mardi 7 février 2012 Dernière mise à jour 22h03
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Gilles Carle 1929-2009 - L'oeil phare de nos libérations s'éteint

Odile Tremblay   30 novembre 2009  Cinéma
Gilles Carle était à la fois cinéaste, scénariste, producteur, réalisateur publicitaire et peintre. Il est décédé samedi des suites de la maladie de Parkinson qui l’avait laissé diminué depuis des années.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Gilles Carle était à la fois cinéaste, scénariste, producteur, réalisateur publicitaire et peintre. Il est décédé samedi des suites de la maladie de Parkinson qui l’avait laissé diminué depuis des années.
Ces dernières années, on le voyait se faire trimballer lors des lancements, des hommages, dans son fauteuil roulant, muet depuis cinq ans, le corps affaissé, sans plaintes ni gémissements. Sa fidèle compagne, Chloé Sainte-Marie, qui nous aura épatés par son courage, disait chaque fois: «Il comprend tout. Il vous voit.» Elle avait ses codes à elle pour le saisir. On détournait parfois le regard, peinés, désemparés, secoués par des élans d'impuissance devant la déchéance physique du géant des écrans, qui enfanta nos rêves et nos détresses à l'heure où le Québec se réinventait.

Était-ce bien notre Gilles Carle aux yeux bleus de capitaine au long cours et à la crinière léonine, si fier, si créatif, si brillant, populiste parmi les bourgeois, érotomane et poète burlesque, l'amoureux du Carré Saint-Louis et de l'île Verte? Ce même cinéaste phare qui nous disait jadis: «Je tourne juste pour rester vivant», le voici mort à 80 ans. Achevé par la maladie de Parkinson, sournoise, qui l'avait claquemuré dans sa chair. Chloé, ses enfants, ses amis, ses admirateurs l'auront vu dépérir de mois en mois. Puisse-t-il trouver en quelque éther la délivrance!

Une trentaine de courts et longs métrages dans une oeuvre foisonnante, passionnée, à l'écoute d'une société émergeant du giron religieux. Son oeil fut témoin et révélateur de toutes nos fractures.

Il ne vieillira pas dans La maison d'hébergement Gilles-Carle, inaugurée le 7 novembre dernier à Saint-Paul-d'Abbotsford, par sa compagne, qui s'était battue bec et ongles afin d'ériger ce centre destiné aux personnes en perte d'autonomie. Son nom servira là-bas de bannière.

Gilles Carle, qui aura droit à des funérailles nationales, s'étonnait toujours, lui si anticonformiste, de recueillir les honneurs, voire d'avoir bel et bien une oeuvre derrière lui.

Il en aura reçu, des distinctions pourtant, du prix Albert-Tessier, à la Légion d'honneur française, à une pluie de prix Génie, sans compter le reste. Si longtemps accueilli à Cannes, où six de ses films furent projetés. En compétition en 1972 avec sa merveilleuse Vraie Nature de Bernadette dans lequel irradiait Micheline Lanctôt, en âme généreuse aux ailes brisées par la médiocrité du monde. Il remportera sur la Croisette en 1989 la palme d'or du meilleur court métrage avec 50 ans, sur le parcours de l'ONF.

Depuis la sortie des Mâles en 1970 à Paris dans un cinéma porno, accueilli par une presse française enthousiaste, la France l'avait adopté, tout comme sa muse, la belle Carole Laure. Gilles Carle a fait rayonner notre septième art dans nos frontières et hors Québec, avec ce dosage d'humour, de fantaisie, de grivoiserie, de lyrisme, d'imagination folle et cette quête d'une identité fuyante, récoltée parfois sur les traces d'un père enfui, comme dans l'emblématique Mort d'un bûcheron.

Carole Laure, avec six longs métrages en tandem, évoquait hier la mémoire de celui qui changea son destin: «Cultivé, passionné, pédagogue, témoin attentif de sa société. Il m'a tout appris!»

