34e Festival des films du monde - L'étiquette
Le cinéaste Denis Villeneuve, qui présentera son très attendu Incendies sur les écrans du Festival international du film de Toronto très bientôt, dit du Festival des films du monde (FFM) que «c'est un festival municipal qui présente du cinéma d'un peu partout».
Il s'agit de l'étiquette cuvée 2010. Avant celle-là, combien d'autres y eut-il, révélant sans cesse la même insatisfaction? Le FFM n'est qu'un événement moribond pour certains, mais pour d'autres, il s'avère un pur enchantement annuel. Entre les deux, assurément, il nourrit la chronique.
Les propos de M. Villeneuve, rapportés cette semaine dans Le Journal de Montréal, n'ont rien d'étonnant. Comme d'autres avant lui, le cinéaste dit franchement: Toronto, voilà la plateforme compétitive pour lancer un film auprès d'une «sélection prestigieuse». Montréal? Une virée sympathique en famille, mais un tremplin trop mou pour vendre la pellicule autour du globe.
Après avoir été laissé pour mort, non seulement le FFM a repris du poil de la bête, mais il réussit l'essentiel: faire courir les cinéphiles. Pendant que dans la chronique mondaine et sur les tapis rouges on mesure le succès d'un festival à la quantité de starlettes en paillettes — américaines, s'il vous plaît! — qui daigneront s'y exhiber, les cinéphiles, dans une fébrilité contenue, attendent de goûter le cinéma.
Ils n'ont que faire des cérémonies d'ouverture, auxquelles ils ne sont pas conviés. Loin des projecteurs, bien ordonnés sur le bitume, un programme serré sous le bras, leur sélection préparée studieusement ou encore — ô délice! — bâtie à l'improviste, au petit bonheur la chance, ils font la file et attendent leur propre entrée. Parmi ceux-là (quelque 300 000 personnes) certains prennent chaque année des vacances uniquement pour se terrer dans des salles de cinéma alors que les derniers rayons du mois d'août chauffent le dehors.
Ceux-là, ces irréductibles, font le succès du FFM, même si ce dernier ne clignote plus sur l'écran radar de la compétition du monde mondial, saveur Cannes et cie. Sur ce tableau de succès populaire, le FFM n'a rien à envier aux autres. Resté debout malgré une série de déboires, il fait aussi, ne l'oublions pas, avec ce dont il dispose — son budget de planification n'a rien de celui de Toronto.
Mais pendant que les adeptes du FFM découvrent la programmation 2010, on souffre hors des salles de ne pas savoir accepter ce festival pour ce qu'il est, tout simplement, sans gourmandise hollywoodienne, avec la simplicité d'un bon film. Un réel invincible, destiné à faire voir et aimer le cinéma.
***
machouinard@ledevoir.com
Il s'agit de l'étiquette cuvée 2010. Avant celle-là, combien d'autres y eut-il, révélant sans cesse la même insatisfaction? Le FFM n'est qu'un événement moribond pour certains, mais pour d'autres, il s'avère un pur enchantement annuel. Entre les deux, assurément, il nourrit la chronique.
Les propos de M. Villeneuve, rapportés cette semaine dans Le Journal de Montréal, n'ont rien d'étonnant. Comme d'autres avant lui, le cinéaste dit franchement: Toronto, voilà la plateforme compétitive pour lancer un film auprès d'une «sélection prestigieuse». Montréal? Une virée sympathique en famille, mais un tremplin trop mou pour vendre la pellicule autour du globe.
Après avoir été laissé pour mort, non seulement le FFM a repris du poil de la bête, mais il réussit l'essentiel: faire courir les cinéphiles. Pendant que dans la chronique mondaine et sur les tapis rouges on mesure le succès d'un festival à la quantité de starlettes en paillettes — américaines, s'il vous plaît! — qui daigneront s'y exhiber, les cinéphiles, dans une fébrilité contenue, attendent de goûter le cinéma.
Ils n'ont que faire des cérémonies d'ouverture, auxquelles ils ne sont pas conviés. Loin des projecteurs, bien ordonnés sur le bitume, un programme serré sous le bras, leur sélection préparée studieusement ou encore — ô délice! — bâtie à l'improviste, au petit bonheur la chance, ils font la file et attendent leur propre entrée. Parmi ceux-là (quelque 300 000 personnes) certains prennent chaque année des vacances uniquement pour se terrer dans des salles de cinéma alors que les derniers rayons du mois d'août chauffent le dehors.
Ceux-là, ces irréductibles, font le succès du FFM, même si ce dernier ne clignote plus sur l'écran radar de la compétition du monde mondial, saveur Cannes et cie. Sur ce tableau de succès populaire, le FFM n'a rien à envier aux autres. Resté debout malgré une série de déboires, il fait aussi, ne l'oublions pas, avec ce dont il dispose — son budget de planification n'a rien de celui de Toronto.
Mais pendant que les adeptes du FFM découvrent la programmation 2010, on souffre hors des salles de ne pas savoir accepter ce festival pour ce qu'il est, tout simplement, sans gourmandise hollywoodienne, avec la simplicité d'un bon film. Un réel invincible, destiné à faire voir et aimer le cinéma.
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machouinard@ledevoir.com








