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    Gilles Carle 1929-2009 - Amis et politiciens rendent hommage au cinéaste disparu

    30 novembre 2009 |Marco Bélair-Cirino | Cinéma
    Chloé Sainte-Marie et Gilles Carle dans le film de Charles Binamé intitulé Gilles Carle ou l’indomptable imaginaire
    Photo: Équinoxe films Chloé Sainte-Marie et Gilles Carle dans le film de Charles Binamé intitulé Gilles Carle ou l’indomptable imaginaire
    Alors que les proches du cinéaste Gilles Carle étaient secoués par la perte du créateur qui a marqué la culture québécoise, le premier ministre Jean Charest a annoncé samedi la tenue de funérailles nationales pour honorer «un des cinéastes les plus marquants du Québec», décédé dans la nuit de vendredi à samedi.

    «C'est un homme qui, dans l'histoire de notre cinéma, a vraiment fait le pont entre le début de notre cinéma et le cinéma moderne au Québec. Alors, on a voulu faire des funérailles nationales pour souligner cette contribution unique», a déclaré Jean Charest, à l'Opéra de Lyon, où il se voyait remettre un doctorat honorifique. «[C'est] un homme qui a transformé le cinéma québécois. Il a vraiment été le passage vers le cinéma moderne au Québec. Il a fait des films aussi qui ont été identitaires pour nous. Des films qui ont beaucoup frappé l'imaginaire des Québécois», a-t-il ajouté.

    La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a quant à elle souligné l'indépendance d'esprit de Gilles Carle qui a toujours refusé de se plier aux exigences et aux standards que l'industrie cinématographique voulait lui imposer, «préférant créer en toute liberté».

    Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois, a à son tour rendu hommage hier au cinéaste. «C'est un grand créateur: 63 films, c'est imposant. Il a témoigné de l'histoire du Québec. Le film que j'ai le mieux aimé, c'est Les Plouffe. Ovide est parmi les précurseurs de la Révolution tranquille. Il y a une scène très belle avec sa mère. Il dit: "il n'y a pas de place ici pour tous les Ovide du monde". C'était ça, les gens qui se sentaient bafoués par une morale obscurantiste. Ces gens-là ont persévéré et ça a donné la Révolution tranquille. Et Carle vient nous dire, après la Révolution tranquille, que le plus célèbre, c'est rendu Ovide, qui était le moins célèbre des années cinquante. Ça, ça marque l'évolution du Québec.»


    Chloé Sainte-Marie

    La compagne du cinéaste, Chloé Sainte-Marie, a indiqué sur les ondes de RDI qu'elle était secouée par le décès de l'homme de sa vie. «Cette semaine, je lui parlais, [...] je lui racontais nos beaux moments à l'île Verte. On s'est remémoré ensemble toute notre vie, nos 27 ans de vie», a relaté la chanteuse et actrice. «Le plus gros drame de ma vie, c'est qu'il ne parlait plus depuis les cinq dernières années», a-t-elle fait remarquer, soulignant que Gilles Carle communiquait grâce au dessin et avec son regard.

    Chloé Sainte-Marie, qui était devenue l'aidante naturelle du cinéaste, a également souligné qu'il était important pour elle de savoir que les funérailles de son défunt conjoint seront «une fête populaire». Selon elle, ce sera une occasion pour les Québécois de dire à l'artiste combien ils l'ont aimé.


    Autres témoignages

    C'est dans La Mort d'un bûcheron que l'actrice Carole Laure, qui partagera quatre années de sa vie avec Gilles Carle, tient son premier grand rôle. La complicité qu'elle a eue avec le réalisateur et leur collaboration furent déterminantes pour la suite de sa carrière. «Il était pédagogue, adorait communiquer, très drôle aussi, cultivé, intelligent, avec une imagination débordante, parlant de la libération de la femme. Jamais il n'a versé dans le misérabilisme, une approche qu'il avait en horreur pour le Québec. Si j'ai fait du cinéma, c'est à cause de lui. Si la France m'a accueillie, c'est aussi à cause de lui. Même après notre séparation, malgré sa tristesse, il a continué à travailler avec moi, m'a conservé son amitié», a déclaré Carole Laure hier.

    Le comédien Donald Pilon, qui a interprété plusieurs rôles dans les films de Gilles Carle, a souligné à La Presse canadienne la grande influence que le cinéaste avait eue dans sa vie. «Sans Gilles Carle, vous ne m'appelleriez pas parce que je ferais probablement quelque chose d'autre dans la vie», a dit l'acteur, ajoutant que sa mort représentait pour lui une «grande perte».

    Le député du Parti québécois et ancien acteur, Pierre Curzi, avait 32 ans lorsqu'il a tourné dans le film Les Plouffe. «Gilles a joué un rôle majeur dans ma vie professionnelle, et dans ma vie tout court», a lancé M. Curzi, soulignant que ce rôle avait marqué le coup d'envoi de sa carrière cinématographique. «Il comprenait les rapports de création du cinéma et, comme c'était un joueur d'échecs, il savait mettre en place toutes les pièces de son jeu pour réussir à faire l'oeuvre qu'il avait en tête», a-t-il fait remarquer.

    Selon Pierre Curzi, ceux qui aimaient Gilles Carle entretenaient une relation compliquée avec le cinéaste depuis le début de sa maladie «parce qu'on savait que son esprit était vivant, mais que son corps et ses moyens d'exprimer ce qu'il était, son intelligence, étaient cadenassés».

    Une opinion que partage la comédienne Micheline Lanctôt, qui se souvient de lui comme d'un artiste formidable doté d'une imagination extravagante. «Quand on a connu Gilles dans sa verve, dans sa vigueur, dans son effervescence, le voir confiné dans une chaise roulante et muet, c'était absolument insupportable», a-t-elle souligné, visiblement très ébranlée par la mort de celui qui lui avait confié le rôle de Bernadette dans La Vraie Nature de Bernadette.

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    Avec la collaboration d'Odile Tremblay et Antoine Robitaille

    Avec La Presse canadienne
    Chloé Sainte-Marie et Gilles Carle dans le film de Charles Binamé intitulé Gilles Carle ou l’indomptable imaginaire Micheline Lanctôt dans La vraie nature de Bernadette (1972) Un autoportrait du peintre Gilles Carle












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