Festival des films du monde - Cuvée des dames
À souligner: un nombre relativement élevé de réalisatrices dans cette compétition du FFM. Elles se retrouvent derrière cinq des vingt longs métrages de la course (dont une coréalisatrice). Plusieurs festivals sont colorés pure testostérone, Cannes entre autres, pour ne pas le nommer. Lorsqu'un ou deux noms de femmes se glissent parmi les rangs des chauves et des poilus, on parle de cuvée des dames. Mais les voici en force au FFM. D'ailleurs, jusqu'à maintenant, les films de la Québécoise Julie Hivon, Tromper le silence et de la Norvégienne Maria Sodahl (Limbo) font partie des œuvres qui se sont démarquées. Le palmarès devrait souligner cette présence féminine qui épouse tous les genres.
La Suisse Bettina Oberli lançait hier The Murder Farm. Et comme le précisait la réalisatrice en s'en excusant presque: «Il fait beau dehors, mais tel n'est pas le climat de mon film.» Tu parles! Salle obscure pour film sombre, macabre, asphyxiant. Il est tiré d'un roman de Maria Schenkel, lui-même inspiré d'un fait divers. Le public du midi n'a guère apprécié à l'Impérial et The Murder Farm fut applaudi mollement. Faut dire qu'il ne correspond pas à la tonalité du FFM, plutôt feel good movie.
Le Français Grandrieux nous avait livré dans la même veine, mais en beaucoup mieux maîtrisé, des oeuvres comme Sombre et Un lac, avec caméra d'affolement et plongées haletantes dans les abîmes les plus noirs de l'âme humaine.
Bettina Oberli respire moins aisément dans le même marécage. Ce retour au village d'une jeune femme en deuil de sa mère, deux ans après que les habitants d'une ferme ont été assassinés par un inconnu, est assez gros dans le genre et plusieurs personnages sont trop parodiques pour paraître crédibles. Des réunions de villageois sentent le scoutisme qui s'est trompé de feu de camp. Le climat d'horreur repose quand même sur une vraie quête de mise en scène. Le bruitage, la musique, des jeux d'ombre et de lumière parviennent, malgré les outrances, à rendre l'atmosphère étouffante d'un village qui cache un secret sous des amas de mensonges.
La direction d'acteurs n'enfonce rien, ce qui n'empêche pas la voix de la cinéaste de s'imposer dans son parcours d'obscurité où la caméra avance souvent dans le noir, interroge la culpabilité qui ronge, et aspire à la rédemption. Une voix de femme égraine le Notre père: Délivrez-nous du mal. Dans ce village, il est partout, surtout chez les victimes, comme en témoignent les flashback, et la jeune héroïne qui marche en terrain mal connu se tournera vers sa propre conscience sans y trouver l'apaisement. A-t-on saisi le dénouement? Qui a tué la famille à coups de pic? Peu importe après tout. Tout est question de climat. À prendre ou à laisser.
La Suisse Bettina Oberli lançait hier The Murder Farm. Et comme le précisait la réalisatrice en s'en excusant presque: «Il fait beau dehors, mais tel n'est pas le climat de mon film.» Tu parles! Salle obscure pour film sombre, macabre, asphyxiant. Il est tiré d'un roman de Maria Schenkel, lui-même inspiré d'un fait divers. Le public du midi n'a guère apprécié à l'Impérial et The Murder Farm fut applaudi mollement. Faut dire qu'il ne correspond pas à la tonalité du FFM, plutôt feel good movie.
Le Français Grandrieux nous avait livré dans la même veine, mais en beaucoup mieux maîtrisé, des oeuvres comme Sombre et Un lac, avec caméra d'affolement et plongées haletantes dans les abîmes les plus noirs de l'âme humaine.
Bettina Oberli respire moins aisément dans le même marécage. Ce retour au village d'une jeune femme en deuil de sa mère, deux ans après que les habitants d'une ferme ont été assassinés par un inconnu, est assez gros dans le genre et plusieurs personnages sont trop parodiques pour paraître crédibles. Des réunions de villageois sentent le scoutisme qui s'est trompé de feu de camp. Le climat d'horreur repose quand même sur une vraie quête de mise en scène. Le bruitage, la musique, des jeux d'ombre et de lumière parviennent, malgré les outrances, à rendre l'atmosphère étouffante d'un village qui cache un secret sous des amas de mensonges.
La direction d'acteurs n'enfonce rien, ce qui n'empêche pas la voix de la cinéaste de s'imposer dans son parcours d'obscurité où la caméra avance souvent dans le noir, interroge la culpabilité qui ronge, et aspire à la rédemption. Une voix de femme égraine le Notre père: Délivrez-nous du mal. Dans ce village, il est partout, surtout chez les victimes, comme en témoignent les flashback, et la jeune héroïne qui marche en terrain mal connu se tournera vers sa propre conscience sans y trouver l'apaisement. A-t-on saisi le dénouement? Qui a tué la famille à coups de pic? Peu importe après tout. Tout est question de climat. À prendre ou à laisser.
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