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    Miroir d'une époque sans repères

    2 octobre 2010 |Odile Tremblay | Cinéma
    Jesse Eisenberg dans le rôle de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook<br />
    Photo: Source Sony Pictures Jesse Eisenberg dans le rôle de Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook
    The Social Network (Le Réseau social)

    • Réalisation: David Fincher.
    • Scénario: Aaron Sorkin, d'après le roman The Accidental Billionaires de Ben Mezrich.
    • Avec Jesse Eisenberg, Andrew Garfield, Justin Timberlake, Armie Hammer, Rooney Mara, Brenda Song.
    • Image: Jeff Cronenweth.
    • Musique: Trent Reznor, Atticus Ross.
    • Montage: Kirk Baxter et Angus Wall.
    The Social Network est un des films fort attendus à l'heure où les candidats aux Oscar entrent en piste. Le nom de Fincher, pour certains intouchable, possède des résonances magnétiques dans l'univers cinéphile, mais avec ce drame social et psychologique sur une ascension de modernité mise en fiction, il ne fera pas date. Oeuvre mineure, eh oui!

    De la part du cinéaste de Seven, de Fight Club et de The Strange Case of Benjamin Button, on espérait davantage que cette bio en quête d'un ton, non complaisante mais hésitant à franchir certains seuils, qui peine à brosser une galerie de portraits un tant soit peu attachants et étire un scénario en perte de punchs. Le film éclaire les dessous d'une des inventions les plus fascinantes du XXIe siècle, Facebook, à travers surtout le parcours de son créateur, Mark Zuckerberg, étudiant à Harvard, ironiquement inapte à communiquer (bien rendu dans son profil chaotique par Jesse Eisenberg). Le film manque de tonus sur le plan cinématographique et, pire encore, sur le plan du point de vue.

    Retour en 2003 sur la gestation de ce qui allait devenir un réseau exponentiel de 500 millions d'adhérents et qui vaudra à son créateur la gloire, le titre de plus jeune milliardaire du monde et des démêlés juridiques et personnels à n'en plus finir. Tout commence par une rupture amoureuse, après que Mark se fut montré incapable de courtoisie envers sa copine. Agaçant, irritant antihéros moderne dont les vraies motivations demeureront nébuleuses.

    Au lieu de s'éclater dans sa mise en scène, Fincher y va de plats champs-contrechamps, sans prendre de risque, sans explorer. Bien évidemment, les écrans, sièges de cette aventure virtuelle, prendront souvent le relais de l'action, sans dynamiser le rythme. Le film illustre par la bande la griserie du succès, du pouvoir et de l'argent qui transforme «un gars bien ordinaire», mais à l'ego surdimensionné, en petit requin qui trahit tout le monde, dont son meilleur ami Eduardo (Andrew Garfield), à l'origine de Facebook à ses côtés — ce qui nous vaut la seule scène émouvante du film —, et ses alliés les jumeaux Winklevosses (Armie Hammer dans les deux cas), figures de caricatures proprettes et snobinardes. Rivalités, jalousies, popularité auprès des filles (en horde insignifiante), virus savamment injectés dans le réseau et démêlés juridiques sont de la fête.

    Mark, le héros, devient le miroir de son époque sans repères. Mais scénariste et cinéaste, tout en élaborant une structure où plusieurs points de vue s'entrecroisent en créant davantage de confusion qu'autre chose, n'ont pas osé plonger au coeur des vrais abîmes du personnage (non, ce n'est pas le Citizen Kane du temps, parallèle lancé par certains critiques) et restent en surface, peut-être par crainte de procès. The Social Network formule en filigrane une réflexion sur les nouveaux liens tissés à travers ces réseaux de communications, sans la mener à terme. Faute de recul temporel, peut-être. Trop tôt? Sans doute.
     
     
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