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Pierre Falardeau (1946-2009) - Mort d'un libre-penseur fort en gueule

Caroline Montpetit   28 septembre 2009  Cinéma
Photo : Jean-François Leblanc Agence Stock Photos
Gueulard impénitent, militant obstiné pour l'indépendance du Québec, cinéaste et écrivain sensible, Pierre Falardeau faisait encore couler beaucoup d'encre hier, 36 heures après avoir rendu l'âme, vaincu par un cancer du poumon, à 62 ans, au Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Ceux qui ont connu l'homme privé insistaient beaucoup pour parler de sa gentillesse méconnue, de son écoute, voire de sa timidité. D'autres soulignaient les excès de l'homme public, qui comparait l'action politique des Québécois à la lutte sportive. Il avait par exemple conclu un texte en écrivant « Salut pourriture! » à la mort de Claude Ryan, et il avait voulu réserver un avion portant une bannière où était inscrit « Mange de la marde », lors de la mort de Pierre Elliott Trudeau, faisant référence à des propos que le premier ministre canadien avait tenus plus tôt à des grévistes. Les militants pour l'indépendance du Québec mesuraient encore l'étendue de la perte pour leurs troupes. Plusieurs de ses adversaires politiques déploraient le départ de l'artiste. Tous saluaient l'indispensable liberté de cet homme érudit plein de paradoxes, aimant Bach, Nietzsche et Goya.

Liberté, valeur par-dessus tout chérie par cet homme qui avait signé les livres La liberté n'est pas une marque de yogourt, Québec libre et, plus récemment encore, Rien n'est plus précieux que la liberté et l'indépendance.

Dans une lettre qu'il avait écrite à son fils Jérémie, au moment du référendum de 1995, et qui a été lue par le comédien Luc Picard, à l'occasion du Moulin à paroles, le 11 septembre dernier sur les plaines d'Abraham, Pierre Falardeau écrivait:

« Dans quinze ou vingt ans, tu liras peut-être cette lettre. ?ã ce moment-là, ton père sera devenu un vieil homme. Vainqueur ou vaincu, peu importe. Au moins, tu sauras qu'il n'aura pas reculé, qu'il n'a pas courbé la tête, qu'il ne s'est pas écrasé bêtement par paresse ou par lâcheté. Tu sauras qu'il s'est battu pour la cause de la liberté comme tu devras te battre à ton tour. C'est la loi des hommes, c'est la loi de la vie. »

Sur plusieurs photos, il apparaît encore souriant, la cigarette aux lèvres. Pourtant, il avait bel et bien mis fin à son habitude de fumer des Lucky Strike au cours des derniers mois, pour mieux combattre la maladie qui le rongeait depuis deux ans.

« Je l'ai bien connu, dit le cinéaste Bernard Émond, qui a notamment étudié l'anthropologie avec Pierre Falardeau à l'Université de Montréal il y a quarante ans. Je ne vais pas parler de la personne publique [...] je veux juste rappeler l'homme privé, d'une grande gentillesse. Peu de gens savent à quel point il pouvait être gentil et à l'écoute des gens, délicat, timide, allant malgré tout vers les autres. On connaît le personnage public avec ses coups de gueule, mais il était aussi très curieux, questionnait beaucoup, à l'aise dans tous les milieux. Il n'était pas rare de le voir s'arrêter pour discuter avec n'importe qui. »

Pour Luc Picard, qui a joué dans deux films importants de Falardeau, Octobre et 15 février 1839, portant respectivement sur la Crise d'octobre et sur la rébellion des Patriotes, Pierre Falardeau était un bon vivant, drôle, candide, humain. « Il disait: "moi je me donne le droit de me tromper". Il avait le courage de ses opinions et de ses émotions. Alors, d'accord, pas d'accord, cela sonnait vrai », dit-il. Falardeau se voyait d'abord et avant tout comme un militant, et a toujours établi un parallèle entre combat sportif et combat politique. « Il disait: "je donne des tapes sur la gueule, fait que j'en reçois" », se souvient Picard. L'homme était d'ailleurs fasciné par la boxe, au point de lui consacrer un film, Le Steak.

