Week-end chargé au Festival du nouveau cinéma
Le Festival du nouveau cinéma tire à sa fin, mais il s'offre un week-end chargé. Haut les coeurs!
À voir: Le Ruban blanc de l'Autrichien Michael Haneke, Palme d'or au dernier Festival de Cannes. En noir et blanc sur une réalisation de haute maîtrise, le cinéaste de La Pianiste y explore les racines du nazisme dans un village allemand, juste avant la Première Guerre mondiale. La férocité d'enfants élevés sous la férule de leurs impitoyables aînés ouvre sur cette démonstration implacable des conséquences d'une éducation religieuse intégriste chevillée à l'hypocrisie d'une société. Des plans sans faille.
Un ange à la mer, du Belge Frédéric Dumont, pose un regard d'une extrême sensibilité sur un enfant de 11 ans (Martin Nissen, très juste) torturé psychologiquement par un père maniaco-dépressif (Olivier Gourmet). Ce drame familial, brillamment interprété, subtilement monté, tourné au Maroc, évoque l'univers de Claude Miller, où l'enfance est malade des adultes.
La Merditude des choses, du Belge flamand Félix van Groeningen, très remarqué à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, est une incursion burlesque et décadente dans une famille déjantée et indigne des années 1980. Aussi grossier que jubilatoire, situé dans un beau village des Flandres, pour accentuer tous les contrastes entre les beuveries des adultes et le regard d'un enfant pris dans leur auge, le film est d'un cynisme savoureux.
Le Chômeur de la mort, documentaire de Benjamin Hogue sur le poète Claude Péloquin, arrive à point nommé. Car Péloquin, dit Pélo, y prépare justement son poème destiné à être lu dans l'espace, lors de la mission de Guy Laliberté... Sinon, la fragilité, la mégalomanie, la truculence y côtoient le côté parvenu de l'inconsolé et du délirant poète de Lindbergh. Avec images d'archives en prime. Stimulant!
Viva el Cubec libre, de François Gourd, réalisé avec les moyens du bord, repose sur une excellente idée loufoque issue du Parti néorhino: celle d'annexer le Québec à Cuba, après notre indépendance, afin d'offrir à chaque population le meilleur des deux mondes, en art et pour ce qui est du climat. Tout cela est servi sur fond d'entrevues, de conférences de presse, de fous rires, d'incursion dans les deux sociétés, dans un espagnol approximatif au besoin. Pas un chef-d'oeuvre de montage, mais un moment de plaisir, avec François Gourd comme capitaine de cette galère.
Wapikoni mobile
Wapikoni mobile est cette extraordinaire aventure lancée en 2004 par la documentariste Manon Barbeau. Le projet d'offrir aux jeunes des communautés autochtones un moyen de créer des courts métrages et des vidéoclips a débouché sur un très grand nombre de créations et donné espoir à de jeunes autochtones de sortir du gouffre de l'anéantissement culturel. Mathieu Vachon, de l'équipe du projet, a fait lui-même un documentaire, lancé hier au Festival du nouveau cinéma: Wapikoni, escale à Kitcisakik.
Kitcisakik: village algonquin abitibien, longtemps privé de tout, où le taux de suicide est alarmant et où le pont entre les aînés et les jeunes est difficile à établir. De cela, mais aussi des difficultés des cinéastes qui les accompagnent chaque année dans leur démarche créatrice (dont Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier), le documentaire parlera beaucoup. Car, entre suicide par noyade et viol sous alcool, la communauté montre chaque année ses plaies vives, et le découragement s'en mêle parfois chez ceux qui veulent les entraîner ailleurs. Une vieille grand-mère qui ne parle qu'algonquin et sa petite-fille se cherchent sans toujours trouver le point de contact. Les autochtones prennent la parole, disent à la fois leur rage de vivre et leur pulsion de mourir, et leurs témoignages composent la partie la plus intéressante du documentaire.
***
Wapikoni, escale à Kitcisakik, au cinéma du Parc 2, ce soir à 17h. www.nouveaucinema.ca.
