À la télévision le jeudi 29 octobre - Et vogue le navire
À retenir
- Grands reportages / Sur le Yangzi
- RDI, 20h
Large de plus de deux kilomètres, le barrage des Trois-Gorges, sur le fleuve Yangzi (ou Yangtsé), est le plus puissant en son genre. Ce grand défi de la Chine moderne, poursuivi coûte que coûte, n'a pas été relevé sans heurts. De fait, avec ses villes englouties et ses deux millions de « déplacés » (1,4 selon les chiffres officiels), c'est tout un pan de l'histoire du pays qui a été submergé. Sur le Yangzi, du documentariste canadien Yung Chang, s'intéresse aux conséquences humaines de cet ambitieux projet.
L'angle privilégié emporte d'emblée l'adhésion. Tel un anthropologue, Chang pose sa caméra sur toutes les parties en présence: les dés¶uvrés, les nantis et, enfin, les tiers, ces touristes venus assister à la fin d'une ère. Tous se retrouvent sur un luxueux bateau de croisière, un microcosme qui constitue un observatoire idéal.
Si le sujet évoque le magnifique Still Life, de Jia Zhangke, l'approche fait parfois penser à Maîtres et valets (pour ne pas dire Gosford Park) pour son habileté à révéler la vie dans les différents quartiers du bateau. À la plonge, Yu Shui, 16 ans, trime et s'inquiète pour ses parents cultivateurs, qui n'ont pas les moyens de déménager en dépit des eaux qui avaleront bientôt leur petit lopin de terre et leurs maigres possessions. Au bar, Chen Bo Yu fait étalage d'une arrogance qui serait troublante si elle n'était pas teintée d'autant de naïveté. Témoins de l'inévitable, les touristes (occidentaux pour la plupart) suivent le guide, se gavent d'explications rassurantes quant au sort des expropriés... Chang ne juge pas, mais ses images sont parlantes.
Une réserve: Grands reportages diffuse un montage de 52 minutes formaté pour occuper une case horaire d'une heure. Outre le fait qu'elles traduisaient la vision d'un auteur, les 93 minutes du montage original procuraient au cinéphile un cheminement plus fluide et lui permettaient, au final, d'être touché de manière plus intense. N'empêche, à voir absolument.
L'angle privilégié emporte d'emblée l'adhésion. Tel un anthropologue, Chang pose sa caméra sur toutes les parties en présence: les dés¶uvrés, les nantis et, enfin, les tiers, ces touristes venus assister à la fin d'une ère. Tous se retrouvent sur un luxueux bateau de croisière, un microcosme qui constitue un observatoire idéal.
Si le sujet évoque le magnifique Still Life, de Jia Zhangke, l'approche fait parfois penser à Maîtres et valets (pour ne pas dire Gosford Park) pour son habileté à révéler la vie dans les différents quartiers du bateau. À la plonge, Yu Shui, 16 ans, trime et s'inquiète pour ses parents cultivateurs, qui n'ont pas les moyens de déménager en dépit des eaux qui avaleront bientôt leur petit lopin de terre et leurs maigres possessions. Au bar, Chen Bo Yu fait étalage d'une arrogance qui serait troublante si elle n'était pas teintée d'autant de naïveté. Témoins de l'inévitable, les touristes (occidentaux pour la plupart) suivent le guide, se gavent d'explications rassurantes quant au sort des expropriés... Chang ne juge pas, mais ses images sont parlantes.
Une réserve: Grands reportages diffuse un montage de 52 minutes formaté pour occuper une case horaire d'une heure. Outre le fait qu'elles traduisaient la vision d'un auteur, les 93 minutes du montage original procuraient au cinéphile un cheminement plus fluide et lui permettaient, au final, d'être touché de manière plus intense. N'empêche, à voir absolument.
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