Il jugeait notre cinéma timoré en général, lui qui brisait tous les moules. Macho et féministe, libérant ses héroïnes ou les cassant, montrant leur exploitation, épris des femmes et des actrices, dont plusieurs furent ses compagnes. Avec surtout Carole Laure dont il fut le mentor et l'amoureux des années 70, puis sa dernière muse Chloé, pourtant éreintée par la critique en 1986 dans La Guêpe et Carle avec elle. Le cinéaste, bon prince, nous avouait avoir énormément appris de cet échec, et se pencher davantage sur le style des critiques que sur leurs flèches assassines... Mais le coup fut rude.

Du Viol d'une jeune fille douce en 1968, à Pudding Chômeur, en passant par La Vraie Nature de Bernadette, La Mort d'un bûcheron, La Tête de Normande Ste-Onge, Fantastica, Maria Chapdelaine, etc., que de femmes il aura placées au bord du gouffre ou à la tête des eaux, entre écrasement et libération, ou vice-versa! Même les acteurs qu'il mit en scène, dont Donald Pilon, un de ses interprètes fétiches, en Métis aux prises avec la société dominante dans Red en 1969, eurent droit souvent aux rôles de déchirement. Et comment oublier l'adaptation grandiose des Plouffe de Roger Lemelin en 1981, fresque demeurée culte?

Carle se destinait à la science, à la littérature ou aux arts visuels — il avait étudié à l'École des beaux-arts de Montréal —, mais fit son entrée au cinéma dans un ONF en ébullition, à travers des courts métrages documentaires. C'est l'extraordinaire Vie heureuse de Léopold Z, faux documentaire sur le déneigement détourné en fiction touchante et libertaire, qui le révélera en 1965. Carle quittera l'Office National du film l'année suivante, faute de pouvoir réaliser les fictions dont il rêvait. C'est en tandem avec Pierre Lamy qu'il produisit plusieurs films témoins de l'éclatement de la Révolution tranquille, mais aussi des séquelles des années de noirceur, dont La Mort d'un bûcheron, à cheval sur nos racines et nos libérations, premiers pas dans ses films de la jeune Carole Laure.

De son Maniwaki natal, en pleine Abitibi où il naquit en 1929 dans un milieu modeste, d'une jeunesse plus tard à Rouyn-Noranda en découvrant le cinéma avec enchantement, il aura conservé une liberté et un amour de la nature que ce Métis algonquin ne dédaignait pas attribuer à ses racines autochtones.

Cinéaste, scénariste, producteur, réalisateur publicitaire aussi, également peintre montrant le même humour hirsute que dans ses films, il s'est voulu un créateur populaire avant tout. Même dans certains documentaires, genre dans lequel il excellait, tels Ô Picasso, Cinéma, Cinéma, Vive Québec, aux montages fous et libres. Mais son meilleur documentaire fut en 1982 Jouer sa vie, incursion dans l'univers des joueurs d'échecs, qui connut un retentissement international très mérité.

En fin de course, ses fictions s'essoufflaient. La Guêpe, La Postière et Pudding Chômeur ne furent pas ses meilleurs coups, tant s'en faut, mais Carle se battait pour continuer, contre les institutions souvent. Il n'aura jamais pu faire son film sur La Corriveau qui l'inspirait si fort.

Charles Binamé avait réalisé en 2006 l'émouvant documentaire Gilles Carle ou l'indomptable imaginaire, pas de deux entre cinéaste diminué et sa lumineuse Chloé face aux beautés de l'île Verte.

