Cinéma - L'année 2009 a ramené les spectateurs québécois devant leurs longs métrages
Photo : Alliance
Succès commercial de 2009: la comédie De père en flic d’Émile Gaudreault, 10,5 millions de recettes au guichet, rien de moins!
Année faste pour notre septième art maison, 2009? En tout cas, elle ramena plus nombreux les spectateurs devant leurs grands écrans, en plus de s'être révélée assez éclectique. Pour le meilleur et pour le pire, elle aura aussi tiré quelques surprises de son chapeau.
Succès commercial de 2009: la comédie De père en flic d'Émile Gaudreault, 10,5 millions de recettes au guichet, rien de moins. Un scénario pas bête, des gags réussis, plusieurs bons acteurs, dont Michel Côté, et quelques réflexions sur la masculinité qui tombaient pile-poil. Locomotive commerciale, De père en flic aura contribué à faire grimper les parts de marché du cinéma québécois à entre 11 et 12 % en 2009, comparativement au 9,3 % de 2008. Mais six autres films d'ici ont engrangé au moins un million en recettes au guichet. Les Doigts croches de Ken Scott au scénario amusant et complexe, Dédé à travers les brumes de Jean-Philippe Duval, porté surtout par la prestation remarquable de Sébastien Ricard, Polytechnique de Denis Villeneuve, si bien réalisé, À vos marques... Party (2) de Frédérick D'amours, Les Pieds dans le vide de Mariloup Wolfe et 5150, rue des Ormes d'Éric Tessier.
Ovni de l'année, J'ai tué ma mère de Xavier Dolan, réalisé à petit budget en partie à compte d'auteur est sans doute le film qui a fait couler le plus d'encre. Jeune inconnu de 20 ans, sans expérience cinématographique, le cinéaste a remporté trois prix à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, de nombreux autres sur la route des festivals étrangers, en plus de cartonner aux guichets québécois, frôlant le million de recettes en fin d'année: résultat énorme pour un film conçu hors de la grosse machine. Dolan a prouvé qu'il y avait moyen de travailler hors du système des subventions... et que la foi soulevait les montages.
Les cinéphiles ont eu quelques bons morceaux à se mettre sous la dent, dont Polytechnique de Denis Villeneuve, Before Tomorrow de Madeline Ivalu et Marie-Hélène Cousineau, Carcasses de Denis Côté, J'ai tué ma mère de Xavier Dolan, La Donation de Bernard Émond, Je me souviens d'André Forcier, Lost Song de Rodrigue Jean et quelques autres; certains ne récoltant qu'un succès d'estime sans casser la baraque du box-office, d'autres rejoignant un large public, mais prouvant qu'on pouvait encore tourner hors des ornières du «cartonne ou crève».
Parmi les grands échecs de l'année, on retrouve des productions à gros budgets éreintées par la critique, boudées par le public. On pense au très mauvais Bonheur de Pierre de Robert Ménard, à Cadavres d'Érik Canuel, quand même plus audacieux, à Grande Ourse - La Clé des possibles de Patrice Sauvé, en amalgame de genre privé d'âme, et à Pour toujours les Canadiens de Sylvain Archambault, qui mêlait tous les genres en une purée de pois promotionnelle à la gloire des Canadiens.
Psychodrame
Un bilan du cinéma québécois en 2009 serait incomplet sans son psychodrame. Toute la saga entourant la réorientation du complexe eXcentris sur le boulevard Saint-Laurent a nui à la cinéphilie montréalaise. Les films d'auteur trouvaient là-bas leur niche depuis dix ans.
Or en transformant deux des trois salles en tribunes de spectacle, le mécène-propriétaire Daniel Langlois a nui à la diffusion du septième art en nos terres. Plusieurs distributeurs sont devenus plus frileux et l'éventail des choix de films proposés est moins grand. Même si Langlois, devant l'échec de la nouvelle formule, entend remettre du cinéma au programme sur un des deux écrans sacrifiés, la plus grande des salles d'eXcentris n'est plus convertible. Et en attendant l'apparition de nouveaux complexes de cinéma — plusieurs projets sont sur la table —, le trou cinématographique, surtout en matière de grands films étrangers, demeure, hélas! béant.
