Festival international du film francophone de Namur - Territoire à conquérir
Namur — « Le cinéma belge est très reconnu à l'international, mais il a un déficit d'image au niveau de son public en Belgique », soutient Nicole Gillet, la nouvelle déléguée générale du Festival international du film francophone de Namur (FIFF).
La 24e édition de l'événement, qui se poursuit jusqu'à vendredi avec la remise des Bayards récompensant les meilleurs films de la compétition, se donne pour mission de sortir de l'anonymat des productions internationales tournées dans la langue de Molière. Mais une grosse partie de son mandat se joue sur le terrain, de concert avec les distributeurs locaux, afin que la douzaine de films belges projetés dans la capitale wallonne puissent ensuite trouver leur public dans les salles du pays.
« Les Belges ne sont pas très chauvins », me faisait remarquer la déléguée générale, attrapée au vol ce week-end entre deux rendez-vous, sous le chapiteau qui domine la place d'Armes, quartier général de l'événement. Si bien que la fierté qu'inspirent les récompenses obtenues à l'étranger par les frères Dardenne, par exemple, ne se traduit pas automatiquement en entrées. Le problème de reconnaissance se répercute à tous les niveaux. « Nos comédiens, pour être reconnus en Belgique, doivent passer par la France. Et trop souvent, on attend de voir ce que pense la France d'un film belge pour aller le voir. Ce n'est pas normal », dit Nicole Gillet, qui s'occupe de la programmation du festival depuis « nonante-douze ».
Le FIFF, axé sur la découverte, soutient les premières oeuvres. Or, son choix de programmer la comédie populaire Les Barons, en ouverture vendredi, n'a pas fait l'unanimité parmi la critique. Mais le public y a trouvé son compte devant ce Vérité si je mens « rebeu ». Campé à Bruxelles dans la communauté maghrébine, ce premier long métrage de Nabil Ben Yadir souffre néanmoins d'un scénario relâché, d'ellipses maladroites et de niveaux de jeu multiples, qui limitent ses chances d'exportation. Pour compliquer la donne sur le plan du tapis rouge, la distribution est inconnue au bataillon, à l'exception d'Édouard Baer en patron de café humoristique où le héros, un glandeur criblé de doutes doublé d'un stand-up comique prometteur, hésite à monter sur scène. Alors que Le Petit Nicolas, coproduction France-Belgique plutôt réussie tirée de l'oeuvre de Sempé-Goscinny, prenait d'assaut les écrans de ces deux pays simultanément ce week-end, on s'étonne que Namur n'ait pas cherché à en obtenir la primeur. Nicole Gillet répond que « ce film n'a pas besoin du festival pour exister ». Vrai. Et inversement. Pour Les Barons, bien accueilli par son public de première, « la sortie prévue pour le 4 novembre en Belgique va profiter du bouche-à-oreille généré ici », soutient Nicole Gillet.
Les Folles aventures de Simon Konianski, du Belge Micha Wald (Voleurs de chevaux), a plus de chances toutefois d'atterrir sur les écrans du reste du monde, sur les nôtres en particulier. Ne serait-ce que parce qu'il s'agit d'une coproduction avec la compagnie québécoise Remstar. Également parce que ce demi road-movie sur trois générations de juifs bruxellois, est porté par un humour et un souffle irrésistibles, qui font oublier les errances de la mise en scène, sur le fil entre fantaisie et réalisme.
Si les coups de coeur sont rares à Namur cette année — quoique À l'origine de Xavier Giannnoli et Rien de personnel de Mathias Gokalp se distinguent dans la veine réalisme sec —, il est bon de voir que les séances publiques sont plus peuplées que celles de l'année dernière, où une nouvelle politique de billetterie avait refroidi les ardeurs des Namurois. Si bien que le FIFF a fait marche arrière, limité les contraintes et ramené le prix des places à celui d'il y a deux ans. On est encore loin des séances à guichets fermés, mais l'espoir renaît. En font foi les séances samedi des films De père en flic et Polytechnique, qu'Émile Gaudreault et Karine Vanasse sont venus présenter, respectivement. Le FIFF regagne le terrain perdu.
