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Entrevue avec Éric-Emmanuel Schmitt - Le romancier-cinéaste

Odile Tremblay   20 février 2010  Cinéma
Homme de théâtre prolifique et célébré, écrivain à succès de Ma vie avec Mozart et de L'Évangile selon Ponce Pilate, le Français Éric-Emmanuel Schmitt entendait décidément devenir homme-orchestre. «Cinéphile dans l'âme», précise-t-il. Ses romans Ibrahim et les fleurs du Coran et Le Libertin avaient déjà été portés au cinéma. Mais en adaptant en 2007 son Odette Toulemonde avec Catherine Frot dans le rôle-titre, il faisait ses premiers pas en tant que cinéaste.

L'aventure d'Oscar et la dame en rose débute à l'écriture. Jamais, en écrivant cette histoire d'un enfant condamné qu'une dame en rose entraîne dans les zones du merveilleux, il n'a cru faire un best-seller. Le livre fut adopté tant par les enfants que par le personnel soignant et traversa toutes les frontières.

«Chose certaine, ce roman était inadaptable. Alors, j'ai voulu moi-même m'y atteler après Odette. Bernard Pivot me mettait en garde: "On tire sur les écrivains qui font des films." De fait, la France est un pays paradoxal qui permet aux auteurs de tourner, mais les attend au détour.»

Chose certaine, Éric-Emmanuel Schmitt reçoit chez lui de bien meilleures critiques au théâtre et à l'édition qu'au cinéma.

«Un deuxième film est une étape importante, estime-t-il. J'avais peur de diriger des enfants. Pour incarner Oscar, 200 garçons ont participé aux auditions. Amir fut une révélation. Jamais je ne l'ai traité comme un enfant, mais comme un véritable acteur.» Pour entrer dans la peau du médecin, il a pu obtenir le concours du grand Max Von Sydow, qui appréciait son oeuvre littéraire.

L'écrivain-cinéaste a pensé tout de suite à Michèle Laroque pour jouer Rose. «Car elle possède à la fois le côté acide et humain.» Il a changé les contours de la dame en rose. De simple bénévole dans le roman, la voici devenue livreuse de pizza d'abord cynique, ensuite amadouée.

«La dame en rose du livre était parfaite, trop lisse pour le cinéma. De plus, seul le point de vue de l'enfant prévalait. J'ai voulu donner une vie, un environnement à cette femme, lui faire découvrir ses trésors cachés de générosité.»

Avec sa chef opératrice Virginie Saint-Martin, Éric-Emmanuel Schmitt a travaillé la couleur, la mariant aux clairs-obscurs, avec des épisodes à effets spéciaux. «Les scènes de lutte imaginaires ont été tournées au Québec, avec Benoît Brière en annonceur. L'équipe était formidable.»

Filmer la mort d'Oscar fut une expérience douloureuse pour les acteurs et même pour le cinéaste, qui déclare avoir beaucoup appris sur ce plateau, et comme scénariste en amont. Assez pour avoir envie de replonger à travers un scénario original, pur cinéma.

***

Coproduit au Québec, Oscar et la dame en rose prend l'affiche sur nos écrans vendredi

prochain.
 
 
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