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Le cinéaste et pamphlétaire Pierre Falardeau n'est plus

Jean-François Nadeau   28 septembre 2009  Cinéma
Le cinéaste et pamphlétaire Pierre Falardeau est mort vendredi soir à l'hôpital Notre-Dame de Montréal des suites d'un cancer. Il combattait la maladie avec énergie depuis des mois, ayant même renoncé en chemin à fumer ses éternelles Lucky Strike sans filtre dont les volutes de fumée noire entouraient d'ordinaire ses propos chauffés à blanc. Ses coups de gueule mémorables tout autant que ses films appartiennent désormais à l'histoire.

Durant sa carrière de cinéaste, Pierre Falardeau a tourné une vingtaine de films, dont Le Party, Octobre, et 15 février 1839. Son personnage d'Elvis Gratton, incarnation d'un colonisé plus vrai que nature, a profondément marqué l'imaginaire populaire, même si Falardeau reconnaissait volontiers les limites de cette caricature du demeuré politique absolu incarné à l'écran par son vieil ami Julien Poulin.

Un personnage

Avec ses allures de voyou un peu brouillon et son discours aux accents libertaires doublé d'un patriotisme radical, Falardeau est devenu peu à peu un personnage de la scène médiatique reconnaissable entre tous, capable de se mettre en rage, dans n'importe quel contexte, contre des injustices et, surtout, contre « les penseurs de café qui appuient les luttes de libérations au Tibet, au Timor ou en Ossétie et qui refusent la libération du peuple québécois ».

Membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) dès 1962, il a toujours milité pour la pleine souveraineté du Québec, dans une perspective de gauche fortement marquée, d'une part, par la théorie de la décolonisation développée par les écrivains Frantz Fanon et Albert Memmi, d'autre part, par sa lecture de textes politiques classiques, comme le fameux Traité sur la servitude volontaire de La Boétie, ce fidèle ami de Montaigne dont il collectionnait les différentes éditions.

Falardeau carburait à un idéal qui veut faire avancer le convoi humain de ceux qu'il appelait sans cesse « ses frères ». Peu importe pour lui leur origine, que « ses frères » soient « blancs, noirs, rouges ou mauves avec des picots verts », pourvu qu'ils tendent vers le même idéal que lui. Pour les autres, il se montre sans pitié, parfois jusqu'à l'excès propre à son style naturel de pamphlétaire.

Dans les jalons de cette longue marche politique qui fut la sienne, on trouve sans cesse l'expression d'une crainte viscérale de voir son peuple se déstructurer dans un magma américain abrutissant. Son oeuvre de cinéaste et d'écrivain est inextricable de ce combat politique de tous les instants qu'il paye de son énergie, toujours sans compter.

Jusqu'à la limite de ses capacités physiques, il avait continué d'accepter, jusqu'à tout récemment, les invitations à parler un peu partout, ralliant ces destinations souvent improbables avec sa vieille auto, ne demandant rien en retour.

Formation

Né en 1946, Falardeau grandit à Châteauguay. Il mène des études au Collège de Montréal et se lie à l'époque d'amitié avec le comédien Julien Poulin, qui sera de tous ses films ou presque. Il se révèle sportif et brille même en athlétisme, tout en s'intéressant de près au football américain.

Dans les années 1960, Falardeau découvre avec bonheur les possibilités du cinéma direct avec les films de Pierre Perrault et de Gilles Groulx en particulier. Il boit les mots des poètes Pablo Neruda et Gaston Miron, se passionne pour l'oeuvre de Camus autant que pour la boxe, sorte d'allégorie pour lui des luttes sociales.

?ã la suite d'études en anthropologie à l'Université de Montréal, il voyage aux quatre coins du monde, sensible partout au sort de tous les condamnés à l'enfer sur Terre.

La Crise d'octobre marque dans sa vie un tournant important. Le jour de Noël 1970, par un froid glacial, il va manifester, avec une maigre poignée de militants, devant le pénitencier Pathenais afin que les quelque 500 détenus politiques soient libérés. Après la crise, il prend l'habitude de rendre visite en prison à Francis Simard, un des felquistes arrêtés pour l'enlèvement du ministre Pierre Laporte.

L'amitié qui le lie à Simard le mène à tourner Le Party (1989), film dans lequel le chanteur Richard Desjardins est révélé pour la première fois à un vaste public. En 1994, Falardeau lance Octobre, un film dont le scénario repose sur l'autobiographie de Simard, un homme qu'il dira toujours « aimer comme son frère ».

