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Efficace, oui, mais...

Odile Tremblay   27 février 2010  Cinéma

À retenir

    • Oscar et la dame rose
    • Réalisation et scénario: Éric-Emmanuel Schmitt, d'après son roman éponyme. Avec Michèle Laroque, Amir, Max Von Sydow, Mylène Demongeot, Amira Casar. Image: Virginie Saint-Martin. Musique: Michel Legrand. Montage: Philippe Bourgueil.
Après Odette Toulemonde en 2007, Oscar et la dame rose (grand succès) est le deuxième roman d'Éric-Emannuel Schmitt que l'écrivain et dramaturge français porte lui-même à l'écran. Déjà adapté par lui au théâtre, qui plus est. De dame rose en dame rose...

Le film est efficace, tire des larmes aux endroits choisis et assène des bons sentiments à la pelle. Le thème de l'enfant cancéreux en fin de course à l'hôpital, plus lucide que la plupart des adultes qui l'entourent, renferme toutes les charges d'émotion possibles. Elles sont au poste. Avec des moments émouvants, surtout grâce à la dynamique des enfants entre eux. Une volonté manifeste de s'aligner sur l'esthétique d'Amélie Poulain, sans la grâce du modèle, nuit au film, qui pâtit de la comparaison.

Michèle Laroque se montre énergique en dame rose mi-caustique, mi-tendre, seule capable de comprendre et d'amuser le petit leucémique. Le petit Amir, bon acteur malgré quelques fausses notes, peut jouer sur plusieurs gammes. Mais le grand Max Von Sydow en médecin navré et sensible, qui offre son intériorité et son coffre en partage, paraît exilé dans une production trop maladroite pour lui. Amira Casar (La vérité si je mens, Une vieille maîtresse), en infirmière trop rigide, se révèle sous-utilisée, tout comme les figures parentales.

Des libertés furent prises par rapport au livre. La dame rose, Odette (clin d'oeil au personnage proustien), se voit dotée d'un entourage et d'un emploi qui étoffent son profil. Un dénouement étiré jusqu'au cimetière remplace celui plus sobre du roman, ajoutant trop de scènes éplorées. Coproduction avec le Québec oblige, les scènes très kitsch de lutte féminine furent tournées ici, avec un Benoît Brière amusant en annonceur de combats, force couleurs acides, une dose de vulgarité et trop d'effets spéciaux qui beurrent épais. La réalisation du film, la musique, les effets apparaissent tellement appuyés qu'on soupire en réclamant quelques demi-teintes, mais le public, surtout très jeune, suivra peut-être, car les pleurs ne sont jamais loin. Efficace, oui, mais...

***

Oscar et la dame rose
Réalisation et scénario: Éric-Emmanuel Schmitt, d'après son roman éponyme. Avec Michèle Laroque, Amir, Max Von Sydow, Mylène Demongeot, Amira Casar. Image: Virginie Saint-Martin. Musique: Michel Legrand. Montage: Philippe Bourgueil.
 
 
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