Cinéma - Romance et mitraillettes
Photo : 20th Century Fox
Disposer de deux stars, Cameron Diaz et Tom Cruise, même au lustre affadi, c’est bien, mais encore faut-il que celles-ci partagent un tant soit peu de chimie.
À retenir
-
Knight and Day (Nuit et jour)
- Réalisation: James Mangold.
- Scénario: Patrick O'Neill. Avec Tom Cruise, Cameron Diaz, Peter Sarsgaard, Paul Dano, Viola Davis, Celia Weston.
- Photo: Phedon Papamichael.
- Montage: Quincy Z. Gunderson, Michael McCusker.
- Musique: John Powell. États-Unis, 2010, 110 min.
Production mouvementée pour laquelle on tournait encore de nouvelles scènes en mai dernier, Knight and Day relate les aventures d'une jeune femme sans histoire entraînée malgré elle à la suite d'un agent secret en disgrâce. Idylle sur fond d'explosions avec Tom Cruise et Cameron Diaz confortablement accotés sur le pilote automatique.
Au temps de Heavy et Cop Land, portraits intimistes d'hommes mésadaptés, James Mangold comptait parmi les talents prometteurs découverts sur le circuit indépendant. Capable désormais du pire (Kate and Leopold) comme du pas pire (Walk the Line), Mangold semble avoir renoncé à toute ambition artistique en allant grossir les rangs des réalisateurs à tout faire à qui Hollywood confie les projets les plus divers.
Conçu et calibré pour revigorer la carrière en déclin de Tom Cruise en tablant sur sa zone de confort, Knight and Day ne convainc jamais. Primo, la mise en scène a tellement recours aux écrans verts et aux images de synthèse qu'elle rappelle constamment l'artificialité de l'action et la dimension préfabriquée de l'entreprise. Secundo, même en mettant son cerveau dans un bocal, on ne croit pas une seule seconde aux péripéties cousues de fil blanc (et redondantes) qu'aligne le scénario. Pirouette d'écriture plus agaçante que drôle: on drogue l'héroïne chaque fois qu'une situation se corse, évitant ainsi de boucler plusieurs scènes. Mangold se montre en outre incapable d'imposer un rythme trépidant à la cavale des héros, une brèche que ni le montage ni la musique ne colmatent.
Le mélange humour-action-romance ayant souvent eu la faveur du public, on comprend Cruise et Diaz, mieux assortis en ex-amants névrosés dans Vanilla Sky, d'avoir cru au potentiel de Knight and Day. Disposer de deux stars, même au lustre affadi, c'est bien, mais encore faut-il que celles-ci partagent un tant soit peu de chimie. Après tout, on est censé croire à leur fol amour. Souvenez-vous Audrey Hepburn et Cary Grant, si sophistiqués dans Charade. Et Kathleen Turner et Michael Douglas, si sexy dans Romancing the Stone. Vous y êtes? Imaginez maintenant leurs contraires.
***
Collaborateur du Devoir
***
* V.o.: Cinéma Banque Scotia, Place LaSalle, Cavendish, Colisée Kirkland, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Spheretech, Marché Central.
* V.f.: Quartier latin, Place LaSalle, StarCité, Langelier, Lacordaire, Marché Central.
Au temps de Heavy et Cop Land, portraits intimistes d'hommes mésadaptés, James Mangold comptait parmi les talents prometteurs découverts sur le circuit indépendant. Capable désormais du pire (Kate and Leopold) comme du pas pire (Walk the Line), Mangold semble avoir renoncé à toute ambition artistique en allant grossir les rangs des réalisateurs à tout faire à qui Hollywood confie les projets les plus divers.
Conçu et calibré pour revigorer la carrière en déclin de Tom Cruise en tablant sur sa zone de confort, Knight and Day ne convainc jamais. Primo, la mise en scène a tellement recours aux écrans verts et aux images de synthèse qu'elle rappelle constamment l'artificialité de l'action et la dimension préfabriquée de l'entreprise. Secundo, même en mettant son cerveau dans un bocal, on ne croit pas une seule seconde aux péripéties cousues de fil blanc (et redondantes) qu'aligne le scénario. Pirouette d'écriture plus agaçante que drôle: on drogue l'héroïne chaque fois qu'une situation se corse, évitant ainsi de boucler plusieurs scènes. Mangold se montre en outre incapable d'imposer un rythme trépidant à la cavale des héros, une brèche que ni le montage ni la musique ne colmatent.
Le mélange humour-action-romance ayant souvent eu la faveur du public, on comprend Cruise et Diaz, mieux assortis en ex-amants névrosés dans Vanilla Sky, d'avoir cru au potentiel de Knight and Day. Disposer de deux stars, même au lustre affadi, c'est bien, mais encore faut-il que celles-ci partagent un tant soit peu de chimie. Après tout, on est censé croire à leur fol amour. Souvenez-vous Audrey Hepburn et Cary Grant, si sophistiqués dans Charade. Et Kathleen Turner et Michael Douglas, si sexy dans Romancing the Stone. Vous y êtes? Imaginez maintenant leurs contraires.
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Collaborateur du Devoir
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* V.o.: Cinéma Banque Scotia, Place LaSalle, Cavendish, Colisée Kirkland, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Spheretech, Marché Central.
* V.f.: Quartier latin, Place LaSalle, StarCité, Langelier, Lacordaire, Marché Central.
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