Polanski, Namur et statistiques
J'avais pensé vous communiquer mon point de vue sur l'arrestation en Suisse de Roman Polanski, en rapport avec une accusation de détournement de mineure survenu en 1977 en Californie, qui avait donné lieu à un cirque judiciaire et médiatique si douteux et partisan que le cinéaste avait dû s'exiler en France avant le prononcé de sa sentence.
J'y ai pensé toute la semaine, ai retourné la question dans tous les sens. Résultat: je suis confus. De fait, je n'ai jamais autant louché de toute ma vie, l'oeil droit se portant à la défense du réalisateur de Rosemary's Baby, objet manifeste d'une joute politique américano-helvète, l'oeil gauche repensant à l'offense dont il s'était lui-même déclaré coupable il y a 32 ans.
L'affaire a d'ailleurs fait récemment l'objet d'un fascinant documentaire (Roman Polanski: Wanted and Desired) que je vous recommande de voir (il est sorti en DVD). Si pour ma part je blâme surtout les parents de la victime de Polanski, qui la lui avaient pratiquement offerte en cadeau et qui n'ont jamais fait l'objet de poursuites, je pense aussi à la satisfaction (morbide et sans doute libératrice) qu'éprouve la société contemporaine à dénoncer publiquement et à punir les pédophiles qui sévissaient il y a 20, 30, 40 ans dans les écoles et pensionnats du Québec et d'ailleurs. Je vous l'ai dit: je n'ai pas les idées claires, passons à un autre appel.
***
Espérons qu'aucun cinéaste ne fera l'objet d'un mandat d'arrestation internationale au cours du 24e Festival international du film francophone de Namur (FIFF), en Belgique, où je viens tout juste de poser ma valise. Le marathon cinéphilique de sept jours s'amorce officiellement ce soir avec la projection du film Les Barons, du Belge Nabil Ben Yadir, fiction façon faux-docu sur un quatuor de glandeurs « rebeus » qui se présentent au casting sauvage d'un film.
Parmi les 14 longs métrages concourant pour le Bayard d'or, Polytechnique, de Denis Villeneuve, et J'ai tué ma mère, de Xavier Dolan, représentent le Québec, considéré ici comme un pays. Hors concours, les Namurois pourront également voir À l'ouest de Pluton, d'Henry Bernardet et Myriam Verreault, La Donation, de Bernard Émond, attendu sur nos écrans début novembre, Les Pieds dans le vide, de Mariloup Wolfe, ainsi que la comédie d'Émile Gaudreault De père en flic, film-miracle du box-office, ce qui ne manquera pas d'attirer l'attention ici. Côté courts, Pedro Pires (Danse macabre, récemment récompensé à Toronto) et Émile Proulx-Cloutier (La vie commence) défendent notre drapeau en compétition officielle.
Le Québec est, comme toujours, bien représenté au FIFF. Ainsi, la comédienne Sylvie Moreau fait partie du jury pour les longs métrages, présidé par le producteur français Alain Rocca, fondateur de la société Lazennec. Dominique Dugas, directeur de la programmation des Rendez-vous du cinéma québécois, siège à celui consacré aux courts métrages, sous la présidence de l'actrice belge Émilie Dequenne.
Parmi les événements à signaler, et dont j'espère vous entretenir lorsque j'aurai vaincu le décalage horaire, une leçon de cinéma par le grand Claude Miller (La Classe de neige, Je suis heureux que ma mère soit vivante) et un Coup de coeur à l'actrice française Elsa Zylberstein. Celle-ci viendra présenter cinq films importants de sa feuille de route, dont Van Gogh du regretté Maurice Pialat et Mina Tennenbaum de Martine Dugowson.
***
Soixante-deux pour cent des spectateurs de cinéma consultent les critiques de cinéma en ligne, et ceux qui s'en remettent surtout aux journaux ont en grande majorité plus de 50 ans. C'est ce que révèle une étude sur l'influence d'Internet dans la fréquentation des salles, réalisée par la firme américaine Moviegoers 2010, dont les résultats ont été publiés cette semaine dans le magazine Variety. Soixante-quinze pour cent des personnes sondées affirment qu'elles accordent plus de poids à l'opinion de leurs amis qu'à celle des critiques pour choisir le film qu'elles iront voir. Le groupe composé des 18-29 ans serait le plus branché Internet, où il consulte les bandes-annonces, visite les sites officiels et les sites de compilation de critiques (Rotten Tomatoes, Metacritic) et recherche les horaires de films de sa région. Paradoxalement, c'est par la publicité télévisée que soixante-treize pour cent des spectateurs apprennent l'existence d'un film. Les voilà bien informés. Nous voilà bien avancés.