Aujourd'hui, tous ces Gilles Carle de lumière et d'ombre se réconcilient, face au rôle immense qu'il joua en propulsant au cinéma un Québec tout écartillé. Sa mémoire nous remonte à la gorge. Parti déjà? Parti enfin au bout de ses souffrances? Ou bien retrouvé à l'heure des bilans et des discours avec six millions de mercis?
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Lapirog
    Abonné
    lundi 30 novembre 2009 06h28
    Votre hommage à Gilles Carle: le plus beau témoignage de tous!
    Je crois que vous avez écrit avec tout le talent que vous possédez pour le faire, le plus juste et le plus beau témoignage qu'il m'est été de lire depuis l'annonce de la mort de Gilles Carle qui fut un de mes concitoyens pendant sa jeunesse à Rouyn ville-boomtown particulièrement folle à cette époque.
    Il fut le premier et le plus important de nos cinéastes à décrire les gens du peuple avec leurs défauts et qualités propres sans fart et sans artifices.
    LA MORT D'UN BUCHERON me semble le plus accompli de ses films truculents et éclatés dans lequel Willie Lamothe se révèle un acteur extraordinaire, lui qui fut à cette époque, plus souvent qu'à son tour ridiculisé par une certaine élite bien pensante.
    Carle est en quelque sorte notre Fellini en format différent.

  • Andrew Savage
    Inscrit
    lundi 30 novembre 2009 10h17
    Adieu Gilles Carle
    Mes condoléances à madame Chloé St-Marie, cette touchante et remarquable exception, ainsi qu'à sa famille.
    Mille bravos pour votre hommage senti, madame Tremblay.
    Il disait que Bernadette c'était lui ; comme madame Bovary était Flaubert,
    Si Falardeau abhorait l'aliénation, Carle, lui, exécrait l'exploitation.
    Deux cinéastes, deux facettes : une seule nation.

  • Godefroy
    Abonné
    lundi 30 novembre 2009 10h30
    Bravissimo
    Merci M. Carle, vous êtes notre Fellini.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 30 novembre 2009 10h54
    Gilles Carle : une immense contribution au cinéma québécois qui a été un peu oubliée
    Sans doute en raison du nombre important de films remarquables produits depuis quelques années par nos cinéastes (pensons à C.R.A.Z.Y., Maurice Richard, Gaz Bar Blues, La Neuvaine, Congorama et bien d'autres), on a un peu oublié l'immense contribution de Gilles Carle au 7e art chez nous.

    Dans les années 60, mis à part peut-être pour le documentaire, le cinéma québécois se cherchait. Il faut dire que les sources de financement étaient alors bien limitées. Souvent, les cinéastes devaient utiliser leur argent personnel pour payer une partie importante de leurs films.

    Comme Claude Jutra (Mon Oncle Antoine et Kamouraska), grâce à son grand talent de créateur et sa débrouillardise, Carle aura su, durant cette même décennie et par la suite dans les années 70, donner un nouveau souffle à notre cinéma en réalisant plusieurs films de fiction de grande qualité et destinés à un large public.

    Mentionnons ici La Vie heureuse de Léopold Z, Red, Les Mâles, La Mort du bûcheron, La Vraie Nature de Bernadette et Les Corps célestes....

    Merci à Gilles Carle pour ces oeuvres qu'on a toujours plaisir à revoir !

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    lundi 30 novembre 2009 11h05
    Quel hommage !
    Chaque écrit d'Odile Tremblay est un bijou en soi. Mais ici l'écrivaine achevée qu'elle est s'efface devant le plus grand cinéaste québécois. Et cela nous donne à contempler un hommage qui mérite de traverser les siècles.

    Merci à Madame Tremblay et longue vie à sa lumineuse Chléo !

    Jean-Pierre Audet

  • Louis Lapointe
    Abonné
    lundi 30 novembre 2009 11h34
    L’univers toujours vivant de Gilles Carle
    1914, la Première Guerre est déclenchée. Mon grand père, un jeune instituteur devient malgré lui agent d’enrôlement dans le village de St-Maurice, comté de Champlain en Mauricie. Cela lui permettra de se forger une nouvelle identité et de fuir vers l’Abitibi. Sous le nom de Jos Bourgeois, le nom de son cousin décédé, il embarque sur le train en direction d’Amos où avec ses frères il défrichera les plus belles terres de son rang à St-Mathieu. Mes ancêtres Lapointe ont toujours été agriculteurs et laitiers depuis leur arrivée en Nouvelle-France au milieu du 17e siècle.