Succès commercial de 2009: la comédie De père en flic d'Émile Gaudreault, 10,5 millions de recettes au guichet, rien de moins. Un scénario pas bête, des gags réussis, plusieurs bons acteurs, dont Michel Côté, et quelques réflexions sur la masculinité qui tombaient pile-poil. Locomotive commerciale, De père en flic aura contribué à faire grimper les parts de marché du cinéma québécois à entre 11 et 12 % en 2009, comparativement au 9,3 % de 2008. Mais six autres films d'ici ont engrangé au moins un million en recettes au guichet. Les Doigts croches de Ken Scott au scénario amusant et complexe, Dédé à travers les brumes de Jean-Philippe Duval, porté surtout par la prestation remarquable de Sébastien Ricard, Polytechnique de Denis Villeneuve, si bien réalisé, À vos marques... Party (2) de Frédérick D'amours, Les Pieds dans le vide de Mariloup Wolfe et 5150, rue des Ormes d'Éric Tessier.
Ovni de l'année, J'ai tué ma mère de Xavier Dolan, réalisé à petit budget en partie à compte d'auteur est sans doute le film qui a fait couler le plus d'encre. Jeune inconnu de 20 ans, sans expérience cinématographique, le cinéaste a remporté trois prix à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, de nombreux autres sur la route des festivals étrangers, en plus de cartonner aux guichets québécois, frôlant le million de recettes en fin d'année: résultat énorme pour un film conçu hors de la grosse machine. Dolan a prouvé qu'il y avait moyen de travailler hors du système des subventions... et que la foi soulevait les montages.
Les cinéphiles ont eu quelques bons morceaux à se mettre sous la dent, dont Polytechnique de Denis Villeneuve, Before Tomorrow de Madeline Ivalu et Marie-Hélène Cousineau, Carcasses de Denis Côté, J'ai tué ma mère de Xavier Dolan, La Donation de Bernard Émond, Je me souviens d'André Forcier, Lost Song de Rodrigue Jean et quelques autres; certains ne récoltant qu'un succès d'estime sans casser la baraque du box-office, d'autres rejoignant un large public, mais prouvant qu'on pouvait encore tourner hors des ornières du «cartonne ou crève».
Parmi les grands échecs de l'année, on retrouve des productions à gros budgets éreintées par la critique, boudées par le public. On pense au très mauvais Bonheur de Pierre de Robert Ménard, à Cadavres d'Érik Canuel, quand même plus audacieux, à Grande Ourse - La Clé des possibles de Patrice Sauvé, en amalgame de genre privé d'âme, et à Pour toujours les Canadiens de Sylvain Archambault, qui mêlait tous les genres en une purée de pois promotionnelle à la gloire des Canadiens.
Psychodrame
Un bilan du cinéma québécois en 2009 serait incomplet sans son psychodrame. Toute la saga entourant la réorientation du complexe eXcentris sur le boulevard Saint-Laurent a nui à la cinéphilie montréalaise. Les films d'auteur trouvaient là-bas leur niche depuis dix ans.
Or en transformant deux des trois salles en tribunes de spectacle, le mécène-propriétaire Daniel Langlois a nui à la diffusion du septième art en nos terres. Plusieurs distributeurs sont devenus plus frileux et l'éventail des choix de films proposés est moins grand. Même si Langlois, devant l'échec de la nouvelle formule, entend remettre du cinéma au programme sur un des deux écrans sacrifiés, la plus grande des salles d'eXcentris n'est plus convertible. Et en attendant l'apparition de nouveaux complexes de cinéma — plusieurs projets sont sur la table —, le trou cinématographique, surtout en matière de grands films étrangers, demeure, hélas! béant.
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