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Le couple terroriste

Jérôme Delgado   21 novembre 2009  Cinéma

À retenir

    • L'art en action
    • Écrit et réalisé par Magnus Isacsson.
    • Avec Pierre Allard et Annie Roy.
    • Image: Simon Bujold. Montage: Louise Côté.
    • Québec, 2009, 68 minutes.
Pauvreté, pollution, surconsommation, les combats de l'Action terroriste socialement acceptable (ATSA) ratissent large. Rien d'étonnant que le documentariste Magnus Isacsson s'y soit intéressé, lui qui est l'auteur d'innombrables coups de gueule depuis 1991 (Uranium, Un syndicat avec ça?, Bataille de Rabaska). Quelque part, le collectif, qui sème la terreur dans nos routines de consommateurs aveugles et insouciants, est l'alter ego du cinéaste.

Malgré un survol de plus de dix ans de création, de la Banque à bas (1997), des interventions les plus spectaculaires (la série Attentat et son VUS calciné) aux plus discrètes (les panneaux historiques des Frag), L'Art en action n'est pas un film sur l'oeuvre de l'ATSA. S'il s'attarde amplement à l'oeuvre État d'urgence, le document dresse davantage le portrait du couple derrière l'acronyme.

Annie Roy et Pierre Allard, présents sur presque chaque scène (ensemble, séparés, en voix hors champ), ont été suivis au quotidien (avec enfants) et dans les moments les plus intenses de leur travail. Chicanes et pleurs n'ont pas été supprimés. Pas plus que les poils gris, les traits tirés ou les formes plus rondes.

Habitué aux caméras et à la médiatisation de leur art, les archives récupérées par Isacsson le prouvent, le duo donne parfois l'impression de jouer. D'être en représentation. Jusqu'à ce que transperce cette part de vérité et d'intégrité qui fait succomber Annie Roy aux larmes devant le sort des plus démunis. Pierre Allard, lui, porte son béret marxiste comme d'autres le logo Nike. Ils sont humains, ils ont des défauts.

Magnus Isacsson a fait place aux voix dissidentes, par la présence de Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles au Devoir. Cette mise en réserve, visant État d'urgence et son côté «Walt Disney» (selon Nadeau), arrive cependant un peu tard. Peut-on être artiste engagé sans tomber dans la propagande? Le questionnement qu'aurait pu soulever le réalisateur est à peine effleuré.

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