La fascinante énigme d'un film sans surprise
Vincent Cassel
À retenir
- L'Ennemi public no 1
- De Jean-François Richet.
- Avec Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Samuel Le Bihan, Gérard Lanvin, Olivier Gourmet.
- Scénario: Abdel Raouf Dafri, Jean-François Richet.
- D'après le livre de Jacques Mesrine.
- Photographie: Robert Gantz.
- Montage: Bill Pankow, Hervé Schneid.
- Musique: Marco Beltrami, Marcus Trumpp.
- France, 2009, 133 minutes.
Cette suite sans surprise du premier volet du portrait de Mesrine au grand écran s'inscrit dans la continuité du premier. L'Ennemi public no 1 est en effet un film de genre, comme L'Instinct de mort, bien avant d'être un drame biographique.
D'où la propension de Jean-François Richet à construire un crescendo dramatique avec des éléments d'une vie de crime et de débauche plutôt monotones dans leur ensemble, et à énergiser son film de séquences de suspense inspirées des instants-clés qui ont bâti sa légende (braquages de banques et évasions de prison) et scellé son sort de façon définitive, le 2 novembre 1979 à la porte de Clignancourt, à Paris.
Le scénario, qui raconte les six dernières années de la vie de Mesrine, est fondé sur un principe malhonnête: il suit la perspective du «héros» dans les moments dévolus au comment et au pourquoi de sa vie de criminel, puis dédouble artificiellement la perspective, pour les besoins du suspense, dans les séquences dites d'action, qui présentent d'un côté l'animal traqué et enivré de sa gloire médiatique, de l'autre, les hommes du commissaire Broussard (Olivier Gourmet) chargés de l'épingler. Or une meilleure connaissance des enjeux de l'enquête et de ceux qui l'ont menée aurait rendu le film plus captivant, et sans doute limité les passages à vide.
La mise en scène, couronnée en France du César, se veut très proche, par son style nerveux et rétrochic, de celle que Richet avait signée à l'occasion du remake d'Assault on Precinct 13. De fait, elle a plus de prise sur le corps du spectateur que le scénario épisodique et un brin superficiel n'en a sur son esprit.
Manque de profondeur
En conséquence, les personnages secondaires manquent parfois de profondeur, épreuve à laquelle des artistes de la trempe de Gourmet, mais aussi Mathieu Amalric en dernier complice des grands jours et Ludivine Sagnier en ultime maîtresse, parviennent à surmonter par la force de leur talent. Mais le point focal du film demeure Vincent Cassel, toujours très juste dans la peau d'un brillant imbécile qui avait prédit sa fin en écrivant sa vie. Bien que fortement incarné, et malgré tout mieux servi par le scénario que dans le premier volet du diptyque, Mesrine reste, pour la postérité, une fascinante énigme.
***
Collaborateur du Devoir
D'où la propension de Jean-François Richet à construire un crescendo dramatique avec des éléments d'une vie de crime et de débauche plutôt monotones dans leur ensemble, et à énergiser son film de séquences de suspense inspirées des instants-clés qui ont bâti sa légende (braquages de banques et évasions de prison) et scellé son sort de façon définitive, le 2 novembre 1979 à la porte de Clignancourt, à Paris.
Le scénario, qui raconte les six dernières années de la vie de Mesrine, est fondé sur un principe malhonnête: il suit la perspective du «héros» dans les moments dévolus au comment et au pourquoi de sa vie de criminel, puis dédouble artificiellement la perspective, pour les besoins du suspense, dans les séquences dites d'action, qui présentent d'un côté l'animal traqué et enivré de sa gloire médiatique, de l'autre, les hommes du commissaire Broussard (Olivier Gourmet) chargés de l'épingler. Or une meilleure connaissance des enjeux de l'enquête et de ceux qui l'ont menée aurait rendu le film plus captivant, et sans doute limité les passages à vide.
La mise en scène, couronnée en France du César, se veut très proche, par son style nerveux et rétrochic, de celle que Richet avait signée à l'occasion du remake d'Assault on Precinct 13. De fait, elle a plus de prise sur le corps du spectateur que le scénario épisodique et un brin superficiel n'en a sur son esprit.
Manque de profondeur
En conséquence, les personnages secondaires manquent parfois de profondeur, épreuve à laquelle des artistes de la trempe de Gourmet, mais aussi Mathieu Amalric en dernier complice des grands jours et Ludivine Sagnier en ultime maîtresse, parviennent à surmonter par la force de leur talent. Mais le point focal du film demeure Vincent Cassel, toujours très juste dans la peau d'un brillant imbécile qui avait prédit sa fin en écrivant sa vie. Bien que fortement incarné, et malgré tout mieux servi par le scénario que dans le premier volet du diptyque, Mesrine reste, pour la postérité, une fascinante énigme.
***
Collaborateur du Devoir
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

