunesse insouciante danse et prend de la cocaïne, et où les hommes d'affaires anglophones s'exilent à Toronto.

    À travers sept destins croisés, la métropole de la fièvre du samedi soir impose ses décors et costumes kitsch, loin des complaintes des chansonniers qui occupent le devant de la scène dans nos souvenirs. Les lendemains qui déchantent se profilent déjà et la mélancolie côtoie le glamour factice d'un univers de bruit et de vedettes minute mis ici en exergue.

    Dans ce film à plusieurs personnages, certains s'imposent vraiment, dont la figure centrale d'un animateur-vedette d'émission disco, Bastien (Patrick Huard, très bien dans le rôle du tombeur flambeur qui se brûle les ailes). Mais le clou de la distribution est Paul Doucet en grande folle branchée au coeur tendre, dont l'acteur rend avec finesse les facettes de complexité.

    Son caractère bilingue sert Funkytown, puisqu'il permet de pénétrer d'autres communautés culturelles, dont celle d'un jeune Italien, homosexuel mal assumé (Justin Chatwin, très sensible), et de Raymond Bouchard en requin tyrannique finançant la boîte disco de son fils. Son personnage saute d'une langue à l'autre pour se mettre à la botte des Anglais. Le fiston (François Létourneau) et le couple qu'il forme avec sa secrétaire (Sophie Cadieux) sont toutefois livrés sur un registre plus caricatural et jure avec le ton réaliste du film.

    Funkytown a ses longueurs, surtout dans une dernière partie plus faible et un dénouement de facilité (difficile de croire au couple formé par Raymond Bouchard et la belle Sarah Muth dans le rôle d'Adriana, ex de Bastien). Mais le film de Daniel Roby, tiré de faits vécus, parvient, avec un ton juste qui évite le piège de l'ironie railleuse, à émouvoir et à convaincre, sur un tableau d'époque rarement montré sous l'angle du Montréal des boîtes de nuit. On ne parle pas de chef-d'oeuvre du cinéma, mais de production honnête et bien torchée qui ne craint pas de débusquer la tragédie sous les paillettes, de montrer l'envers du clinquant décor, en jouant sur plusieurs notes.

    ***

    * V.o.f.: Quartier latin, Place LaSalle, Carrefour Angrignon, StarCité, Beaubien, Langelier, Marché central.

    * V.o.a.: Cinéma Banque Scotia, Cavendish, Colisée Kirkland, Lacordaire, Des Sources, Spheretech.













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