Dernier adieu à Gilles Carle
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Chloé Sainte-Marie
Bien avant le début de la cérémonie, la Basilique Notre Dame était pleine à craquer. Le milieu du cinéma, de la politique, les admirateurs aussi venaient dire adieu à Gilles Carle, plusieurs en s’essuyant les yeux.
Puis le silence s’est fait. Dans l’allée, le cercueil montait, porté par les frères Donald et Daniel Pilon, Yvon Barrette, Yvon Allaire, René Blouin, Micheline Lanctôt, Raymond Cloutier, Anne Létourneau . À la fois ses créatures et ses vieux amis, émergeant de ses films, quelques décennies plus tard l’accompagnaient au tombeau.
Lumineuse, Chloé Sainte-Marie, la compagne des 27 dernières années, suivait, et les enfants de Gilles Carle, cette garde rapprochée qui l’aura assisté jusqu’à son dernier souffle dans la longue descente de la maladie de Parkinson.
Chloé avait voulu la cérémonie sereine, presque festive, sauf que dans ce décor religieux si imposant et fastueux, sous les accents du Quatuor à cordes Molinari, les funérailles nationales de Gilles Carle, animées par Jacques Lacoursière, conservaient un côté solennel. Pas de messe, mais des relents de rituel, et les rosaces bleues pour recueillir les voeux.
Beaucoup d’accent fut placé sur les dix dernières années, avec le courageux combat du cinéaste, mais aussi sur celui de Chloé Sainte-Marie, qui avait impressionné tout le monde par son dévouement. Elle reçut également son poids d’hommages.
Plusieurs se sont relayés au micro; le premier ministre Jean Charest saluant en lui le père du cinéma québécois, mais aussi le fondateur du Québec moderne, à l'heure où sa société se défaisait de ses dogmes. De Charles Binamé à Bruno Roy, de Gilles Landry à Romeo Saganash, ils ont salué le pionnier et l’artiste.
Son amour de la beauté, son humour, sa culture, la liberté de Gilles Carle furent mis en lumière par un concert de voix. Et la présence autochtone très marquée a contribué à donner un parfum de poésie à la cérémonie. Joséphine Bacon, après quelques phrases en Innu, dit de fort belles choses, dont: «Chloé t’a porté sur ses épaules jusqu’au dernier campement. Une terre où il n’y a pas de douleur. Il n’y a pas de chagrin…»
Quand Chloé chanta, ce fut un moment merveilleux, lorsque les interprètes des films de Gilles sont montés en avant aussi. Ils étaient tous là, dont Carole Laure accourue de Paris. Des extraits de ses films furent présentés. Il était presque là.
Scène apparemment sortie d’une comédie de Gilles Carle, et dont le cinéaste se serait délecté: la sortie du sculpteur Armand Vaillancourt (qui n’en manqué pas une), venu au micro demander une enquête sur le crime organisé, réclamer l’indépendance du Québec et la liberté d’expression dans sa totalité.
Non, Le cineaste n’aurait pas désavoué ce couac savoureux…
Puis le silence s’est fait. Dans l’allée, le cercueil montait, porté par les frères Donald et Daniel Pilon, Yvon Barrette, Yvon Allaire, René Blouin, Micheline Lanctôt, Raymond Cloutier, Anne Létourneau . À la fois ses créatures et ses vieux amis, émergeant de ses films, quelques décennies plus tard l’accompagnaient au tombeau.
Lumineuse, Chloé Sainte-Marie, la compagne des 27 dernières années, suivait, et les enfants de Gilles Carle, cette garde rapprochée qui l’aura assisté jusqu’à son dernier souffle dans la longue descente de la maladie de Parkinson.
Chloé avait voulu la cérémonie sereine, presque festive, sauf que dans ce décor religieux si imposant et fastueux, sous les accents du Quatuor à cordes Molinari, les funérailles nationales de Gilles Carle, animées par Jacques Lacoursière, conservaient un côté solennel. Pas de messe, mais des relents de rituel, et les rosaces bleues pour recueillir les voeux.
Beaucoup d’accent fut placé sur les dix dernières années, avec le courageux combat du cinéaste, mais aussi sur celui de Chloé Sainte-Marie, qui avait impressionné tout le monde par son dévouement. Elle reçut également son poids d’hommages.
Plusieurs se sont relayés au micro; le premier ministre Jean Charest saluant en lui le père du cinéma québécois, mais aussi le fondateur du Québec moderne, à l'heure où sa société se défaisait de ses dogmes. De Charles Binamé à Bruno Roy, de Gilles Landry à Romeo Saganash, ils ont salué le pionnier et l’artiste.
Son amour de la beauté, son humour, sa culture, la liberté de Gilles Carle furent mis en lumière par un concert de voix. Et la présence autochtone très marquée a contribué à donner un parfum de poésie à la cérémonie. Joséphine Bacon, après quelques phrases en Innu, dit de fort belles choses, dont: «Chloé t’a porté sur ses épaules jusqu’au dernier campement. Une terre où il n’y a pas de douleur. Il n’y a pas de chagrin…»
Quand Chloé chanta, ce fut un moment merveilleux, lorsque les interprètes des films de Gilles sont montés en avant aussi. Ils étaient tous là, dont Carole Laure accourue de Paris. Des extraits de ses films furent présentés. Il était presque là.
Scène apparemment sortie d’une comédie de Gilles Carle, et dont le cinéaste se serait délecté: la sortie du sculpteur Armand Vaillancourt (qui n’en manqué pas une), venu au micro demander une enquête sur le crime organisé, réclamer l’indépendance du Québec et la liberté d’expression dans sa totalité.
Non, Le cineaste n’aurait pas désavoué ce couac savoureux…
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