Victor-Lévy Beaulieu, qui a mené le combat de l'indépendance du Québec durant les mêmes années que Falardeau, se souvient de l'époque où le documentaire Le Temps des bouffons, de Falardeau, filmé lors d'une soirée de la haute gomme fédéraliste au Beaver Club, circulait sous le manteau, parce qu'aucun média électronique n'avait accepté de le diffuser. Parallèlement, la série des Elvis Gratton a permis à Falardeau d'atteindre le grand public. « On est peu nombreux, depuis 25 ans, à avoir tenu une ligne de conduite et à être restés logiques avec cette ligne de conduite, dit-il. Je pense que cela a donné des résultats, notamment auprès des immigrants. J'écoutais hier soir Jean Pascal, immigrant de première génération, champion de boxe [...] qui parlait de Falardeau comme d'un complice. » La verdeur de langage de Falardeau était d'ailleurs nécessaire au mouvement indépendantiste, et ses talents de polémiste le hissent dans l'histoire du Québec auprès des Louis Fréchette et Arthur Buies, Michel Chartrand, selon Victor-Lévy Beaulieu. De Falardeau, il souligne encore la joie communicative, qui a formé de nouveaux militants parmi les jeunes, dont Patrick Bourgeois, de l'organisation Québécois, qui remerciait d'ailleurs hier Pierre Falardeau pour sa générosité « envers l'ensemble du mouvement indépendantiste ».

Tout sauf convenu

Le cinéaste était tout sauf convenu, bien sûr. Et l'auteur François Avard vantait lui aussi hier, dans une lettre aux médias, la vitalité de Falardeau dans la torpeur et la complaisance médiatique générales. « Dans le paysage médiatique, un Falardeau debout parmi la bouillabaisse télévisuelle et la crétinerie de matante imprimée, c'était un vaccin. Falardeau immunisait, énergisait, et rassurait. Virtuose de la langue, sa plume et sa gueule étaient son arme, la débilité ambiante sa victime », écrit-il.

« On vit à une époque où on manque un peu d'imprudence, commente encore Luc Picard. Ce n'est de la faute de personne et c'est de la faute de tout le monde. Tout le monde fait attention. Mais si tu ne te donnes pas le droit de te tromper, tu ne fais rien. »

Durant le week-end, diverses personnalités politiques et quelques têtes couronnées ont souligné l'apport de Pierre Falardeau à la vie culturelle et politique québécoise. Samedi, l'ancien premier ministre et chef du Parti québécois Bernard Landry a dit regretter la perte « d'un grand cinéaste, un auteur, une plume agile et alerte, et puis des interventions nombreuses et de toutes les manières dans le combat fondamental de l'indépendance nationale ».

Pauline Marois, chef du Parti québécois, a dit avoir « toujours été impressionnée par sa générosité, par son talent, et par son engagement à l'égard du Québec. Il n'avait pas peur des mots. C'était un homme libre ». Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois a convenu « ne pas avoir partagé toutes les opinions de Pierre Falardeau », mais a loué sa grande conviction et son oeuvre. Amir Khadir, député et co-chef de Québec solidaire, a apprécié que Pierre Falardeau ait « été là pour le Québec, mais pas seulement pour le Québec. Il était aussi là pour les peuples de la Palestine, de l'Irak, du Chili, a-t-il dit [...], notre peuple a bien besoin des Falardeau ».

Jusqu'au premier ministre du Québec, Jean Charest, qui y est allé d'une reconnaissance prudente de la production artistique de Falardeau. « M. Falardeau, on le sait, c'est un pamphlétaire, a-t-il dit. C'est un homme qui avait le goût de la polémique, qui avait des opinions très fortes, et qui, souvent, trouvait une formule-choc pour les exprimer. Par contre, son oeuvre artistique était substantielle. »

Pierre Falardeau détestait les honneurs, semble-t-il. Une soirée organisée par le Mouvement souverainiste du Québec lui rendra pourtant hommage, le 11 octobre prochain. Les funérailles de Pierre Falardeau seront publiques, et le public pourra aussi témoigner de son affection lors d'une cérémonie organisée dans un espace public quelques jours auparavant. Les dates et les lieux seront connus sous peu. Pierre Falardeau écrivait un jour que l'on a toute la mort pour dormir. Ce sera pour lui une dernière occasion de secouer les vivants.

***

Avec la collaboration de Jean-François Nadeau

Le Devoir

et La Presse canadienne






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Vos réactions

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  • André Loiselet
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 01h12
    Funérailles nationales
    Sous un Québec socialiste et souverain, nous aurions les funérailles nationales que ce boxeur mérite.
    Parti trop vite, Pierre, à cause des clous de cercueil et de la somnolence généralisée.
    Quel autre pamphlétaire québécois avons-nous?
    "Je cherche un homme..." comme dirait l'autre.

