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82e soirée des Oscar - Kathryn Bigelow au sommet

Odile Tremblay   8 mars 2010  Cinéma
Kathryn Bigelow a obtenu hier soir cinq Oscar, dont ceux de la meilleure réalisation et du meilleur film pour The Hurt Locker, coiffant au fil d’arrivée Avatar, de son ex-époux James Cameron.
Photo : Agence Reuters
Kathryn Bigelow a obtenu hier soir cinq Oscar, dont ceux de la meilleure réalisation et du meilleur film pour The Hurt Locker, coiffant au fil d’arrivée Avatar, de son ex-époux James Cameron.
Victoire historique!!! Hier Kathryn Bigelow remportait les plus hauts honneurs pour son remarquable film de guerre The Hurt Locker: meilleur film, meilleure réalisation — une première pour une femme cinéaste — meilleur scénario original, meilleure sonorisation, meilleur montage sonore, meilleur montage. «C'est le moment d'une vie», a-t-elle déclaré remplie d'émotion.

Avatar de son ex-mari James Cameron, en 3D, record universel de box-office, a reçu de simples prix techniques: meilleure direction artistique (contre le Québécois Patrice Vernette pour The Young Victoria), meilleure direction photo, meilleurs effets visuels, presque rien en regard de ses espoirs.

Et puisque c'était la soirée des dames au Kodak Theatre, en doublé, Sandra Bullock aura réussi le tour de force de dégoter à la fois l'Oscar de la meilleure actrice (son tout premier) pour son rôle de mère courage à forte personnalité 3 dans le très ordinaire The Blind Side de John Lee Handcock et le Razzie du pire navet du cru avec la sotte comédie romantique All About Steve, constitue un autre phénomène historique. Mais bonne joueuse, elle récolta à une journée d'intervalle l'un et l'autre trophée avec élégance, larmes et humour, en célébrant toute les différences.

Meilleur acteur

Jeff Bridges, extraordinaire en chanteur de western sur le retour dans Crazy Heart de Scott Cooper fut sacré meilleur acteur, sa première statuette à vie, et tout heureux, célébra sa maman et son papa, son épouse et tous les artisans du film. Ce film remporté aussi le prix de la meilleure chanson originale: avec The Weary Kind.

Descendu sur la scène par voie aérienne façon Madonna, les animateurs Steve Martin et Alec Baldwin avaient quand même de bons gags à servir et la soirée, faute de révolutionner le genre, roula rondement, malgré d'interminables extraits de films et présentations d'acteurs. Les robes étaient souvent fort inélégances, surtout celles des plantureuses dames en bleu afro-américaines, sur décors azur. James Taylor entonna à la guitare avec classe In my Life des Beatles, alors que défilaient les photos des disparus de l'année. Quelques numéros de danse assez classiques, mais rien pour rameuter le grand public devant le chic gala.

Meilleur acteur de soutien, et dès le départ sans rival dans la peau du terrible colonel nazi polyglotte d'Inglorious Basterds de Tarantino, (déjà couronné du prix d'interprétation à Cannes), le grand acteur autrichien Christoph Waltz n'en méritait pas moins. On s'incline. Mo'Nique, la mère noire indigne et poignante du drame social Precious de Lee Daniels a remporté de son côté l'Oscar de le meilleure actrice de soutien, seconde comédienne noire, après Halle Berry à remporter à Hollywood un prix d'interprétation. Film qui a reçu aussi la statuette du meilleur scénario adapté, laquelle échappa au favori Up in the air de Jason Reitman, hélas! reparti bredouille.

Surprise

Surprise de taille! C'est l'argentin El Secreto de sus Ojos de Juan José Campanella, plongée dans les années sombres de la dictature, qui est le lauréat du meilleur film en langue étrangère, renvoyant au tapis les grands favoris primés à Cannes Un prophète de Jacques Audiard et Le Ruban blanc de Michael Haneke.

