L'affaire Polanski examinée aujourd'hui en appel par la justice américaine
Los Angeles — Les avocats américains de Roman Polanski réclameront aujourd'hui en appel l'abandon des poursuites contre le cinéaste, assigné à résidence en Suisse dans l'attente de son éventuelle extradition pour une affaire de m¶urs datant de 30 ans.
L'audience se déroulera à 10h (18h GMT) à Los Angeles, à la Cour d'appel du second district de Californie.
Cet appel est une nouvelle tentative pour obtenir l'abandon des poursuites contre leur client, au motif qu'il n'aurait pas eu droit à une procédure pénale équitable à l'époque des faits, en 1977.
La requête avait été rejetée en première instance en mai dernier, en raison de l'absence du réalisateur à l'audience, le juge estimant qu'il ne pouvait faire valoir ses droits tant qu'il était en «fuite».
Roman Polanski, âgé de 76 ans, a en effet fui les États-Unis en 1978, avant le prononcé de sa sentence pour «relations sexuelles illégales» avec une mineure de 13 ans. Il n'est jamais retourné aux États-Unis, mais a été arrêté en Suisse en septembre sur mandat américain.
Après plus de deux mois derrière les barreaux, le cinéaste est désormais assigné à résidence dans son chalet de Gstaad, dans l'attente de son éventuelle extradition aux États-Unis, qu'il conteste.
L'audience d'aujourd'hui a été maintenue, mais son issue semble incertaine.
«M. Polanski veut probablement que ses avocats réclament l'abandon des charges contre lui, mais je pense que les juges seront plutôt intéressés par la possibilité de rejeter la procédure en appel elle-même, car tout a changé depuis que M. Polanski a été arrêté», a déclaré à l'AFP Jean Rosenbluth, professeure de droit à l'Université de Californie du Sud.
Les États-Unis ayant demandé en octobre l'extradition du cinéaste, «il y a une chance, à un moment ou un autre, que M. Polanski soit de retour aux États-Unis, et c'est à ce moment-là qu'il sera opportun de se demander s'il y a eu ou non des irrégularités de procédure et si les poursuites devraient être abandonnées», souligne-t-elle.
Selon Mme Rosenbluth, la Cour d'appel pourrait donc «réserver sa décision, reporter l'audience, ou rejeter l'appel et attendre que M. Polanski soit ramené aux États-Unis».
Sur le fond, la requête des avocats du cinéaste semble en outre fragilisée par le revirement d'un témoin, filmé dans le documentaire Roman Polanski: Wanted and Desired (Roman Polanski, recherché et désiré).
David Wells, un ancien procureur, y affirmait avoir discuté, à l'époque des faits, avec le juge chargé de l'affaire avant qu'il rende sa sentence, et que ce dernier lui avait dit que le cinéaste méritait la prison, une grave faute de procédure.
Or M. Wells a déclaré fin septembre avoir «menti» à l'auteur du documentaire.
«Je pense que les avocats de M. Polanski vont avoir du mal à utiliser les mêmes arguments, maintenant que l'un des principaux témoins a reconnu avoir menti», observe Mme Rosenbluth.
Fin octobre, les avocats de la victime, Samantha Geimer, avaient réclamé de leur côté à la justice californienne l'abandon des poursuites contre le cinéaste, invoquant notamment le harcèlement de leur cliente par les médias. La procédure est toujours en cours.
L'audience se déroulera à 10h (18h GMT) à Los Angeles, à la Cour d'appel du second district de Californie.
Cet appel est une nouvelle tentative pour obtenir l'abandon des poursuites contre leur client, au motif qu'il n'aurait pas eu droit à une procédure pénale équitable à l'époque des faits, en 1977.
La requête avait été rejetée en première instance en mai dernier, en raison de l'absence du réalisateur à l'audience, le juge estimant qu'il ne pouvait faire valoir ses droits tant qu'il était en «fuite».
Roman Polanski, âgé de 76 ans, a en effet fui les États-Unis en 1978, avant le prononcé de sa sentence pour «relations sexuelles illégales» avec une mineure de 13 ans. Il n'est jamais retourné aux États-Unis, mais a été arrêté en Suisse en septembre sur mandat américain.
Après plus de deux mois derrière les barreaux, le cinéaste est désormais assigné à résidence dans son chalet de Gstaad, dans l'attente de son éventuelle extradition aux États-Unis, qu'il conteste.
L'audience d'aujourd'hui a été maintenue, mais son issue semble incertaine.
«M. Polanski veut probablement que ses avocats réclament l'abandon des charges contre lui, mais je pense que les juges seront plutôt intéressés par la possibilité de rejeter la procédure en appel elle-même, car tout a changé depuis que M. Polanski a été arrêté», a déclaré à l'AFP Jean Rosenbluth, professeure de droit à l'Université de Californie du Sud.
Les États-Unis ayant demandé en octobre l'extradition du cinéaste, «il y a une chance, à un moment ou un autre, que M. Polanski soit de retour aux États-Unis, et c'est à ce moment-là qu'il sera opportun de se demander s'il y a eu ou non des irrégularités de procédure et si les poursuites devraient être abandonnées», souligne-t-elle.
Selon Mme Rosenbluth, la Cour d'appel pourrait donc «réserver sa décision, reporter l'audience, ou rejeter l'appel et attendre que M. Polanski soit ramené aux États-Unis».
Sur le fond, la requête des avocats du cinéaste semble en outre fragilisée par le revirement d'un témoin, filmé dans le documentaire Roman Polanski: Wanted and Desired (Roman Polanski, recherché et désiré).
David Wells, un ancien procureur, y affirmait avoir discuté, à l'époque des faits, avec le juge chargé de l'affaire avant qu'il rende sa sentence, et que ce dernier lui avait dit que le cinéaste méritait la prison, une grave faute de procédure.
Or M. Wells a déclaré fin septembre avoir «menti» à l'auteur du documentaire.
«Je pense que les avocats de M. Polanski vont avoir du mal à utiliser les mêmes arguments, maintenant que l'un des principaux témoins a reconnu avoir menti», observe Mme Rosenbluth.
Fin octobre, les avocats de la victime, Samantha Geimer, avaient réclamé de leur côté à la justice californienne l'abandon des poursuites contre le cinéaste, invoquant notamment le harcèlement de leur cliente par les médias. La procédure est toujours en cours.
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