Polémiques

En marge de son oeuvre de fiction, Falardeau consacre, avec sa compagne Manon Leriche, un film à l'univers de la boxe. C'est Le Steak (1992), qui met en vedette l'ancien champion canadien Gaëtan Hart. Puis, Le Temps des bouffons, un pamphlet mordant tourné en 1985, mais monté plus tard et diffusé d'abord seulement de main à main, sous le manteau, connaît un prodigieux succès, en marge des circuits habituels du cinéma.

Ce court-métrage se moque, avec un langage dévastateur, du système colonial sur lequel s'est établi et perpétué le Canada. Les images des célébrations triomphales du 200e anniversaire du Beaver Club, tenues à l'hôtel Reine Elizabeth, permettent au cinéaste de dénoncer, selon ses mots, « ce beau ramassis d'insignifiants, vulgaires, chromés et cravatés » qui, au nom de l'exploitation d'hier, célèbrent celle d'aujourd'hui.

Le Temps des bouffons, soutenu par la narration du cinéaste lui-même, remporte un chapelet de récompenses à l'étranger, dont un prix au Festival du court-métrage de Barcelone, avant d'être considéré comme un classique du genre, notamment par le documentariste français Pierre Carles.

Au début des années 1990, son projet de film basé sur les lettres du notaire François Chevalier de Lorimier, pendu haut et court le 15 février 1839, est rejeté par l'organisme subventionnaire fédéral pour des motifs d'ordre politique, comme le révèle la lecture des rapports de l'époque. Les essais de tournage des deux brillants comédiens du film, Luc Picard et Sylvie Drapeau, ne suffisent pas à assurer une révision favorable de son dossier. Contre ce vent populaire très favorable à Falardeau, le président de Téléfilm Canada de l'époque, François Macerola, persiste et signe, allant même jusqu'à faire livrer au cinéaste, en guise d'appréciation de ses propos incendiaires à son égard, une douzaine de beignes garnis de sucre. Falardeau doit alors s'en remettre à une souscription du public.

Il faut dire qu'à peu près tous les projets de films de Falardeau subissent des tiraillements d'ordre divers devant les instances de financement gouvernemental. Souvent, la ligne à tirer entre l'entêtement radical du cinéaste, la censure dont il est parfois victime et la qualité du jugement critique des subventionneurs n'est pas évidente.

Dépité par une suite de refus ou de culs-de-sac techniques, Pierre Falardeau reprend en 2004 son personnage d'Elvis Gratton, figure type du colonisé avec lequel il tente de dénoncer, depuis le début des années 1980, un système d'abrutissement collectif. Les films de la série, en particulier le dernier, Le Retour d'Elvis Wong (2004), sont boudés ou hués par la critique professionnelle, bien qu'ils connaissent un très important succès populaire.

L'art du pamphlet

Falardeau se reconnaît volontiers dans le style brûlant et sans retenue des polémistes du XIXe siècle. La liberté n'est pas une marque de yogourt (1995), son premier livre, est constitué pour l'essentiel de textes inédits ou refusés par les journaux. L'ouvrage est vite remarqué par le critique Bernard Pivot qui, le premier, sur le plateau de télévision de son émission littéraire, salue le cinéaste comme un véritable écrivain. Dès lors, Falardeau devient un habitué des salons du livre et ses textes, plus facilement diffusés qu'avant, constituent toujours l'occasion de vifs débats.

?ã compter de 1997, il collabore au journal satirique Le Couac, alors une sorte de courtepointe de plusieurs tendances de gauche. Il rejoindra la rédaction du journal indépendantiste Le Québécois au cours de la décennie suivante. ?ã cette enseigne, il publie quelques recueils d'entretiens, tout en continuant de publier ses livres principaux chez des éditeurs établis: Les boeufs sont lents mais la terre est patiente (1999), Rien n'est plus précieux que la liberté et l'indépendance (2009).

?ã la fin de sa vie, il collabore comme chroniqueur au défunt hebdomadaire Ici du groupe Quebecor où, dès sa première contribution, il crée une polémique pour avoir pris à partie David Suzuki, qu'il traite de « japanouille » pour sa propension à donner au Québec des leçons de partisanerie politique, domaine où Falardeau juge que l'écologiste canadien outrepasse dangereusement ses compétences.