À l'animation Up de Pete Doctor, sur fond de ballons volants et de vieux grincheux à la reconquête de son coeur, également nommé pour le meilleur film, a remporté l'Oscar du meilleur long métrage d'animation en plus de la meilleure trame sonore.

The Young Victoria, très britannique production du Montréalais Jean-Marc Vallée fut primée pour les meilleurs costumes. Ce prix échappa à Monique Prudhomme, Québécoise établie à Vancouver en lice pour L'Imaginarium du docteur Parnassus de Terry Gilliam.

The Cove sur la lutte contre les chasseurs de dauphins de Louie Psihoyos, récolta le prix du meilleur documentaire.

Dans le champ des courts métrages, The New Tenants de Joachim Back remporte le laurier, mais aussi à l'animation Logorama des Français Hervé de Crecy et au documentaire François Alaux a remporté la palme, et au documentaire Music by Pudence de Roger Ross Williams.

Meilleurs maquillages à Star Trek de JJ Abrams, remis par Ben Stiller déguisé en créature d'Avatar. Ce film de Cameron qui peut se consoler de n'avoir pas récolté la grosse mise, en comptant ses recettes au guichet.
 
 
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  • Bernard Gervais - Abonné
    8 mars 2010 09 h 42
    Attention démesurée portée aux Oscar
    Je ne nie pas l'importance de la remise des prix Oscar, mais il s'agit - contrairement à un festival international comme celui de Cannes - d'un gala presque exclusivement consacré à l'industrie cinématographique américaine.

    Sincèrement, n'y avait-il pas un autre sujet pour faire la une des divers quotidiens montréalais aujourd'hui ?
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  • Anne-Marie Bélanger - Abonnée
    8 mars 2010 10 h 12
    Un peu de rigueur, SVP!
    Je ne compte plus les fautes et les lourdeurs syntaxiques dans cet article.
    Je veux bien croire qu'à l'ère virtuelle, tout va plus vite, mais le journalisme - qu'il soit culturel, économique, politique ou autre - se doit d'être rigoureux. Cette rigueur, bien sûr, implique la vérification des sources et la qualité de l'analyse, mais aussi une communication impeccable du message. Au minimum, donc, une révision grammaticale s'impose avant d'envoyer l'article sur la table des correcteurs, s'il y en a. Parce que je me pose sérieusement la question.
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  • pilelo - Inscrite
    8 mars 2010 11 h 49
    le club des grincheux?
    On est toujours surpris des commentaires acidulés de vos lecteurs, pauvre Devoir ... toutes ces leçons de journalisme qu'on vous donne, même dans un contexte si spécial !

    Deux sous d'intelligence font comprendre qu'un article écrit à chaud, au sortir de l'événement culturel le plus médiatisé du monde, en quelques minutes avant l'heure de tombée, aura un tout autre cachet que les commentaires de tous les jours - un cachet plus vibrant et sympathique. Compétente et spontanée, Odile Tremblay !
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  • Louise Constantin - Abonné
    8 mars 2010 19 h 24
    Pas la deuxième comédienne afro-américaine à recevoir un Oscar
    Dans son article, Mme Tremblay mentionne que Mo'Nique est la deuxième comédienne afro-américaine à recevoir un Oscar après Halle Berry. C'est inexact. Halle Berry est la première à recevoir un Oscar pour un premier rôle. Mais une autre comédienne afro-américaine avait auparavant reçu un Oscar pour un second rôle, soit l'impressionnante Mamma, Hattie McDaniel, dans le célébrissime Autant en emporte le vent. On lui avait pourtant interdit l'accès à la projection lors de la première du film (pourquoi ses collègues comédiens n'ont-ils pas boycotté alors?). Il faudra attendre 24 ans avant qu'un autre remarquable acteur afro-américain, Sydney Poitier évidemment, obtienne le premier Oscar décerné à un Afro-américain pour un premier rôle, dans Le lys des champs.
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