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Seul contre tous

André Lavoie   6 novembre 2010  Cinéma
Sean Penn<br />
Photo : Source Séville
Sean Penn

À retenir

    Fair Game

    • Réalisation et image: Doug Liman.
    • Scénario: Jez Butterworth, John-Henry Butterworth.
    • Avec Naomi Watts, Sean Penn, Ty Burrell, David Andrews.
    • Montage: Christopher Tellefsen.
    • États-Unis, 2010, 106 min.
Le mensonge peut devenir une arme de destruction massive et, pour justifier la guerre en Irak en 2003, l'administration Bush a sorti l'artillerie lourde. Valerie Plame, agent secret pour la CIA, et son conjoint Joseph Wilson, ancien ambassadeur des États-Unis en Afrique, ont figuré parmi les dommages collatéraux puisqu'ils détenaient des preuves solides que Saddam Hussein ne possédait rien qui pouvait détruire le monde. À la Maison-Blanche, l'heure était à imprimer la légende, pas à entendre la vérité; ceux qui voulaient la faire connaître furent muselés.

Fair Game illustre l'histoire de cet assassinat moral, et illégal, celui commis par des politiciens sans scrupules qui décidèrent d'ébruiter la véritable identité d'un agent secret, compromettant ainsi sa sécurité, celle de ses contacts et, dans le cas de Valerie Plame, celle de sa propre famille. Tout cela parce que son mari avait étalé son indignation dans le New York Times.

Le cinéaste Doug Liman connaît bien l'univers des espions, du moins ceux au cinéma, surtout avec des productions aussi survoltées que The Bourne Identity ou Mr. and Mrs. Smith. Il n'offre rien d'aussi explosif dans Fair Game, épousant avec dévotion le point de vue des deux héros involontaires de cette triste affaire, qui ont chacun écrit un livre sur ce sujet et dont le film constitue la synthèse.

Ces solides assises dans un passé très récent empêchent le cinéaste de jouer les artificiers, optant plutôt pour un mélange de considérations politiques, d'exercices d'espionnage et de drames domestiques. Le dosage n'est pas toujours équilibré (les Machiavel de pacotille, dont Scooter Libby, sont à peine esquissés), mais le portrait général donne froid dans le dos.

Sean Penn fut sans doute facile à convaincre pour incarner l'une des victimes des années Bush; certains des discours enflammés de Wilson semblent tirés d'un documentaire sur la vedette de Mystic River tant ils sont vibrants, enflammés. À ses côtés, moins flamboyante mais tout aussi efficace, à l'image de cette femme jouant un double jeu — du moins quand les autorités lui en laissent la chance... —, Naomi Watts affiche à la fois assurance et vulnérabilité. Une image quasi angélique devant les démons de la manipulation.

***

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