    En 1926, mon grand-père quitte Amos pour fonder la première laiterie industrielle de Rouyn-Noranda où mon père Roland naîtra quelques mois plus tard. Ils passeront le premier hiver dans un camp en bois rond. Avec ses frères, mon grand-père pasteurisera le lait, fabriquera de la crème glacée et du beurre. À cause de la mine Horne, la ville grossira rapidement et mon grand père aura constamment besoin de nouveaux employés. En 1935, il engagera Georges Carle, un beurrier de la région de Maniwaki. L’avenir des familles Lapointe et Carle sera alors définitivement scellé. Mon père deviendra le meilleur ami de Guy Carle, le frère aîné de Gilles et mon oncle Guy Lapointe mariera la soeur de Gilles, Madeleine.

    Malgré leur amitié, jamais mon père n’acceptera de faire partie du clan de Guy et Gilles Carle. Il aura le sien avec ses hommes forts et ses propres rites d’initiation. Mon père se voit déjà à la tête de la plus grosse laiterie de Rouyn-Noranda, où il succédera à mon grand-père. Les choses ne se passent malheureusement pas comme il le souhaitait. Malgré les insistances de mon grand-oncle, préfet du comté de St-Maurice et homme de main de Maurice Duplessis, mon grand-père refusera pour des raisons morales de devenir l’agent officiel de Nil Larrivière, candidat de l’Union-Nationale dans le comté de Rouyn-Noranda. Le chef sera impitoyable, mon grand-père se verra refuser le renouvellement de son permis et perdra sa laiterie qui sera reprise par des amis du régime, les Dallaire.

    Croyant ne plus avoir d’avenir à Rouyn-Noranda, comme Gilles et Guy Carle, mon père partira pour le sud de la province afin de compléter ses études. Après avoir terminé son cours classique à l’Académie de Québec, il s’inscrit aux HEC. C’est là qu’il rencontre son ami le poète et cinéaste Pierre Perrault. S’estimant trop à l’étroit dans cette école, d’un commun accord, ils quittent tous les deux la même journée. Perrault s’inscrira en droit, mon père entrera à la Banque Royale.

    À l’invitation des frères Carle, mon père participe aux activités du Cercle de la Nouvelle-France, l’ancêtre de l’Hexagone, où il fait la connaissance de Gaston Miron, Olivier Marchand, de mon oncle Jacques Plessis-Bélair et de sa sœur Andrée qui lui présentera ma mère Simone. Guy Carle y rencontrera également sa future épouse, Marcelle Cusson.
    En 1965, mon père quitte Montréal et la Banque Royale et revient à Rouyn-Noranda pour devenir gérant de la Caisse populaire. Il le demeurera jusqu’à sa retraite en 1987. Son ami Guy Carle l’a précédé à Rouyn quelques années plus tôt où il deviendra gérant de la ville à l’instigation de mon père. Je le revois encore déroulant les grandes cartes de la Ville, parlant fièrement de son plan directeur. Une ville qu’il avait déjà secrètement cartographiée dans sa jeunesse avec son frère Gilles, changeant tous les noms des rues pour confondre ses ennemis.

    Sans le savoir, comme les habitants du Plateau Mont-Royal habitent l’univers de Michel Tremblay, nous habitions l’univers de Gilles Carle et côtoyions chaque jour tous ses personnages. À l’époque de notre arrivée en 1965, Rouyn était un vaste terrain de jeu dont le cap d’Ours constituait le principal lieu mythique. Les rues Principale et Perreault en étaient demeurés le centre d’attraction et la cabane inclinée du père Bissonnette, celui de Lise Bissonnette, une véritable caverne d’Alibaba.