  • Yves Capuano
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 01h51
    L'irremplaçable Pierre Falardeau...
    La mort d'un libre-penseur tel que Pierre Falardeau fait mal. Elle fait d'autant plus mal que ses successeurs sont plutôt rares. Des guerriers de sa trempe et de son courage sont absolument nécessaires pour la liberté de notre peuple. Bien sûr qu'il n'était pas parfait et qu'il échappait quelques conneries de temps à autre, mais il avait le courage de dire les "vraies affaires" et ça nous faisait du bien. Encore plus important, Pierre Falardeau est peut-être notre seul artiste qui a dédié son oeuvre artistique à l'indépendance du Québec et peut-être le seul à la défendre publiquement avec vigueur en toutes occasions. Si nos autres artistes avaient le quart du courage de Falardeau pour gagner la liberté de notre peuple, on aurait sans doutes notre pays depuis longtemps. Il ne fait aucun doute que Pierre Falardeau mérite amplement une statue à Montréal...

  • Andrew Savage
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 02h31
    Adieu Monsieur Falardeau
    Condoléances à la famille du défunt, et à ses amis.

    On peut être en accord ou non avec ses convictions : mais, il avait des convictions, ce qui est rare ; on peut pérorer sur les aspérités du personnage public : mais, il avait une personnalité : ce qui est tout aussi rare ; et nul ne peut nier son talent cinématographique.

    Un véritable génie au sens hégélien du terme : une singulière et profonde sensibilité directement connectée sur le destin de sa nation. Pour tout dire, il incarnait le courage de la liberté pour un peuple frileux et hésitant. Et peu se sont élevés ici à cette dignité, en cette période étonnamment complexe.

    Comme artiste, il savait plaisamment mettre en relief les travers de son peuple, ce qui lui donne une stature nationale. Il était aussi un critique impitoyable de la bêtise humaine, et en cela, il était un créateur ayant une valeur universelle.

    Ses impitoyables et pertinentes critiques des médias de masse qui abusent impunément («radio-cadenas») ; ses souriantes critiques de l'aliénation de la nouvelle classe moyenne québécoise («Elvis Gratton»), et celles plus acides du néo-colonialisme intérieur («Le temps des bouffons») n'ont pas de pareils, par la simplicité et la vivacité de la peinture ; et marquèrent d'une manière indélébile la quête d'identité des «souchidères».

    Ceux qui tentent de rapetisser l'homme, en le classant comme «fort en gueule», ou «pamphlétaire» ont tort, et oublient l'importance des sujets qu'il aborde, le contexte, les conditions dans lesquelles il a dû créer, agir, ainsi que la profondeur de son propos. Il ne semblait pas aimer les intellectuels québécois, et on peut comprendre pourquoi ...

    Souvent satirique, et parfois colérique, Dante l'eut placé sans doute dans la troisième corniche de son purgatoire, mais sûrement pas en enfer. Les sacrifices qu'il a dû consentir pour s'exprimer pourrait même l'élever au rang des martyrs de la liberté et du sublime, pas loin de l' Ingénieux Hidalgo Don Quichotte De La Manche redevenu, au terme de ses périlleuses et flamboyantes aventures imaginaires, Alonzo Quijano le bon...

    Son oeuvre pourrait aussi ne durer que le temps que durera la nation québécoise ; éternellement peut-être ... Un phare parmi la pléthore d'accommodements de moins en moins raisonnables.

  • ANDRÉ TAILLON
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 02h42
    Cloner le Kecqu'un
    Cloner le kecqu'un!

