Samouraïs à rabais
On l'a dit: le Festival des films du monde attire davantage d'hôtes de marque que lors des dernières éditions. L'ennui, cette année, c'est que les événements importants se court-circuitent. Des raisons de disponibilité des invités doivent jouer un rôle là-dedans, comme une étrange gestion du calendrier. Dommage! Car la machine médiatique réclame sa part de chair au quotidien. Avant-hier, Bertrand Tavernier rencontrait des journalistes le même jour que l'équipe du film d'ouverture, ce qui dédoublait les grandes entrevues, tandis qu'on n'avait pas grand-chose à se mettre sous la dent le lendemain.
Par ailleurs, les hommages majeurs se bousculent lors du dernier week-end de la fête du Travail, alors que les journaux ne publient pas deux jours durant. Nathalie Baye, Stefania Sandrelli, Jafar Panahi (même in abstentia) arrivent tous en wagon de queue. La classe de maître de Gérard Depardieu se déroule le lundi, soit le jour même de l'annonce du palmarès. L'espace des uns sera réduit pour laisser pleine lumière aux grosses pointures à la Depardieu. Bref, un peu d'étalement sur la durée n'aurait pas fait de tort à ce festival.
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Hier, il n'y avait qu'un seul long métrage en compétition: Sword of Desperation, du Japonais Hideyuki Hirayama, venu au FFM avec une grosse délégation nippone et couronné en 1998 du prix de la critique internationale (FIPRESCI) pour Begging for Love au festival montréalais. Il s'agit d'un film de samouraïs, mais tous n'ont pas le talent de Kurosawa et de Kobayashi pour maîtriser un genre par eux hissé si haut.
Adaptant une oeuvre littéraire de Shuhei Fujisawa, Sword of Desperation met en scène un samouraï, donc, aussi courageux que malchanceux. Il a assassiné la favorite de son prince, qui intriguait et affamait le royaume. Relégué à l'ombre, puis revenu au service du prince, l'homme sera trahi et ne mourra pas sans assouvir sa vengeance. Un accent est quand même mis sur la vie privée de ce maître d'armes qui n'aspire qu'à la paix, et parfois des scènes plus poétiques, surtout en pleine nature, cassent celles plus convenues des intrigues de palais et des jacqueries nippones. Les costumes et décors sont magnifiques, mais le jeu caricatural des acteurs et certaines répliques simplistes sapent la crédibilité du film.
L'oeuvre, au départ très académique, en fin de parcours bascule dans la production gore avec force meurtres au sabre et giclées de sang, sombrant dans le ridicule. Le sort des femmes japonaises n'a jamais été enviable, d'autant moins à l'époque d'Edo, qui s'est étirée du XVIIe au XIXe siècle. Mais tous les poncifs misogynes se succèdent ici sans répit dans les bouches masculines, et on voudrait crier grâce. La musique occidentale, qui ponctue chaque moment d'émotion comme à Hollywood, nourrit l'agacement que le film distille.
Par ailleurs, les hommages majeurs se bousculent lors du dernier week-end de la fête du Travail, alors que les journaux ne publient pas deux jours durant. Nathalie Baye, Stefania Sandrelli, Jafar Panahi (même in abstentia) arrivent tous en wagon de queue. La classe de maître de Gérard Depardieu se déroule le lundi, soit le jour même de l'annonce du palmarès. L'espace des uns sera réduit pour laisser pleine lumière aux grosses pointures à la Depardieu. Bref, un peu d'étalement sur la durée n'aurait pas fait de tort à ce festival.
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Hier, il n'y avait qu'un seul long métrage en compétition: Sword of Desperation, du Japonais Hideyuki Hirayama, venu au FFM avec une grosse délégation nippone et couronné en 1998 du prix de la critique internationale (FIPRESCI) pour Begging for Love au festival montréalais. Il s'agit d'un film de samouraïs, mais tous n'ont pas le talent de Kurosawa et de Kobayashi pour maîtriser un genre par eux hissé si haut.
Adaptant une oeuvre littéraire de Shuhei Fujisawa, Sword of Desperation met en scène un samouraï, donc, aussi courageux que malchanceux. Il a assassiné la favorite de son prince, qui intriguait et affamait le royaume. Relégué à l'ombre, puis revenu au service du prince, l'homme sera trahi et ne mourra pas sans assouvir sa vengeance. Un accent est quand même mis sur la vie privée de ce maître d'armes qui n'aspire qu'à la paix, et parfois des scènes plus poétiques, surtout en pleine nature, cassent celles plus convenues des intrigues de palais et des jacqueries nippones. Les costumes et décors sont magnifiques, mais le jeu caricatural des acteurs et certaines répliques simplistes sapent la crédibilité du film.
L'oeuvre, au départ très académique, en fin de parcours bascule dans la production gore avec force meurtres au sabre et giclées de sang, sombrant dans le ridicule. Le sort des femmes japonaises n'a jamais été enviable, d'autant moins à l'époque d'Edo, qui s'est étirée du XVIIe au XIXe siècle. Mais tous les poncifs misogynes se succèdent ici sans répit dans les bouches masculines, et on voudrait crier grâce. La musique occidentale, qui ponctue chaque moment d'émotion comme à Hollywood, nourrit l'agacement que le film distille.
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