Festival du nouveau cinéma - Les frères Larrieu, entre lumière et chaos
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
La fratrie Larrieu a d’autres projets au feu, fous, éclatés, uniques, comme il se doit...
Les Derniers Jours du monde, des Français Arnaud et Jean-Marie Larrieu, assure la clôture du 38e Festival du nouveau cinéma aujourd'hui à l'Impérial, avec reprise demain. Sur fond d'apocalypse, l'amour retrouve son intensité, et mourir, c'est vivre enfin.
En temps normal, le film des frères Larrieu aurait déjà un distributeur au Québec. La reconversion d'eXcentris entraînant la frilosité des distributeurs, Les Derniers Jours du monde flotte ici dans les limbes. Un cas parmi d'autres. Mais passons...
Les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu, nés à un an d'intervalle, s'imposent parmi les plus atypiques cinéastes de l'Hexagone. À leurs yeux, il va de soi que le cinéma doit faire exploser les frontières, explorer des mondes parallèles, inventer, comme aux premiers temps de la Nouvelle Vague. « Hélas! Un esprit de sérieux se répand partout en France », déplore Arnaud.
Toute une mythologie entoure leur berceau. L'enfance à Lourdes dans les Hautes-Pyrénées auprès d'un grand-père cinéaste qui joue de trucages et les initie au cinéma à travers des jeux sans fin, la nature, grande source d'inspiration. Ajoutez ce grain de folie qui ne s'achète pas et qui colore une cinématographie où l'absurde a son lit et y dort à demeure.
Des films, ils en avaient réalisé à quatre mains depuis les années 1980, de Fin d'été à La Brèche de Roland, en passant par Un homme, un vrai avec déjà, Mathieu Almaric. Mais c'est vraiment Peindre ou faire l'amour, en compétition au Festival de Cannes en 2005, fable épicurienne sur la vie de couple dans la splendeur des Pyrénées, qui les a fait connaître du grand public. Le Voyage aux Pyrénées, trois ans plus tard, totalement délirant, en déstabilisa plus d'un.
Jamais la fratrie n'avait hérité d'un budget aussi imposant que pour Les Derniers Jours du monde, à l'échelle française du moins: huit millions d'euros. Grosse équipe, figurants en foule, road movie sur cette histoire d'apocalypse tirée du roman de Dominique Noguez. « En littérature tout passe facilement, mais au cinéma, ces thèmes-là sont identifiés aux codes hollywoodiens. Il fallait trouver notre voie propre », précise Arnaud. Pour eux, la complexité du projet fut une sorte d'aboutissement. « Le temps de l'apprentissage est terminé, déclare Jean-Marie. Mais les défis étaient si nombreux que nous avons beaucoup travaillé avec une équipe de jeunes qui ne doutaient de rien. »
Voyage initiatique à la fois érotique et philosophique, Les Derniers Jours du monde raconte à l'heure où tout s'écroule le périple amoureux de Robinson (Mathieu Almaric) à travers les routes dévastées de France et d'Espagne, en quête d'une amante disparue. Catherine Frot, Karin Viard, Sergi Lopez, mais aussi la jeune beauté androgyne Omahyra Mota (exotique, fuyante et mystérieuse) sont des stations sur sa carte du tendre. « Mathieu Almaric n'a peur de rien. Avec lui, on pouvait tout tenter », affirme Jean-Marie Larrieu.
Gérer des armadas de figurants ne fut pas une mince affaire. Mais ils ont mis d'abord le réel à contribution, en tournant leurs premières scènes à la Féria de Pampelune, en Espagne, avec taureaux lancés dans les rues avec foule en transe et une Catherine Frot pas trop rassurée.
Leur fin du monde se déroule aujourd'hui (le roman écrit en 1980 l'anticipait pour 2010). « C'est un amalgame de toutes les catastrophes possibles: tremblements de terre, dérives nucléaires, attaques militaires, suicides massifs, etc. On a adopté une conscience légèrement paranoïaque », sourit Arnaud. « Dans un contexte d'apocalypse, les codes sautent. Une histoire d'amour devient aussi importante que le sort de l'humanité », ajoute Jean-Marie.
Les frères ont souvent campé leurs films dans le cadre idyllique des vacances. Ici aussi, mais sur fond d'exodes, de morts en série et de sexualité d'urgence. Une scène située dans les bois près de Montréal fut tournée... dans les Pyrénées. Mais rien n'y paraît. Ils connaissaient bien le Québec, et le froid est venu ajouter à l'illusion.