    L'hypocrisie dans les éloges ou la reconnaissance d'un homme qu'après sa mort.
    Falardeau doit rire dans sa barbe après avoir entendu les biens pensants exprimer tour à tour leurs témoignages en ce qui à trait à ses oeuvres, son combat et sa vie. Il doit ce dire « TABARNAK vaux mieux être mort que mort vivant! »Prenez par exemple la déclaration de la chef du Parti québécois Pauline Marois, elle estime que le mouvement souverainiste vient de subir une «très grosse perte».
    Mme Marois avance que malgré certains propos extrémistes, le point de vue de Pierre Falardeau sur la souveraineté était pertinent afin de faire progresser la cause. «J'ai toujours été contre toute forme de violence et je n'ai jamais hésité à dénoncer certains de ses propos. Mais pour faire avancer la cause souverainiste, il faudrait peut-être souhaiter avoir quelques autres personnes comme Pierre Falardeau. Peut-être pas des dizaines, mais il en faudrait d'autres.»
    On peut lire entre les lignes que Madame Pauline aimerais bien avoir quelques autres PF pour la cause souverainiste, surtout pas plusieurs et certainement pas des dizaines.
    Justement, Mme, il en aurait fallu plus de mille pour botter l'cul du PQ !
    Commencez donc par appuyer Patrick Bourgeois pendant qu'il est jeune!
    PS /
    Pierre j'ai recours à Microsoft office pour m'aider dans mes textes. Pourrais-tu m'expliquer pourquoi qu'à chaque fois que j'écris Falardeau ton nom est automatiquement souligné de rouge pour m'indiquer qu'il y à une faute? J'ai regardé quand même la définition suggéré et Batardeau te vas à merveille!
    Merci PB

  • Pierre Schneider
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 04h56
    L'hypocrisie des politiciens
    Madame Marois se dit impressionnée par un Falardeau qui n'avait pas peur des mots. Or, elle a ordonné à ses députés de ne plus commanditer par leurs annonces le journal Le Québécois dans lequel l'ami Falardeau écrivait une chronique pas piquée des vers. Et, comme toute la classe politique, les petits politiciens vont maintenant tenter de récupérer la mort de mon chum pour se faire du capital politique. Eux qui n'hésitent pas à prêter le serment d'allégeance et de loyauté à la Reine...et qui ne parlent jamais de République.
    Pauvre Falardeau, ils vont t'exploiter jusque dans ton dernier repos, ces rapaces que tu détestais tant !

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 06h14
    Maudit Falardeau! Quelle hostie d'idée t'as eu de nous quitter!
    Maudite nouvelle que je vois en ouvrant mon écran!

    Falardeau, quelle maudite mauvaise idée t'as eue de nous quitter!

    Falardeau, quel courage t'avais d'être ce que tu as été.
    Falardeau, je te dis «tu» comme pour me rapprocher, si je t'avais rencontré, jamais je n'aurais osé. Je te respectais trop. Mais le «tu», avec toi, c'est comme normal. C'est comme pour être vrai sans s'enfarger dans les fleurs du tapis.

    Falardeau qu'est-ce qu'on va faire sans toi?
    Falardeau personne pourra te remplacer, c'est bien triste, parce qu'on avait besoin de toi. Une grande gueule avec une tête et un coeur, ça fait tellement de bien à entendre. L'hostie de langue de bois, si tu savais parfois comment ça me fait chier.

    Si tu te couches on va te marcher dessus, si tu te tiens debout, on va finir par te dire monsieur. Merci, Monsieur Falardeau de nous avoir appris ça, même si on ne comprend jamais rien.

    Maudit Falardeau, ça me fait de la peine en kriss que tu ne sois plus là. Je me laisse aller à sacrer, y a tellement de fois que j'en ai envie et que je ne me le sens pas permis, j'en profite avec toi.
    Je sais bien que pour toi, ce ne sont pas les hosties de sacres et les gros mots sans décoration que tu remarques, mais le coeur, la vérité et l'émotion qu'ils nous garrochent en plein visage et qui nous vont droit au coeur que tu comprends.
    Il y a tellement de gens qui se cachent derrière les beaux mots, les belles cravates et les beaux vestons et qui sont d'une vulgarité, d'une fausseté, d'une hypocrisie à te faire vomir. Toi, jamais tu ne t'es caché. Un courage d'être, une fierté sans gène, où les défauts et les qualités se mêlaient à ne plus savoir lesquels étaient lesquels.

    On pourrait dire: t'en a fait chier du monde!
    Tout ce monde d'hypocrisie et malheureusement tout ce monde tellement éduqué et qu'on a tellement habitué à ne voir que le mot et la cravate sans saisir la justesse du propos et l'hypocrisie des beaux discours.
    Il y en aura sûrement qui vont dire: Falardeau a crevé, "Bon débarras!"
    Quelle tristesse! Ces gens te disaient extrémiste parce que simplement tu appelais les choses par leur nom et surtout tu avais le courage de tes convictions. Tu n'étais pas le genre à "bloguer" en te cachant sous un pseudonyme. Tu n'avais pas la lâcheté de cacher tes idées pour obtenir des faveurs. Y tellement de prostitués. Des gens qui parlent pour faire plaisir.
    J'admirais ton courage, Falardeau, jamais je ne pourrai en avoir autant.

