Festival international du film sur l'art - Une vie à vivre
La programmation gargantuesque du Festival international du film sur l'art fait toujours la belle part au septième art. Cette année encore, les portraits de stars, les biographies tapissées d'extraits filmiques et autres romans d'une vie de glamour (et parfois d'échecs) devraient ravir les cinéphiles. Voici quelques arrêts possibles au milieu de tout ce foisonnement.
Life and Work of Milos Forman
Comme pour tant d'autres citoyens d'Europe de l'Est, le nazisme et le communisme ont marqué au fer le parcours de Milos Forman. Orphelin en 1942 à la suite des rafles de la Gestapo, forcé à l'exil après l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968, c'est Hollywood qui transformera à jamais le réalisateur de Au feu, les pompiers et Les Amours d'une blonde. La suite, après un premier échec américain (Taking Off) et une année de réclusion bohème au célèbre Chelsea Hotel de New York, constitue la plus merveilleuse carrière en forme de montagnes russes. Devant la caméra d'Ann Victorin, il préfère s'étendre sur ses triomphes (dont Amadeus, tourné à Prague) que sur ses échecs (pas un mot sur Ragtime ou Valmont), mais l'évocation de ses souvenirs d'enfance, et de tournages, pique sans cesse la curiosité.
19 mars à 21 h à la CQ et 21 mars à 18 h 30 à Concordia.
The Magnificent Tati
Jacques Tati voulait être «l'anti-Chaplin» et, d'une certaine manière, il aura réussi puisque le créateur de Jour de fête demeure inclassable. Celui qui se cachait si habilement derrière la pipe et le parapluie de M. Hulot, peu importe qu'il soit en vacances ou en visite chez la parenté, inspire encore les créateurs les plus éclectiques, comme en témoigne le documentaire du cinéaste britannique Michael House, prouvant ainsi la valeur universelle et intemporelle de Tati. Au cours de sa carrière marquée par de longues parenthèses entre chaque film, dont un échec retentissant (Playtime) qui allait freiner à jamais son ascension, il aura su incarner la bonhomie et l'insouciance avec un art inimitable. Et rarement imité.
21 mars à 18 h 30 et 27 mars à 16 h à la CQ
Philippe Noiret, gentleman saltimbanque
Grâce aux bons conseils de Jean Gabin, le regretté Philippe Noiret a réussi cette chose essentielle qui fera de lui un des monstres sacrés du cinéma français: accepter son corps. Puisqu'il n'avait rien du héros romantique à la Gérard Philipe, son camarade de scène à la grande époque du TNP de Jean Vilar, Noiret usera de sa bonne bouille et de sa stature imposante pour en faire sa meilleure carte de visite. Cet hommage, signé Antoine de Meaux, présente les témoignages de quelques cinéastes qui ont su voir au-delà de cette carapace, dont le fidèle Bertrand Tavernier avec qui il livrera quelques-unes de ses grandes prestations (Coup de torchon, La Vie et rien d'autre, etc.). Autres fidélités célébrées ici: celle avec sa compagne de toujours, l'actrice Monique Chaumette, et des camarades de jeu admiratifs, comme Jean Rochefort et Thierry Lhermitte.