La détestation dont Falardeau abreuve certains de ses ennemis idéologiques ou des figures publiques qui lui servent simplement de têtes de Turc pourrait faire l'objet d'une véritable anthologie.

Le jour des funérailles de Pierre Elliott Trudeau, il tente de réserver les services d'un avion qui aurait traîné, dans son sillage, une immense banderole où il aurait été écrit « Mange de la marde », en référence directe aux paroles adressées jadis par l'ancien premier ministre à des grévistes. L'affaire est vite rapportée par les médias.

?ã la mort de Claude Ryan, ancien chef du Parti libéral et directeur du Devoir, il n'hésite pas à affirmer une fois de plus tout le mépris qu'il porte au personnage, en concluant son texte de circonstance par un « Salut pourriture », une provocation qui finit aussi par faire la manchette des bulletins de nouvelles.

Les journalistes eux-mêmes sont très souvent l'objet de ses saillies. Un chroniqueur populiste du quotidien de la rue Saint-Jacques, qui se plaint de s'être fait traiter en public d'« ordure » par Falardeau, aura droit à une réplique cinglante. Il est faux, affirme le cinéaste, « que je l'ai traité d'ordure, un soir, dans la rue près de chez nous ». Faux, plaide-t-il, parce qu'il l'a traité d'absolument tous les noms — qu'il répète volontiers —, mais pas d'« ordure »...

Ses prises de position en faveur des Palestiniens apparaissent à certains contradictoires avec sa passion immodérée pour l'histoire de la résistance des juifs au joug des nazis. En matière de politique internationale, Falardeau navigue volontiers sur la ligne du risque, au nom de principes de liberté qu'il défend à l'occasion comme un équilibriste en fâcheuse posture. Malgré les sorties controversées de l'humoriste français Dieudonné, il continue ainsi à le défendre, au nom de la liberté d'expression, bien qu'en se demandant parfois si le personnage ne va franchement pas trop loin.

La place grandissante qu'occupent les journalistes dans la fabrication des consentements sociaux l'inquiète beaucoup, ce qui le mène à des sorties assassines contre plusieurs d'entre eux. « J'ai beaucoup de respect pour le journalisme, mais les gens qui interviennent tous les jours sur tous les sujets, je ne crois pas à ça », répétera-t-il souvent.

Ses outrances verbales et ses coups de gueule ont l'art de fatiguer, voire d'exaspérer ceux qui, nombreux, sont volontiers plus nuancés que lui. Il n'en demeure pas moins une véritable vedette médiatique qui attire à lui jusqu'aux simples passants, qui l'acclament volontiers comme une sorte de héros populaire. Toujours très humble devant ses admirateurs, il fait aussi preuve d'une rare patience à les écouter. Invité partout, maintenant contre vents et marées un franc-parler et une vigueur peu commune, il est devenu au Québec, à compter de la fin du XXe siècle, une figure populaire aussi acclamée du public que le syndicaliste Michel Chartrand le fut en son temps.

Contrastes

En tête-à-tête, loin du bouillant polémiste connu grâce aux médias, il s'efface volontiers, se montre d'une gentillesse extrême tout en étant toujours prêt à discuter, parfois très longuement, d'une idée ou d'un point de vue. Ainsi, l'image publique du rebelle un peu fruste qui lui colle à la peau fait dès lors fortement contraste avec un homme de culture très sensible, doux, passionné par Bach autant que par Goya.

Son immense popularité, construite sans le secours de campagnes de publicitaires, mais bien par un militantisme sans relâche, l'avait emmuré peu à peu dans la carapace d'un personnage sans peur qu'il lui plaisait finalement beaucoup de traîner avec lui.

Son dernier projet de film, consacré à la vie au front d'un homme au cours de la guerre sanglante de 1914-1918, jardinier dans le civil dans une riche famille de la bourgeoisie anglophone, n'a jamais vraiment dépassé le stade du scénario. Le comédien et réalisateur Luc Picard, un ami de longue date, devait en principe le réaliser, mais une suite de brouilles, notamment avec sa productrice habituelle, et une santé désormais chancelante, ont apparemment fait en sorte de juguler le projet avant qu'il arrive à terme.
 
 
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  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    dimanche 27 septembre 2009 14h34
    Ce Moument que l'On Voit Partir Ailleurs et Autrement Libre, Volontaire, Passionné !
    Bon Début PM Honorable tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Mot concernant ce Cinéaste et Pamphlétaire Pierre Falardeau, qui n'est plus ou qui a passé à l'Autre Monde !

