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Pas de Panahi à Venise ni à Montréal

Le Devoir   2 septembre 2010  Cinéma
On s'en doutait: le cinéaste iranien Jafar Panahi, attendu aux festivals de Venise et de Montréal, est aux abonnés absents.

Il n'a reçu ni passeport ni visa pour se déplacer hors du pays. À Venise, il devait donner une classe de maître. Le FFM consacre un hommage à celui qui fut l'an dernier le président de son jury. Mais le cinéaste du Ballon blanc et du Cercle avait fait parvenir il y a quelque temps aux deux rendez-vous une lettre où il précisait douter de recevoir les papiers nécessaires. En attente d'un procès prévu en octobre, celui qui fut emprisonné deux mois et demi ce printemps, car il était soupçonné par le régime de vouloir faire un film anti-islamique, reste bloqué à Téhéran. La Cité des doges s'en désole. «Quand on porte atteinte à la liberté de parole d'un cinéaste, le monde du cinéma se doit de faire quelque chose», a déclaré le directeur de Venice Days, Giorgio Gozzetti, qui a annoncé le lancement aujourd'hui d'une pétition en faveur de Panahi.

Le cinéaste devait y présenter hier son court métrage de 9 minutes intitulé L'Accordéon, qui a été produit avec le soutien d'Arte par Art of the World et Dorje Film. «L'absence de Panahi nous cause une grande tristesse, ils veulent l'affaiblir psychologiquement», a déclaré à l'AFP Flaminio Zadra, directeur de Dorje Film.

L'Accordéon est aussi au programme du FFM. Le film, présenté à Venise dans le cadre de Venice Days, la section indépendante de la Mostra, est une ode à la tolérance qui raconte avec tendresse l'aventure d'un garçon et de sa petite soeur qui sont privés de leur accordéon parce qu'ils ont joué près d'une mosquée. Son court métrage sera toutefois montré dans la Sérénissime et ici... in abstentia.

Au dernier Festival de Cannes, il avait été vainement attendu, car croupissant en prison. Sa chaise de juré demeura vide, il entama alors une grève de la faim et tout le milieu protesta contre sa détention. Aujourd'hui libre, mais confiné à demeure, Jafar ne voyage plus.

***


Avec l'Agence France-Presse
 
 
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