À voir: Le Ruban blanc de l'Autrichien Michael Haneke, Palme d'or au dernier Festival de Cannes. En noir et blanc sur une réalisation de haute maîtrise, le cinéaste de La Pianiste y explore les racines du nazisme dans un village allemand, juste avant la Première Guerre mondiale. La férocité d'enfants élevés sous la férule de leurs impitoyables aînés ouvre sur cette démonstration implacable des conséquences d'une éducation religieuse intégriste chevillée à l'hypocrisie d'une société. Des plans sans faille.
Un ange à la mer, du Belge Frédéric Dumont, pose un regard d'une extrême sensibilité sur un enfant de 11 ans (Martin Nissen, très juste) torturé psychologiquement par un père maniaco-dépressif (Olivier Gourmet). Ce drame familial, brillamment interprété, subtilement monté, tourné au Maroc, évoque l'univers de Claude Miller, où l'enfance est malade des adultes.
La Merditude des choses, du Belge flamand Félix van Groeningen, très remarqué à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, est une incursion burlesque et décadente dans une famille déjantée et indigne des années 1980. Aussi grossier que jubilatoire, situé dans un beau village des Flandres, pour accentuer tous les contrastes entre les beuveries des adultes et le regard d'un enfant pris dans leur auge, le film est d'un cynisme savoureux.
Le Chômeur de la mort, documentaire de Benjamin Hogue sur le poète Claude Péloquin, arrive à point nommé. Car Péloquin, dit Pélo, y prépare justement son poème destiné à être lu dans l'espace, lors de la mission de Guy Laliberté... Sinon, la fragilité, la mégalomanie, la truculence y côtoient le côté parvenu de l'inconsolé et du délirant poète de Lindbergh. Avec images d'archives en prime. Stimulant!
Viva el Cubec libre, de François Gourd, réalisé avec les moyens du bord, repose sur une excellente idée loufoque issue du Parti néorhino: celle d'annexer le Québec à Cuba, après notre indépendance, afin d'offrir à chaque population le meilleur des deux mondes, en art et pour ce qui est du climat. Tout cela est servi sur fond d'entrevues, de conférences de presse, de fous rires, d'incursion dans les deux sociétés, dans un espagnol approximatif au besoin. Pas un chef-d'oeuvre de montage, mais un moment de plaisir, avec François Gourd comme capitaine de cette galère.
Wapikoni mobile
Wapikoni mobile est cette extraordinaire aventure lancée en 2004 par la documentariste Manon Barbeau. Le projet d'offrir aux jeunes des communautés autochtones un moyen de créer des courts métrages et des vidéoclips a débouché sur un très grand nombre de créations et donné espoir à de jeunes autochtones de sortir du gouffre de l'anéantissement culturel. Mathieu Vachon, de l'équipe du projet, a fait lui-même un documentaire, lancé hier au Festival du nouveau cinéma: Wapikoni, escale à Kitcisakik.
Kitcisakik: village algonquin abitibien, longtemps privé de tout, où le taux de suicide est alarmant et où le pont entre les aînés et les jeunes est difficile à établir. De cela, mais aussi des difficultés des cinéastes qui les accompagnent chaque année dans leur démarche créatrice (dont Anaïs Barbeau-Lavalette et Émile Proulx-Cloutier), le documentaire parlera beaucoup. Car, entre suicide par noyade et viol sous alcool, la communauté montre chaque année ses plaies vives, et le découragement s'en mêle parfois chez ceux qui veulent les entraîner ailleurs. Une vieille grand-mère qui ne parle qu'algonquin et sa petite-fille se cherchent sans toujours trouver le point de contact. Les autochtones prennent la parole, disent à la fois leur rage de vivre et leur pulsion de mourir, et leurs témoignages composent la partie la plus intéressante du documentaire.
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Wapikoni, escale à Kitcisakik, au cinéma du Parc 2, ce soir à 17h. www.nouveaucinema.ca.
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