***
Collaborateur du Devoir
J'y ai pensé toute la semaine, ai retourné la question dans tous les sens. Résultat: je suis confus. De fait, je n'ai jamais autant louché de toute ma vie, l'oeil droit se portant à la défense du réalisateur de Rosemary's Baby, objet manifeste d'une joute politique américano-helvète, l'oeil gauche repensant à l'offense dont il s'était lui-même déclaré coupable il y a 32 ans.
L'affaire a d'ailleurs fait récemment l'objet d'un fascinant documentaire (Roman Polanski: Wanted and Desired) que je vous recommande de voir (il est sorti en DVD). Si pour ma part je blâme surtout les parents de la victime de Polanski, qui la lui avaient pratiquement offerte en cadeau et qui n'ont jamais fait l'objet de poursuites, je pense aussi à la satisfaction (morbide et sans doute libératrice) qu'éprouve la société contemporaine à dénoncer publiquement et à punir les pédophiles qui sévissaient il y a 20, 30, 40 ans dans les écoles et pensionnats du Québec et d'ailleurs. Je vous l'ai dit: je n'ai pas les idées claires, passons à un autre appel.
***
Espérons qu'aucun cinéaste ne fera l'objet d'un mandat d'arrestation internationale au cours du 24e Festival international du film francophone de Namur (FIFF), en Belgique, où je viens tout juste de poser ma valise. Le marathon cinéphilique de sept jours s'amorce officiellement ce soir avec la projection du film Les Barons, du Belge Nabil Ben Yadir, fiction façon faux-docu sur un quatuor de glandeurs « rebeus » qui se présentent au casting sauvage d'un film.
Parmi les 14 longs métrages concourant pour le Bayard d'or, Polytechnique, de Denis Villeneuve, et J'ai tué ma mère, de Xavier Dolan, représentent le Québec, considéré ici comme un pays. Hors concours, les Namurois pourront également voir À l'ouest de Pluton, d'Henry Bernardet et Myriam Verreault, La Donation, de Bernard Émond, attendu sur nos écrans début novembre, Les Pieds dans le vide, de Mariloup Wolfe, ainsi que la comédie d'Émile Gaudreault De père en flic, film-miracle du box-office, ce qui ne manquera pas d'attirer l'attention ici. Côté courts, Pedro Pires (Danse macabre, récemment récompensé à Toronto) et Émile Proulx-Cloutier (La vie commence) défendent notre drapeau en compétition officielle.
Le Québec est, comme toujours, bien représenté au FIFF. Ainsi, la comédienne Sylvie Moreau fait partie du jury pour les longs métrages, présidé par le producteur français Alain Rocca, fondateur de la société Lazennec. Dominique Dugas, directeur de la programmation des Rendez-vous du cinéma québécois, siège à celui consacré aux courts métrages, sous la présidence de l'actrice belge Émilie Dequenne.
Parmi les événements à signaler, et dont j'espère vous entretenir lorsque j'aurai vaincu le décalage horaire, une leçon de cinéma par le grand Claude Miller (La Classe de neige, Je suis heureux que ma mère soit vivante) et un Coup de coeur à l'actrice française Elsa Zylberstein. Celle-ci viendra présenter cinq films importants de sa feuille de route, dont Van Gogh du regretté Maurice Pialat et Mina Tennenbaum de Martine Dugowson.
***
Soixante-deux pour cent des spectateurs de cinéma consultent les critiques de cinéma en ligne, et ceux qui s'en remettent surtout aux journaux ont en grande majorité plus de 50 ans. C'est ce que révèle une étude sur l'influence d'Internet dans la fréquentation des salles, réalisée par la firme américaine Moviegoers 2010, dont les résultats ont été publiés cette semaine dans le magazine Variety. Soixante-quinze pour cent des personnes sondées affirment qu'elles accordent plus de poids à l'opinion de leurs amis qu'à celle des critiques pour choisir le film qu'elles iront voir. Le groupe composé des 18-29 ans serait le plus branché Internet, où il consulte les bandes-annonces, visite les sites officiels et les sites de compilation de critiques (Rotten Tomatoes, Metacritic) et recherche les horaires de films de sa région. Paradoxalement, c'est par la publicité télévisée que soixante-treize pour cent des spectateurs apprennent l'existence d'un film. Les voilà bien informés. Nous voilà bien avancés.
***
Collaborateur du Devoir
Haut de la page