    Bin qu'IL ait été un Personnage "Coloré" ou ¨"Perplexe", Ti-Pierre demeure un des Incontournables du Monde des Paradoxes, dont certains Traduisent des Actions-Pensées Audacieuses (Octobre), Risquées (Party), Insultantes (Anti-Israël ou Pro-Hezbollah) et, parfois, Amusées (Elvis Gratton)!

    Que l'On soit d'Accord ou Autrement d'avec sa Personne, son Histoire, Ti-Pierre constitue un Monument de Mémoires et de Libérations d'Aucunes Libérations, d'Aucunes Mémoires Tangibles..., bien qu'Il ait été Souverainiste ou Indépendantiste de son Coeur, de sa Personne, voire de son Entourage, de son Peuple !

    Ce Monument que l'On Voit Partir Ailleurs et Autrement Libre, Volontaire, Passionné ! - 27 septembre 2009 -

  • Andre Vallee
    Abonné
    dimanche 27 septembre 2009 17h28
    Pierre
    Pierre,
    tu avais ta façon à toi de parler des "Raisons communes" de Fernand Dumont. Ceux qui sont trop "becs fins" pour te lire, surtout les politiciens qui ont dénigré le Moulin à paroles, pourraient au moins lire ce livre de Fernand Dumont.

  • Richard Larouche
    Inscrit
    dimanche 27 septembre 2009 18h32
    RIP Pierre Falardeau
    Dans un monde baîlloné par le "politically correct", Pierre Falardeau n'a jamais hésité à défendre ses idées et ses principes. Il était un des guerriers les plus vaillants pour promouvoir l'indépendance du Québec et pour critiquer le colonialisme canadien. Son courage est véritablement un exemple à suivre. Merci pour ton oeuvre colossale !

    RIP Pierre Falardeau !

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    dimanche 27 septembre 2009 22h30
    Les fourberies des fédéralistes
    Il est rafraîchissant de vivre la vérité de Falardeau, Bourgault, Parizeau, Laurin et Beaudoin. En contraste le peuple québécois vie une déception grand format entretenue par les Trudeau, Chrétien, Dion, Coderre, Ryan, Charest et bien d`autres fédéralistes dans la lignée de George-Étienne Cartier. Ils veulent l`assimilation sans compromis. Pourtant l`histoire est limpide à ce sujet. Pourquoi la vision de Falardeau serait-elle plus destructrice de par sa mission, soit de nous libérer de notre jaougue tragique? Pourtant les Elvis Graton sont si présent et nombreux pour mettre en péril notre survie comme peuple.

  • Pierre Schneider
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 05h25
    Une photo bien cadrée
    Bravo pour ce texte qui nous décrit avec des mots justes l'homme, le cinéaste, le pamphlétaire, le militant et le guerrier qu'était Pierre Falardeau. Une grande perte pour le Québec.

  • Yan St-Pierre
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 06h34
    Le combat continue!
    Quel choc! On savait Falardeau malade, très malade, mais comme sa fougue masquait bien son état, son décès cause malgré une grande surprise. À croire qu'il a attendu le dénouement du moulin à paroles pour se laisser aller.

    J'ai eu la chance de rencontrer et de discuter avec l'homme à quelques reprises et oui, les différents hommages sont vrais: l'homme était d'une intelligence vive au comportement posé, un contaste frappant avec le personnage public colérique et hargneux qu'il exposait. C'était un grand homme, un grand artiste et un grand combattant, et cet aspect doit être compris au-delà du cadre politique Québécois.

    À 18 ans, dans la foulée d'«Octobre», du «Temps des Bouffons» et du référendum, la lecture de «La liberté n'est pas une marque de yogourt» m'avait profondément marqué et fait comprendre que l'engagement, même seul pour sa cause, avait sa place et sa valeur. Il était un exemple à suivre.

    Ken Loach possède une réputation internationale en raison de son engagement artistique et social. Il est reconnu comme un incontournable qui déplace les foules dans les festivals et les manifestations. Pour moi, Falardeau vaut tout autant que Loach et méritait mieux que de mener une vie de combats inutiles. On aurait dû reconnaître la toute la portée de son oeuvre bien avant, de son vivant.

