David affronte Goliath aux Oscar
The Hurt Locker contre Avatar, ou quand l'intime affronte le spectacle
Le duel entre Avatar et The Hurt Locker (9 nominations chacun) se jouera demain soir au Kodak Theatre d'Hollywood sous les gags plus ou moins lourds des animateurs Steve Martin et Alec Baldwin, chargés de mettre du pep dans la soirée.
Ça prend, semble-t-il, un côté sexy, voire «téléréalitaire» pour attirer le spectateur devant le gala des Oscar. Cette année, l'assis aura droit à un Kramer vs Kramer, ex-couple s'affrontant à la barre, comme dans le film de Robert Benton. Mais balayons la plus-value d'un combat d'anciens conjoints. Ce sont deux visions de cinéma qui s'affrontent: l'intime contre le spectacle. David contre Goliath.
Avatar de James Cameron, champion du guichet mondial, mégaproduction 3D à effets spéciaux handicapée du scénario, affronte The Hurt Locker (Démineur) de son ex-épouse Kathryn Bigelow, oeuvre de finesse, dure, sans concession, brillamment réalisée et scénarisée sur la guerre et ses souffrances, qui mériterait tous les honneurs. Pour l'anecdote, précisons que son producteur français Nicolas Chartier est interdit de gala pour avoir attaqué Avatar devant les membres de l'Académie, en poussant son poulain...
On s'attend à ce que les votants coupent lâchement la poire en deux. Octroyant à Avatar (hélas!) la statuette du meilleur film en plus d'un bouquet de prix techniques, histoire de réconcilier les Oscar avec leur vocation commerciale, et à Kathryn Bigelow la palme de la meilleure réalisation pour The Hurt Locker. Ce serait, au tournant du 8 mars, une première victoire féminine dans cette catégorie en 82 ans de pétage de bretelles masculines. Il n'est pas trop tôt. Si Bigelow gagnait également l'Oscar du meilleur film, le septième art en ressortirait anobli et les femmes, prises pour une fois vraiment au sérieux. On peut toujours rêver...
Cette année, l'Academy lança dix titres dans la course au meilleur film, histoire d'appâter le grand public, mais personne n'a été dupe. The Blind Side, navet pétri de bons sentiments, District Nine, intéressante fable anti-apartheid avec extraterrestres, le charmant An Education sur une jeune fille à la croisée des chemins, Up, gentillette animation 3D et A Serious Man, amusante comédie des frères Coen en mode mineur se voyaient placés là pour la bonne bouche.
Seuls les cinq joueurs en selle également pour la meilleure réalisation constituent les favoris de la course: Avatar, The Hurt Locker, Inglorious Basterds de Quentin Trantino, Precious de Lee Daniels. Aussi, la comédie Up in the Air du Montréalais d'origine Jason Reitman, présente dans six catégories, qui se contentera peut-être d'un meilleur second rôle féminin, plus sûrement de la statuette du meilleur scénario adapté. Celle du meilleur scénario original devrait échoir à The Hurt Locker.
Mis à part un restant de suspense autour du meilleur film, peu de grandes surprises en perspective pour cette 82e cérémonie.
Le minable The Blind Side, de John Lee Handcock, pétri de bons sentiments, vaudra selon toutes probabilités le prix de la meilleure actrice à Sandra Bullock, dans un rôle de madame personnalité. Bullock est plus une habituée des Razzi, les prix citrons de l'année, que des Oscar. Mais chez les meilleurs actrices, les nominations sont plutôt faibles cette année: Helen Miren, hystérique en épouse de Tolstoï dans The Last Station, Meryl Streep, en dessous d'elle-même dans l'insipide Julie & Julia, Gabourey Sidibe trop monolithique en fille abusée dans Precious quoique favorite de certains parce que Noire, obèse et très rectitude politique, Carey Mulligan, la jeune Britannique de An Education, juste mais sans grand éclat.
Autre nomination quasi assurée: Jeff Bridges, inoubliable chanteur country dans Crazy Heart (quatre nominations, jamais primé), mérite son lot du meilleur acteur. Davantage que George Clooney, drôle et punché mais peu profond dans Up in the Air, Colin Firth, quand même vibrant en homosexuel dans A Single Man ou Morgan Freeman en Nelson Mandela dans le décevant Invictus. Seul Jeremy Renner, le touchant démineur de The Hurt Locker, se révèle un concurrent solide pour Bridges.
Du côté des acteurs de soutien, l'Autrichien Christoph Waltz, déjà couronné à Cannes pour sa prestation exceptionnelle de féroce colonel nazi dans Inglorious Basterds de Tarantino, apparaît imbattable. On lui octroie sa statuette d'office.
Chez les actrices de soutien, deux concurrentes sérieuses: Anna Kendrick en jeune ambitieuse toute croche dans Up in the Air et Mo'Nique, la mère indigne de Precious. Penélope Cruz leur fait concurrence pour son rôle de femme d'à côté dans la comédie musicale ratée Nine, mais devrait repartir bredouille. Je mise sur Kendrick, mais Mo'nique l'aura peut-être.
Meilleur film d'animation: Sans doute Up, de Pete Docter, parce qu'il est aussi en nomination pour le meilleur film. Quoique Coraline, Fantastic Mr. Fox, The Princess and the Frog le mériteraient davantage. Meilleur film en langue étrangère: on choisit Un prophète du Français Jacques Audiard. À moins que Le Ruban blanc de l'Autrichien Michael Haneke, Palme d'or cannoise, ne remonte sur un autre gros podium. Les deux concurrents sont plein d'atouts. On réclame du suspense de toute façon.
