Que le spectacle commence!
À retenir
- Les Petits Géants
- Réalisation, scénario et image: Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier.
- Montage: Elric Robichon.
- Musique: Catherine Major.
- Québec, 2009, 75 min.
- Au cinéma Parallèle à 13h et à 18h35, en présence des deux cinéastes.
Ils n'avaient sans doute jamais entendu le chant des amours de la Carmen de Bizet et, dans leurs yeux d'enfants, la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts avait peut-être des allures de Taj Mahal. Belle initiative de l'Opéra de Montréal, le projet CoOpéra permet à des élèves de niveau primaire issus de quartiers défavorisés de s'initier aux arts, et aux vertiges, de la scène en préparant un spectacle musical inspiré d'une oeuvre lyrique. Pendant l'année scolaire 2007-2008, Verdi était à l'honneur avec Un bal masqué.
Cette immersion culturelle, un défi au quotidien avec une marmaille issue de l'immigration, arrivant parfois en classe avec le ventre vide ou traversant de multiples crises familiales, les cinéastes Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier l'ont suivie pendant toute une année dans Les Petits Géants. De cette distribution grouillante où l'on apprend, parfois péniblement, les rudiments de la danse, du chant et du jeu dramatique, quelques garçons ont attiré leur attention.
Sont-ils atteints de la fièvre des planches ou les verrons-nous bientôt dans une quelconque télé-réalité à beugler de vieux succès dépoussiérés? Maxime, Éric, Partheepan, Jimmy et Pierre-Christopher ne sont pas rendus là, soucieux d'apprivoiser leur instrument de musique ou de mémoriser leur texte, une entreprise parfois surhumaine avec la pauvreté et l'insécurité affective en toile de fond.
Pour Maxime, la vie en foyer d'accueil n'a rien d'une comédie musicale, lui qui craint de ne pouvoir jamais revivre un jour avec son père. Partheepan, dont la famille est originaire du Sri Lanka, est un bel exemple d'enfant tiraillé entre deux cultures, jouant au traducteur pour une mère visiblement rongée par le mal du pays. Avec une couronne parfois trop lourde, Éric interprète un roi, mais le garçon semble moins accablé par le pouvoir que par les soucis familiaux, qu'une timidité extrême empêche souvent de verbaliser.
Des couleurs automnales aux splendeurs du printemps, les deux cinéastes s'attardent exclusivement aux prouesses et aux faiblesses de ces apprentis artistes découvrant un monde bien loin de celui de la Petite-Bourgogne ou de Saint-Henri. Les adultes qui les entourent mettent tout leur coeur à réussir cette entreprise visiblement casse-cou, mais nous ne saurons rien de leurs frustrations, ou si peu. Les vedettes de ce spectacle sont aussi celles de ce film, et elles nous montrent bien plus que leur talent à pianoter ou à danser; à travers l'art et la culture, ces enfants découvrent peu à peu leur propre voix, devant une foule en liesse mais surtout au plus profond d'eux-mêmes.
Collaborateur du Devoir
Cette immersion culturelle, un défi au quotidien avec une marmaille issue de l'immigration, arrivant parfois en classe avec le ventre vide ou traversant de multiples crises familiales, les cinéastes Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier l'ont suivie pendant toute une année dans Les Petits Géants. De cette distribution grouillante où l'on apprend, parfois péniblement, les rudiments de la danse, du chant et du jeu dramatique, quelques garçons ont attiré leur attention.
Sont-ils atteints de la fièvre des planches ou les verrons-nous bientôt dans une quelconque télé-réalité à beugler de vieux succès dépoussiérés? Maxime, Éric, Partheepan, Jimmy et Pierre-Christopher ne sont pas rendus là, soucieux d'apprivoiser leur instrument de musique ou de mémoriser leur texte, une entreprise parfois surhumaine avec la pauvreté et l'insécurité affective en toile de fond.
Pour Maxime, la vie en foyer d'accueil n'a rien d'une comédie musicale, lui qui craint de ne pouvoir jamais revivre un jour avec son père. Partheepan, dont la famille est originaire du Sri Lanka, est un bel exemple d'enfant tiraillé entre deux cultures, jouant au traducteur pour une mère visiblement rongée par le mal du pays. Avec une couronne parfois trop lourde, Éric interprète un roi, mais le garçon semble moins accablé par le pouvoir que par les soucis familiaux, qu'une timidité extrême empêche souvent de verbaliser.
Des couleurs automnales aux splendeurs du printemps, les deux cinéastes s'attardent exclusivement aux prouesses et aux faiblesses de ces apprentis artistes découvrant un monde bien loin de celui de la Petite-Bourgogne ou de Saint-Henri. Les adultes qui les entourent mettent tout leur coeur à réussir cette entreprise visiblement casse-cou, mais nous ne saurons rien de leurs frustrations, ou si peu. Les vedettes de ce spectacle sont aussi celles de ce film, et elles nous montrent bien plus que leur talent à pianoter ou à danser; à travers l'art et la culture, ces enfants découvrent peu à peu leur propre voix, devant une foule en liesse mais surtout au plus profond d'eux-mêmes.
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