Cinéma - Voyage vers la lumière
La Teta asustada - Fausta Réalisation et scénario: Claudia Llosa. Avec Magaly Solier, Marino Ballon, Susi Sanchez, Efrain Solis. Image: Natasha Braier. Montage: Frank Gutiérrez. Musique: Selma Mutal.
À retenir
- La Teta asustada - Fausta
- Réalisation et scénario: Claudia Llosa
- Avec Magaly Solier, Marino Ballon, Susi Sanchez, Efrain Solis
- Image: Natasha Braier. Montage: Frank Gutiérrez. Musique: Selma Mutal
Ce très beau film péruvien hanté, tout en concision et en rigueur, a remporté l'Ours d'or au plus récent Festival de Berlin et fut primé au Festival du nouveau cinéma en fin de semaine (prix d'interprétation à Magaly Solier et prix de la critique québécoise).
Le titre La Teta asustada fait référence à un mal qui serait transmis par le lait maternel. Le Pérou a souffert de telles blessures de guerre au cours des décennies 1970 à 1990, avec des viols massifs de femmes, que celles-ci auraient légué leurs traumatismes à leurs enfants. L'héroïne, Fausta, une belle jeune femme (Magaly Solier, qui parvient à transmettre une émotion bouleversante à son personnage de morte-vivante), est tellement marquée par les sévices que sa mère a subis qu'elle a inséré une pomme de terre dans son vagin pour fermer la porte aux viols. Mais la mort de sa mère, un nouveau travail d'aide-domestique chez une concertiste afin de trouver l'argent pour inhumer sa mère, changent son regard et l'entraînent du côté de la vie. La pomme de terre qui pourrit en elle et lui cause de terribles maux devient métaphore des silences du passé, torture à demeure.
Avec une économie de paroles et de moyens, sans jamais appuyer la charge pourtant terrible des responsabilités de l'État péruvien, le film, à travers un destin emblématique traduit le difficile voyage vers une lumière diffuse qui changera à la fois la trajectoire de l'héroïne, celle de la musicienne qu'elle inspire et par extension les blessures du pays.
La peur palpable de cette jeune femme, qui longe les murs, mais retrouve les chants qui sont en elle, apporte une tension à ce film debout sur une ligne fragile, où la cinéaste et son actrice avancent en évitant tous les précipices de la surdramatisation en une mise en scène de haute voltige, subtile et prenante.
Le titre La Teta asustada fait référence à un mal qui serait transmis par le lait maternel. Le Pérou a souffert de telles blessures de guerre au cours des décennies 1970 à 1990, avec des viols massifs de femmes, que celles-ci auraient légué leurs traumatismes à leurs enfants. L'héroïne, Fausta, une belle jeune femme (Magaly Solier, qui parvient à transmettre une émotion bouleversante à son personnage de morte-vivante), est tellement marquée par les sévices que sa mère a subis qu'elle a inséré une pomme de terre dans son vagin pour fermer la porte aux viols. Mais la mort de sa mère, un nouveau travail d'aide-domestique chez une concertiste afin de trouver l'argent pour inhumer sa mère, changent son regard et l'entraînent du côté de la vie. La pomme de terre qui pourrit en elle et lui cause de terribles maux devient métaphore des silences du passé, torture à demeure.
Avec une économie de paroles et de moyens, sans jamais appuyer la charge pourtant terrible des responsabilités de l'État péruvien, le film, à travers un destin emblématique traduit le difficile voyage vers une lumière diffuse qui changera à la fois la trajectoire de l'héroïne, celle de la musicienne qu'elle inspire et par extension les blessures du pays.
La peur palpable de cette jeune femme, qui longe les murs, mais retrouve les chants qui sont en elle, apporte une tension à ce film debout sur une ligne fragile, où la cinéaste et son actrice avancent en évitant tous les précipices de la surdramatisation en une mise en scène de haute voltige, subtile et prenante.
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