    On va pas se mettre à niaiser... kriss, je t'aimais Falardeau.

    Ça me faisait toujours de la peine de voir des gens, parfois te haïr comme si tu étais leur ennemi. Comme si tu pouvais être l'ennemi de qui que ce soit! Les gens sont incapables de comprendre qu'on n'est jamais l'ennemi de quelqu'un, mais l'ennemi de certaines idées, de certaines manigances, l'ennemi de l'hypocrisie, l'ennemi de la fourberie, l'ennemi des crossages, l'ennemi des crosseurs, l'ennemi de l'INJUSTICE, mais jamais l'ennemi des personnes.
    Se battre contre un crosseur, ce n'est pas se battre contre la personne, mais c'est se battre contre ce qu'elle fait.
    Tu n'étais pas du genre à aller tuer du barbare, même si tu avais le physique du char d'assaut avec la gueule comme un canon. Tes yeux cherchaient le contact humain et derrière tes gros mots c'était de rejoindre les coeurs. Mais, il y a tellement de caves qui ne voient rien des coeurs. Tellement de caves prêts à partir en guerre. Tellement de gens "civilisés" pas vulgaires pour un sou (en apparence), mais prêts à prendre les armes pour aller tuer leurs semblables qu'ils considèrent "barbares". Avec tes gros mots, tu étais un pacifiste, Falardeau. Le monde a tellement besoin de paix!

    Pacifiste, ça ne veut pas dire moumoune et tolérer l'injustice. L'injustice te faisait chier, et comment! Prendre les armes contre l'injustice oui, prendre les armes pour autre chose, non, ce serait trop injuste.

    Maudit, Falardeau, quelle idée t'as eue de nous quitter!

    Salut Pierre, j'espère qu'où tu es il y a moins d'hypocrisie et que tu pourras enfin te reposer. Tu le mérites bien.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Ti Gus
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 06h35
    Falardeau
    Nous avons perdu un grand homme de la trempe de René Lévesque. Ceux qui critiquent la grossiereté de son language et du personnage n'ont rien compris qu'il n était qu'un provocateur a la maniere de Serge Gainsbourg.Il ne laissait personne indifférent.

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 07h27
    Il aura décrit le colonisé québécois comme pas un
    Falardeau aura décrit le colonisé québécois comme aucun autre auteur au Québec. Il lui aura même trouvé un nom: Elvis Gratton.

  • Julie Bouchard
    Inscrite
    lundi 28 septembre 2009 07h38
    Merci Pierre Falardeau
    Je parlais avec des gens de Pierre Falardeau, samedi, et la plupart d'entre eux déploraient son langage, ses coups de gueule, ses colères. Il me semble que c'était être sourd non seulement aux propos de Falardeau, mais aussi aux imbécilités qui le faisaient réagir. Oui, il gueulait, mais ce qui est triste, c'est que plus personne ne le fera aussi bien que lui.

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 07h50
    Un homme qui avait le mérite d'être franc
    L'ardent nationaliste qu'était Pierre Falardeau n'y allait par quatre chemins pour dénoncer ce qui le révoltait. Pensons par exemple à l'attitude colonisée d'un nombre encore important de ses compatriotes, à la lâcheté de certains leaders politiques vis-à-vis la défense des intérêts du Québec...

    On a souvent reproché à ce cinéaste et militant d'utiliser un langage vulgaire. Cependant, Falardeau avait au moins le mérite d'être franc et sincère. Quand il parlait, on savait vraiment ce qu'il pensait.

    Ça nous changeait du discours creux (les belles phrases qui ne veulent rien dire !)que nous servent la plupart du temps tant d'autres personnalités publiques - notamment nos chers politiciens. Falrdeau va nous manquer. J'aimais bien lire ses chroniques !

  • Georges Allaire
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 08h02
    Savoir détester...
    Falardeau a fait du bruit pour détester du monde. Pourtant, on peut aimer le Québec sans détester des Québécois. Falardeau a mis de l'enfer sur terre en promettant un Paradis dans des nuages d'avenir. René Lévesque a fait beaucoup plus pour le rêve québécois sans enseigner à détester. - La mort de Falardeau ne le rend pas plus sympathique que sa vie.