21 mars à 15 h 30 à la Cinquième salle et 25 mars à 21 h à la Grande Bibliothèque
Romy Schneider, une femme en trois notes
À Hollywood, on la surnommait «Miss Worry», et pas seulement parce qu'elle avait osé gifler Harvey Keitel pendant le tournage de La Mort en direct, de Bertrand Tavernier, excédée de le voir céder aux tics de l'Actor's studio. Romy Schneider traînait derrière elle une réputation d'actrice «imprévisible et capricieuse», mais cela n'a pas empêché cette Allemande élevée en Autriche à devenir une des plus grandes actrices... françaises. En fait, tous revendiquent une part de Romy, ceux qui ne voient que Sissi, d'autres la captive d'Alain Delon ou encore la magnifique égérie du cinéma de Claude Sautet (Les Choses de la vie, César et Rosalie, Une histoire simple, etc.). Ce sont toutes ces fem-mes, et tant d'autres encore, que dévoile ce portrait. Et l'on redécouvre à quel point ses larmes à l'écran puisaient leurs sources dans ses drames personnels, de ses ruptures amoureuses à la mort tragique de son fils, David. 26 mars à 21 h à la Cinquième salle et 28 mars à 16 h à la CQ
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Collaborateur du Devoir
Life and Work of Milos Forman
Comme pour tant d'autres citoyens d'Europe de l'Est, le nazisme et le communisme ont marqué au fer le parcours de Milos Forman. Orphelin en 1942 à la suite des rafles de la Gestapo, forcé à l'exil après l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968, c'est Hollywood qui transformera à jamais le réalisateur de Au feu, les pompiers et Les Amours d'une blonde. La suite, après un premier échec américain (Taking Off) et une année de réclusion bohème au célèbre Chelsea Hotel de New York, constitue la plus merveilleuse carrière en forme de montagnes russes. Devant la caméra d'Ann Victorin, il préfère s'étendre sur ses triomphes (dont Amadeus, tourné à Prague) que sur ses échecs (pas un mot sur Ragtime ou Valmont), mais l'évocation de ses souvenirs d'enfance, et de tournages, pique sans cesse la curiosité.
19 mars à 21 h à la CQ et 21 mars à 18 h 30 à Concordia.
The Magnificent Tati
Jacques Tati voulait être «l'anti-Chaplin» et, d'une certaine manière, il aura réussi puisque le créateur de Jour de fête demeure inclassable. Celui qui se cachait si habilement derrière la pipe et le parapluie de M. Hulot, peu importe qu'il soit en vacances ou en visite chez la parenté, inspire encore les créateurs les plus éclectiques, comme en témoigne le documentaire du cinéaste britannique Michael House, prouvant ainsi la valeur universelle et intemporelle de Tati. Au cours de sa carrière marquée par de longues parenthèses entre chaque film, dont un échec retentissant (Playtime) qui allait freiner à jamais son ascension, il aura su incarner la bonhomie et l'insouciance avec un art inimitable. Et rarement imité.
21 mars à 18 h 30 et 27 mars à 16 h à la CQ
Philippe Noiret, gentleman saltimbanque
Grâce aux bons conseils de Jean Gabin, le regretté Philippe Noiret a réussi cette chose essentielle qui fera de lui un des monstres sacrés du cinéma français: accepter son corps. Puisqu'il n'avait rien du héros romantique à la Gérard Philipe, son camarade de scène à la grande époque du TNP de Jean Vilar, Noiret usera de sa bonne bouille et de sa stature imposante pour en faire sa meilleure carte de visite. Cet hommage, signé Antoine de Meaux, présente les témoignages de quelques cinéastes qui ont su voir au-delà de cette carapace, dont le fidèle Bertrand Tavernier avec qui il livrera quelques-unes de ses grandes prestations (Coup de torchon, La Vie et rien d'autre, etc.). Autres fidélités célébrées ici: celle avec sa compagne de toujours, l'actrice Monique Chaumette, et des camarades de jeu admiratifs, comme Jean Rochefort et Thierry Lhermitte.
21 mars à 15 h 30 à la Cinquième salle et 25 mars à 21 h à la Grande Bibliothèque
Romy Schneider, une femme en trois notes
À Hollywood, on la surnommait «Miss Worry», et pas seulement parce qu'elle avait osé gifler Harvey Keitel pendant le tournage de La Mort en direct, de Bertrand Tavernier, excédée de le voir céder aux tics de l'Actor's studio. Romy Schneider traînait derrière elle une réputation d'actrice «imprévisible et capricieuse», mais cela n'a pas empêché cette Allemande élevée en Autriche à devenir une des plus grandes actrices... françaises. En fait, tous revendiquent une part de Romy, ceux qui ne voient que Sissi, d'autres la captive d'Alain Delon ou encore la magnifique égérie du cinéma de Claude Sautet (Les Choses de la vie, César et Rosalie, Une histoire simple, etc.). Ce sont toutes ces fem-mes, et tant d'autres encore, que dévoile ce portrait. Et l'on redécouvre à quel point ses larmes à l'écran puisaient leurs sources dans ses drames personnels, de ses ruptures amoureuses à la mort tragique de son fils, David. 26 mars à 21 h à la Cinquième salle et 28 mars à 16 h à la CQ
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