Ça prend, semble-t-il, un côté sexy, voire «téléréalitaire» pour attirer le spectateur devant le gala des Oscar. Cette année, l'assis aura droit à un Kramer vs Kramer, ex-couple s'affrontant à la barre, comme dans le film de Robert Benton. Mais balayons la plus-value d'un combat d'anciens conjoints. Ce sont deux visions de cinéma qui s'affrontent: l'intime contre le spectacle. David contre Goliath.
Avatar de James Cameron, champion du guichet mondial, mégaproduction 3D à effets spéciaux handicapée du scénario, affronte The Hurt Locker (Démineur) de son ex-épouse Kathryn Bigelow, oeuvre de finesse, dure, sans concession, brillamment réalisée et scénarisée sur la guerre et ses souffrances, qui mériterait tous les honneurs. Pour l'anecdote, précisons que son producteur français Nicolas Chartier est interdit de gala pour avoir attaqué Avatar devant les membres de l'Académie, en poussant son poulain...
On s'attend à ce que les votants coupent lâchement la poire en deux. Octroyant à Avatar (hélas!) la statuette du meilleur film en plus d'un bouquet de prix techniques, histoire de réconcilier les Oscar avec leur vocation commerciale, et à Kathryn Bigelow la palme de la meilleure réalisation pour The Hurt Locker. Ce serait, au tournant du 8 mars, une première victoire féminine dans cette catégorie en 82 ans de pétage de bretelles masculines. Il n'est pas trop tôt. Si Bigelow gagnait également l'Oscar du meilleur film, le septième art en ressortirait anobli et les femmes, prises pour une fois vraiment au sérieux. On peut toujours rêver...
Cette année, l'Academy lança dix titres dans la course au meilleur film, histoire d'appâter le grand public, mais personne n'a été dupe. The Blind Side, navet pétri de bons sentiments, District Nine, intéressante fable anti-apartheid avec extraterrestres, le charmant An Education sur une jeune fille à la croisée des chemins, Up, gentillette animation 3D et A Serious Man, amusante comédie des frères Coen en mode mineur se voyaient placés là pour la bonne bouche.
Seuls les cinq joueurs en selle également pour la meilleure réalisation constituent les favoris de la course: Avatar, The Hurt Locker, Inglorious Basterds de Quentin Trantino, Precious de Lee Daniels. Aussi, la comédie Up in the Air du Montréalais d'origine Jason Reitman, présente dans six catégories, qui se contentera peut-être d'un meilleur second rôle féminin, plus sûrement de la statuette du meilleur scénario adapté. Celle du meilleur scénario original devrait échoir à The Hurt Locker.
Mis à part un restant de suspense autour du meilleur film, peu de grandes surprises en perspective pour cette 82e cérémonie.
Le minable The Blind Side, de John Lee Handcock, pétri de bons sentiments, vaudra selon toutes probabilités le prix de la meilleure actrice à Sandra Bullock, dans un rôle de madame personnalité. Bullock est plus une habituée des Razzi, les prix citrons de l'année, que des Oscar. Mais chez les meilleurs actrices, les nominations sont plutôt faibles cette année: Helen Miren, hystérique en épouse de Tolstoï dans The Last Station, Meryl Streep, en dessous d'elle-même dans l'insipide Julie & Julia, Gabourey Sidibe trop monolithique en fille abusée dans Precious quoique favorite de certains parce que Noire, obèse et très rectitude politique, Carey Mulligan, la jeune Britannique de An Education, juste mais sans grand éclat.
Autre nomination quasi assurée: Jeff Bridges, inoubliable chanteur country dans Crazy Heart (quatre nominations, jamais primé), mérite son lot du meilleur acteur. Davantage que George Clooney, drôle et punché mais peu profond dans Up in the Air, Colin Firth, quand même vibrant en homosexuel dans A Single Man ou Morgan Freeman en Nelson Mandela dans le décevant Invictus. Seul Jeremy Renner, le touchant démineur de The Hurt Locker, se révèle un concurrent solide pour Bridges.
Du côté des acteurs de soutien, l'Autrichien Christoph Waltz, déjà couronné à Cannes pour sa prestation exceptionnelle de féroce colonel nazi dans Inglorious Basterds de Tarantino, apparaît imbattable. On lui octroie sa statuette d'office.
Chez les actrices de soutien, deux concurrentes sérieuses: Anna Kendrick en jeune ambitieuse toute croche dans Up in the Air et Mo'Nique, la mère indigne de Precious. Penélope Cruz leur fait concurrence pour son rôle de femme d'à côté dans la comédie musicale ratée Nine, mais devrait repartir bredouille. Je mise sur Kendrick, mais Mo'nique l'aura peut-être.
Meilleur film d'animation: Sans doute Up, de Pete Docter, parce qu'il est aussi en nomination pour le meilleur film. Quoique Coraline, Fantastic Mr. Fox, The Princess and the Frog le mériteraient davantage. Meilleur film en langue étrangère: on choisit Un prophète du Français Jacques Audiard. À moins que Le Ruban blanc de l'Autrichien Michael Haneke, Palme d'or cannoise, ne remonte sur un autre gros podium. Les deux concurrents sont plein d'atouts. On réclame du suspense de toute façon.
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