  • Paul Verreault
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 08h11
    Maudit
    Mourir c'est un manque de savoir vivre, c'est impoli et on y passera tous. Quelle mauvaise idée tu as eue, il y avait tant d'autres bons films et de justes combats encore à faire.
    Salut!

  • Guy Bergeron
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 08h28
    PIERRE ET NELLY
    PIERRE ET NELLY
    Deux artistes très critiques de notre société qui disparaissent presqu'en même temps. Notre gêne à reconnaître leur valeur, le fait de les avoir relégués à des rôles plus mineurs qu'ils ne le méritaient, alors qu'ils étaient parmi nous, a-t-elle précipité leur départ ? Nelly Arcan, par son choix, nous interpelle la-dessus. L'émission «Tout le monde en parle » s'essaye à l'occasion, à clouer une «victime» au pilori (on se souviendra de Raël, de Guy Fournier, de Paulne Marois); ces mini-chasses aux sorcières nous réjouissent nous, les spectateurs; la dernière visite de Nelly Arcan, si l'on s'en rappelle, était de cette eau. Questions su ses moeurs et des déclarations provocatrices, et le moins possible à l'essentiel : son écriture. L'auteure devait recourir à toutes ses réserves de dignité pour résister aux assauts d'une table entièrement composée d'hommes. Je mettrais la SRC au défi de rediffuser cette entrevue et

    d'assumer la myopie de certains abus de pouvoir. Dans le cas de Falardeau,l'importance qu'on accorde maintenant au « personnage », et le fait de reléguer l'oeuvre au second plan, révèle à mon avis un certain regret de ne pas lui avor accordé une écoute plus attentive.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 08h30
    La détestation
    La détestation, sport extrême pour Québécois extrémistes qui consiste à haïr et à insulter l'adversaire politique pris comme un ennemi parce qu'il pense autrement.

    Passer une grande partie de sa vie à haïr et à insulter peut être divertissant et "défoulant" mais peu efficace, même, contre-productif pour ses objectifs et mauvais pour sa santé de "l'haïsseur".

    Le mot d'ordre de la détestation : Passons de moutons à lions et, en groupe, insultons et haïssons !

  • Richard Desrochers
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 08h41
    mieux que le Pape
    Je ne vais certainement pas tomber dans le même piège et me réjouir de sa mort, comme il l'a déjà fait au sujet du décès de Claude Ryan. De fait, je ne me réjouis jamais de la mort de qui que ce soit. De là à dire qu'il ne sera pas remplacé ou qu'on suggère une funéraille nationale, il n'y a qu'un pas à franchir pour atteindre l'hystérie. Je ne suis pas certain cependant qu'il a aidé la cause nationale, de par son mépris envers ceux qui ne pensent pas comme lui. Et souvent à cause de lui, je me suis demandé quels seraient les droits démocratiques des Québécois qui préfèrent le Canada mais dans un Québec souverain. Ce n'est certainement pas dans le Devoir ou dans cette rubrique que nous aurons réponse à ce questionnement.

  • Groulx Suzanne
    Inscrite
    lundi 28 septembre 2009 09h36
    Falardeau, le héros !
    Merci Pierre Falardeau.
    Par devoir de mémoire, je ne cesserai de raconter à mes petits-enfants le combat de ce héros.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 09h37
    Nid de vipères
    Langue de bois, mensonges conditionnés selon la situation ont comblés nos esprits depuis la période Trudeau. Tant de fédéralistes intéressés à réduire la place des québécois dans ce pays artificiel appelé Canada. La liste des vrais indépendantistes est bien restreinte en comparaison. Les Bourgault, Parizeau, Beaudoin, Lorrain et Falardeau n`ont jamais utilisés cette langue de bois fourbie de mensonges. Ils ont voulus faire du Québec une société indépendante de toutes contraintes tordues promues par des fils confus. Falardeau était un fils de la liberté méconnue des descendants fossoyeurs de George-Étienne Cartier.

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 09h59
    Et la cause...?
    Il faudrait sans doute mener des sondages rigoureux, mais je soutiendrais que ce monsier à fait plus de tord que de bien à la cause qu'il disait défendre.

