Cinéma - Adolescentes arrachées au cauchemar
Photo : Films du 3 mars
Les témoignages des 13 rescapées sont brûlants, encore qu’elles ne révéleront jamais les détails de leur sordide détention.
À retenir
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Bas! Beyond the Red Light
- Réalisation et scénario: Wendy Champagne.
- Image: Katerine Giguère et Guy Mossman.
- Musique: Tarun Nayar.
- Montage: Hubert Hayaud.
Ce poignant documentaire nous entraîne dans un univers à la fois sinistre et lumineux. Côté ombre, côté lumière, de l'enfer à la rédemption. Treize jeunes filles vendues ou kidnappées pour nourrir les bordels de Mumbai, après avoir été rescapées par une petite escouade qui piège les trafiquants d'enfants, vivent en commun dans un centre de transition: la Rescue Foundation, à la patiente reconquête de leur dignité.
Bas! Au-delà du Red Light fut tourné sur une période de quatre ans, et l'évolution de ces adolescentes arrachées au cauchemar passe par la réappropriation de leur corps violé. À travers un cours de danse, sous la direction d'une chorégraphe québécoise, Nancy
Leduc, les émotions refoulées s'expriment, la force de résilience de chacune trouve un socle. Elles créent des numéros pour enregistrer un vidéo-clip dénonçant le trafic qui les a transformées en esclaves. Et les images magnifiques de Katerine Giguère traduisent la beauté et la force de leurs performances dans leurs robes de princesses orientales, sur une musique superbe.
Puissant contraste avec les incursions dans l'univers des bordels, à la faveur d'une descente dans un quartier sinistre, les impasses sombres où des presque enfants font le trottoir. On entendra un trafiquant expliquer, sans ciller, que ces filles sont responsables d'avoir contracté le VIH, et que les hommes qui passent ne sauraient être à blâmer. Le pourcentage des jeunes prostituées tirées de leur bouge est infime à Mumbai, nous dit-on.
Les témoignages des 13 rescapées sont brûlants, encore qu'elles ne révéleront jamais les détails de leur sordide détention. Plutôt une terrible peur de l'avenir. Ces petites prostituées forcées, qui passent une trentaine de clients par jour, n'osent rappeler leur famille, tant elles se sentent déshonorées dans une société à qui elles cachent leur passé.
Mais l'art salvateur leur redonne foi en d'autres lendemains possibles.
Quelques aspects de leur réinsertion demeurent un peu nébuleux. Le fait que les gens du centre encouragent leurs pensionnaires à trouver des maris, alors que la plupart sont séropositives, laisse quand même songeur.
Bas! Au-delà du Red Light fut tourné sur une période de quatre ans, et l'évolution de ces adolescentes arrachées au cauchemar passe par la réappropriation de leur corps violé. À travers un cours de danse, sous la direction d'une chorégraphe québécoise, Nancy
Leduc, les émotions refoulées s'expriment, la force de résilience de chacune trouve un socle. Elles créent des numéros pour enregistrer un vidéo-clip dénonçant le trafic qui les a transformées en esclaves. Et les images magnifiques de Katerine Giguère traduisent la beauté et la force de leurs performances dans leurs robes de princesses orientales, sur une musique superbe.
Puissant contraste avec les incursions dans l'univers des bordels, à la faveur d'une descente dans un quartier sinistre, les impasses sombres où des presque enfants font le trottoir. On entendra un trafiquant expliquer, sans ciller, que ces filles sont responsables d'avoir contracté le VIH, et que les hommes qui passent ne sauraient être à blâmer. Le pourcentage des jeunes prostituées tirées de leur bouge est infime à Mumbai, nous dit-on.
Les témoignages des 13 rescapées sont brûlants, encore qu'elles ne révéleront jamais les détails de leur sordide détention. Plutôt une terrible peur de l'avenir. Ces petites prostituées forcées, qui passent une trentaine de clients par jour, n'osent rappeler leur famille, tant elles se sentent déshonorées dans une société à qui elles cachent leur passé.
Mais l'art salvateur leur redonne foi en d'autres lendemains possibles.
Quelques aspects de leur réinsertion demeurent un peu nébuleux. Le fait que les gens du centre encouragent leurs pensionnaires à trouver des maris, alors que la plupart sont séropositives, laisse quand même songeur.
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