    Nous découvrions alors la ferme de Guy Carle, à quelques kilomètres de la ville, qui était une sorte de microcosme. Un monde fascinant avec le même esprit que nous allions retrouvé plus tard dans les films de Gilles Carle. Entouré de sa femme Marcelle et ses enfants Daniel, Pierre, François, Élizabeth et Patrice, Guy Carle avait reproduit la partie magique de l’univers de jeunesse de Gilles avec ses campements, ses chiens, chats, poules, chevaux, la petite chasse, les collets à lièvres, les chutes, les sentiers, la colline, le boisé, la « slam » de mine de l’autre côté de la montagne. Un monde à la fois réel et imaginaire auquel m’initiait Pierre, le deuxième fils de Guy, qui fût longtemps mon meilleur ami.

    L’univers que décrit Gilles Carles dans Les Mâles, Les Plouffe, Maria Chapdelaine, c’est celui de mes grands-parents, de mon père, c’est devenu le mien un jour de mai 1965. Les corps Céleste, c’est celui de mon beau-père Conrad Morasse, celui de Duparquet, ville ouverte, là où a vécu pendant quelques années ma future épouse, Ginette. Étonnamment, même si mon beau-père n’a jamais rencontré Gilles Carle, il n’en est pas moins un personnage très « carlien », dans le plus pur sens du terme, avec sa propre vie qu’il mène à sa guise. Un chasseur invétéré et un véritable patenteux qui a passé une partie de sa jeunesse dans les camps de bûcherons du nord de l’Abitibi. Lui et son restaurant, la Morasse Poutine, sont devenus des références incontournables à Rouyn-Noranda.

    Les modèles se répètent. Tous ceux qui ont connu les frères Carle, savent que le duo des frères Daniel et Donald Pilon, c’est le duo Guy et Gilles. C’est aussi les deux plus vieux fils de Guy, Daniel et Pierre. L’humour des Pilon est celui des frères Carle. Les défis qu’ils se lancent constamment sont ceux des frères Carle. Leur vision des femmes est celle des frères Carle.

    Il y a quelques années de cela, alors que Gilles, Gaston Miron, mon oncle Guy Lapointe et mon père étaient réunis dans un petit café de la rue St-Denis, Gilles a raconté qu’il s’était inspiré de mon père pour créer le personnage d’Ovide dans les Plouffe, un personnage auquel je m’étais immédiatement identifié, tant il m’était familier.

    Ce modèle-là s’est aussi répété. Lorsqu’Ovide dit qu’il n’« y a pas de place, nulle part, pour les Ovide Plouffe du monde entier », je ne peux faire autrement que de penser à ma propre situation. Mon père disait de Gilles qu’il avait un regard différent des autres, qu’il ne regardait pas le monde du même œil, qu’il percevait les archétypes en chacun de nous. C’était là sa plus grande qualité. C’est grâce à ses personnages véridiques qu’il nous touchait, qu’il nous influençait.

    Quand je suis allé accueillir le prince Charles il y a quelques semaines à la caserne des Black Watch, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Ovide et à Guillaume Plouffe dans la scène du passage du couple royal à Québec, à mon père qui avait lui-même reçu Pierre Trudeau avec des œufs et des tomates à Rouyn en 1968, même s’il était alors un notable de la place. Un secret qu’il nous a longtemps caché.

    Quand j’ai serré la main de Patrick Bourgeois, je me suis rappelé de mon grand-père, Jos Bourgeois, alias Rodolphe Lapointe, qui, en remettant en cause l’ordre des choses, avait, dans une certaine mesure, changé le cours de l’histoire et permis cette rencontre entre les Carle et les Lapointe, sans qui mes cousins Philippe et Martin n’existeraient pas, probablement moi non plus d’ailleurs. Qui aurait présenté mon père à ma mère sans cette amitié né à Rouyn-Noranda en Abitibi ?

    http://www.vigile.net/L-univers-toujours-vivant-de

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
6 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012