Collaborateur du Devoir
La 24e édition de l'événement, qui se poursuit jusqu'à vendredi avec la remise des Bayards récompensant les meilleurs films de la compétition, se donne pour mission de sortir de l'anonymat des productions internationales tournées dans la langue de Molière. Mais une grosse partie de son mandat se joue sur le terrain, de concert avec les distributeurs locaux, afin que la douzaine de films belges projetés dans la capitale wallonne puissent ensuite trouver leur public dans les salles du pays.
« Les Belges ne sont pas très chauvins », me faisait remarquer la déléguée générale, attrapée au vol ce week-end entre deux rendez-vous, sous le chapiteau qui domine la place d'Armes, quartier général de l'événement. Si bien que la fierté qu'inspirent les récompenses obtenues à l'étranger par les frères Dardenne, par exemple, ne se traduit pas automatiquement en entrées. Le problème de reconnaissance se répercute à tous les niveaux. « Nos comédiens, pour être reconnus en Belgique, doivent passer par la France. Et trop souvent, on attend de voir ce que pense la France d'un film belge pour aller le voir. Ce n'est pas normal », dit Nicole Gillet, qui s'occupe de la programmation du festival depuis « nonante-douze ».
Le FIFF, axé sur la découverte, soutient les premières oeuvres. Or, son choix de programmer la comédie populaire Les Barons, en ouverture vendredi, n'a pas fait l'unanimité parmi la critique. Mais le public y a trouvé son compte devant ce Vérité si je mens « rebeu ». Campé à Bruxelles dans la communauté maghrébine, ce premier long métrage de Nabil Ben Yadir souffre néanmoins d'un scénario relâché, d'ellipses maladroites et de niveaux de jeu multiples, qui limitent ses chances d'exportation. Pour compliquer la donne sur le plan du tapis rouge, la distribution est inconnue au bataillon, à l'exception d'Édouard Baer en patron de café humoristique où le héros, un glandeur criblé de doutes doublé d'un stand-up comique prometteur, hésite à monter sur scène. Alors que Le Petit Nicolas, coproduction France-Belgique plutôt réussie tirée de l'oeuvre de Sempé-Goscinny, prenait d'assaut les écrans de ces deux pays simultanément ce week-end, on s'étonne que Namur n'ait pas cherché à en obtenir la primeur. Nicole Gillet répond que « ce film n'a pas besoin du festival pour exister ». Vrai. Et inversement. Pour Les Barons, bien accueilli par son public de première, « la sortie prévue pour le 4 novembre en Belgique va profiter du bouche-à-oreille généré ici », soutient Nicole Gillet.
Les Folles aventures de Simon Konianski, du Belge Micha Wald (Voleurs de chevaux), a plus de chances toutefois d'atterrir sur les écrans du reste du monde, sur les nôtres en particulier. Ne serait-ce que parce qu'il s'agit d'une coproduction avec la compagnie québécoise Remstar. Également parce que ce demi road-movie sur trois générations de juifs bruxellois, est porté par un humour et un souffle irrésistibles, qui font oublier les errances de la mise en scène, sur le fil entre fantaisie et réalisme.
Si les coups de coeur sont rares à Namur cette année — quoique À l'origine de Xavier Giannnoli et Rien de personnel de Mathias Gokalp se distinguent dans la veine réalisme sec —, il est bon de voir que les séances publiques sont plus peuplées que celles de l'année dernière, où une nouvelle politique de billetterie avait refroidi les ardeurs des Namurois. Si bien que le FIFF a fait marche arrière, limité les contraintes et ramené le prix des places à celui d'il y a deux ans. On est encore loin des séances à guichets fermés, mais l'espoir renaît. En font foi les séances samedi des films De père en flic et Polytechnique, qu'Émile Gaudreault et Karine Vanasse sont venus présenter, respectivement. Le FIFF regagne le terrain perdu.
Collaborateur du Devoir
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