    Merci monsieur Falardeau. Profitez du repos, car vous avez su réveiller toute une génération qui poursuivra votre oeuvre extraordinaire.

  • Rémi Tremblay
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 08h56
    Nous vaincrons!
    Votre portrait de Pierre Falardeau est en effet d'une grand justesse. Reste que le dernier scénario auquel il a travaillé s'intitule "La Job" et a été publié aux éditions du Québécois plus tôt cette année. Bien entendu, le projet avait préalablement été refusé par les institutions néo-coloniales canadiennes...

    Vive le Québec libre!

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 28 septembre 2009 10h18
    Salut ben....
    ...et vogue la galère!

  • yvon couillard
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 12h30
    pierre falardeau
    Félix Leclerc disait de Pierre Bourgeault:
    C'est notre couteau.
    Moi, je dis que Pierre Falardeau:
    C'est notre canon

    Yvon Couillard,
    Montréal

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 21h08
    Le moulin a Paroles n'aura pas été en vain !
    Quelle grande victoire symbolique !

    Ceci dû au fait que P Falardeau a ameuté l'opinion publique sur l'inanité d'une 'celebration' a l'anglaise avec les canons, mousquets et autres bombardes commandée, encore une fois, par un de ces French-Canadian-Pea-Soup de service a la solde d'un organisme 'canadian'.

    Cette récupération du sens de cette bataille pour la conquête de l'Amérique au profit de la véritable célébration, celle de la persévérance canadienne-française sur cette terre condamnée mille fois a l'assimilation et la folklorisation par les envahisseurs Anglais a été une victoire éminemment symbolique et patriotique en démontrant la stupidité intrinsèque de ce concept éculé de reconstitution de batailles passées, propre aux peuples anglo-saxons. De cela, sachez que Nous vous en serons éternellement reconnaîssantEs.

    J'aimerais vous dire, monsieur Falardeau, que vous aurez, par votre cinématographie et votre prise de parole sans peur des conséquences fâcheuses, ajouté au corpus imaginaire et symbolique québécois ce qui pouvait Nous manquer pour enfin devenir un peuple adulte, c'-a-d penser avant d'agir, poser des questions sur les idées et vérités reçues, les remettre en perspective, désigner l'Exploiteur et les exploitéEs, appeler a l'émancipation de ces derniers tant sur les plans économique, culturelle que nationale nationale, nommer et dénoncer l'aliénation de la force de travail du peuple ainsi que celle de sa colonisation de l'intérieur, refuser la souffrance inutile et combattre pour la résorber, ou pour laquelle il faudra qu'elle soit plus endurable, jusqu'au Grand Soir de la libération nationale ou Nous résoudrons tous Nos problèmes entre Nous.

    J'aiemrais pouvoir vous répondre a l'unisson des personnes qui vous estiment et qui vous admirent avec cette paraphrase d'un texte foudroyant de Claude Gauvreau:

    Il faut poser des gestes
    D'une si complète audace
    Que même ceux qui les réprimeront
    Devront admettre
    Qu'un pouce de délivrance
    Aura été conquis pour tous

    La charge de l'Orignal Épormyable, 1955.

    Salut, camarade Falardeau, merci pour cette étincelante présence sur la patinoire nationale et mes sympathies a la famille et aux proches !

  • Michel Dufour
    Inscrit
    mardi 29 septembre 2009 01h09
    Sa verve nous manquera!
    Un monument du Québec est mort....Longue vie à sa mémoire, son talent et son engagement! Merci pour tout Pierre Falardeau!

  • Gaétan Laprise
    Abonné
    lundi 5 octobre 2009 20h49
    Une chance...
    Une chance qu'il n'est pas là, il aurait détruit votre texte à coup de pelle et vous aurait enguirlandé. Si ce n'est plus. Il avait comme une méfiance exagérée du conscensus. Qu'il ait tenu les journalistes pour potentiellement dangereux est plutôt sain, dans un monde où ceux qui ont la parole ont un pouvoir énorme, il est bon de leur rappeler leur vrai rôle.

    Il y a une chose dont on ne peut l'accuser, c'est d'avoir jamais manqué de mémoire, il n'a jamais oublié quelqu'un qui a essayé de crosser le Québec, d'où ses commentaires posthumes sur PET et Ryan. Et ça en prend des comme ça.

    Même si des fois on avait le goût de dire ; "Farme ta gueule Falardeau", crisse que cette parole va nous manquer.
    Alex.

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