Le film, sorti l'été dernier en France, n'a pas engrangé les recettes escomptées. Il y eut des carences de promotion, de clientèle à mieux cibler. Mais les Larrieu ont d'autres projets au feu, fous, éclatés, uniques, comme il se doit.
En temps normal, le film des frères Larrieu aurait déjà un distributeur au Québec. La reconversion d'eXcentris entraînant la frilosité des distributeurs, Les Derniers Jours du monde flotte ici dans les limbes. Un cas parmi d'autres. Mais passons...
Les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu, nés à un an d'intervalle, s'imposent parmi les plus atypiques cinéastes de l'Hexagone. À leurs yeux, il va de soi que le cinéma doit faire exploser les frontières, explorer des mondes parallèles, inventer, comme aux premiers temps de la Nouvelle Vague. « Hélas! Un esprit de sérieux se répand partout en France », déplore Arnaud.
Toute une mythologie entoure leur berceau. L'enfance à Lourdes dans les Hautes-Pyrénées auprès d'un grand-père cinéaste qui joue de trucages et les initie au cinéma à travers des jeux sans fin, la nature, grande source d'inspiration. Ajoutez ce grain de folie qui ne s'achète pas et qui colore une cinématographie où l'absurde a son lit et y dort à demeure.
Des films, ils en avaient réalisé à quatre mains depuis les années 1980, de Fin d'été à La Brèche de Roland, en passant par Un homme, un vrai avec déjà, Mathieu Almaric. Mais c'est vraiment Peindre ou faire l'amour, en compétition au Festival de Cannes en 2005, fable épicurienne sur la vie de couple dans la splendeur des Pyrénées, qui les a fait connaître du grand public. Le Voyage aux Pyrénées, trois ans plus tard, totalement délirant, en déstabilisa plus d'un.
Jamais la fratrie n'avait hérité d'un budget aussi imposant que pour Les Derniers Jours du monde, à l'échelle française du moins: huit millions d'euros. Grosse équipe, figurants en foule, road movie sur cette histoire d'apocalypse tirée du roman de Dominique Noguez. « En littérature tout passe facilement, mais au cinéma, ces thèmes-là sont identifiés aux codes hollywoodiens. Il fallait trouver notre voie propre », précise Arnaud. Pour eux, la complexité du projet fut une sorte d'aboutissement. « Le temps de l'apprentissage est terminé, déclare Jean-Marie. Mais les défis étaient si nombreux que nous avons beaucoup travaillé avec une équipe de jeunes qui ne doutaient de rien. »
Voyage initiatique à la fois érotique et philosophique, Les Derniers Jours du monde raconte à l'heure où tout s'écroule le périple amoureux de Robinson (Mathieu Almaric) à travers les routes dévastées de France et d'Espagne, en quête d'une amante disparue. Catherine Frot, Karin Viard, Sergi Lopez, mais aussi la jeune beauté androgyne Omahyra Mota (exotique, fuyante et mystérieuse) sont des stations sur sa carte du tendre. « Mathieu Almaric n'a peur de rien. Avec lui, on pouvait tout tenter », affirme Jean-Marie Larrieu.
Gérer des armadas de figurants ne fut pas une mince affaire. Mais ils ont mis d'abord le réel à contribution, en tournant leurs premières scènes à la Féria de Pampelune, en Espagne, avec taureaux lancés dans les rues avec foule en transe et une Catherine Frot pas trop rassurée.
Leur fin du monde se déroule aujourd'hui (le roman écrit en 1980 l'anticipait pour 2010). « C'est un amalgame de toutes les catastrophes possibles: tremblements de terre, dérives nucléaires, attaques militaires, suicides massifs, etc. On a adopté une conscience légèrement paranoïaque », sourit Arnaud. « Dans un contexte d'apocalypse, les codes sautent. Une histoire d'amour devient aussi importante que le sort de l'humanité », ajoute Jean-Marie.
Les frères ont souvent campé leurs films dans le cadre idyllique des vacances. Ici aussi, mais sur fond d'exodes, de morts en série et de sexualité d'urgence. Une scène située dans les bois près de Montréal fut tournée... dans les Pyrénées. Mais rien n'y paraît. Ils connaissaient bien le Québec, et le froid est venu ajouter à l'illusion.
Le film, sorti l'été dernier en France, n'a pas engrangé les recettes escomptées. Il y eut des carences de promotion, de clientèle à mieux cibler. Mais les Larrieu ont d'autres projets au feu, fous, éclatés, uniques, comme il se doit.
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