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 10h05
    @ monsieur Desrochers
    Vous vous questionnez sur ce que seraient les droits démocratiques des québecois d'allégeance canadienne. Pourtant vous avez toutes les réponses à vos questions, ils seraient exactement les mêmes que ceux des québecois dans le Canada... Assurant ainsi la pérennité de nos valeurs face aux petites trahisons habituelles de nos semblables...

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 28 septembre 2009 10h12
    Qu'il repose en paix....à côté de Claude Ryan.
    Les pkiss sont en train de récupérer l'évènement et c'est le moulin à paroles qui se poursuit, de diatribe en diatribe. Pour eux, au moins, son décès aura servi à quelque chose!

    Faut-il pleurer, faut-il en rire....!!!!! Les anarchistes vont devoir se trouver une autre grande gueule; ça ne devrait pas être tellement difficile.

    Qu'il repose en paix, loin des cris et du tumulte, à côté de Claude Ryan!

  • Robert Dumont
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 10h53
    Merci!
    Ta chaise sera vide autour de notre table mais tu seras présent en nous, immortel, merci Falardeau!

  • Rafik Berzi
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 11h05
    Ostie!
    Salut Pierre, moi, un étranger venu m'établir au Québec, tu m'a permis de comprendre ton pays, ces combats et sa langue. Je suis en France pour des vacances et ici je crois qu'on a déjà perdu le combat, entre les Optical Centre et les Athletic's feets (bien traduit par Pied d'athlète et non pas par Pied Athlétique!), je préfère de loin ta langue bien colorée.
    Je me souviens de ce film que tu as fait sur St-Henri et que j'ai regardé pour la première fois au café Va et Viens sur Notre Dame (disparu maintenant)a bien changé ma vision de ce quartier qu'on nous décrivait comme infréquentable. J'y ai vu des gens, ouvriers certes, mais fier et heureux.
    Que le Québec ne t'oublie jamais. Moi en tout cas, je ne t'oublierai jamais.
    Merci Pierre.

  • Michel HAins
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 11h53
    Qu'on aime , qu'on aime pas
    Falardeau aura au moins eu le mérite d'avoir été clair et non évasif comme la majorité quasi totale des politiciens et analystes de ce monde.
    Merci pour avoir gueulé tout haut ce que bien de nous pensons tout bas.
    Au delà de tout , mes penséées sont avec ta conjointe et tes enfants qui ont perdu un compagnon de vie et un père.

  • Sylvain Guilbault
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 12h34
    Merci M. Falardeau
    La mort de M. Falardeau me chagrine beaucoup. Il faisait partie d'une race composée par très peu d'individus. Pour me consoler je me rappelle le titre d'un de ses livres: "Les boeufs sont lents, mais la terre est patiente".

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 12h41
    La rue Amerst: la rue Pierre-Falardeau
    On cherchait un nom pour la rue Amerst. On a trouvé

  • André Michaud
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 12h46
    Bonsoir pourriture?
    Si Falardeau a traité de pourriture M.Claude Ryan lors de son décès, j'estime que cette libetté d'expression vaut aussi pour moi..? Je ne jugerai pas l'humain, le père de famille etc par respect pour la famille,le décès d'un père , d'un mari etc est toujours pénible, seulement le personnage public.

    Falardeau était pour moi la personne la plus réactionnaire du Québec. Il vivait constamment dans le passé et se vantait de chauffer au bois (très polluant) et ne pas avoir d'ordinateur...difficle d'être plus réactionnaire et contre l'évolution.

    Il aimait une "idée du Québec" mais méprisait ses concitoyens qu'ils considérait comme des minables colonisés!! Pour lui que la moitié des citoyens aiment la musique des Beatles était une preuve de leur colonialisme. Son personnage de Elvis Gratton confirmait son mépris pour ses concitoyens ne partageant pas ses croyances en la religion nationaliste, ses dogmes et ses mythes.

    Il aimait le FLQ parce que ces derniers méprisaient aussi les choix démocratiques des québécois qui avaient élus majoritairement M.Bourassa et M.Trudeau. Il aurait préféré une dictature du FLQ à la démocratie!!!

    La pluspart de ses films étaient des films de propagande.De la propagande anti-canada payée par les canadiens!! Cependant je retiens Le Party comme une rélexion humaniste très intéressante.

    L'autre point "positif" de Falardeau c'était qu'au moins ce n'était pas un hypcrite et qu'il disait tout haut ce que pense les autres ténors de la religion nationaliste qui n'osent pas assumer leur fanatisme et leur idéologie réactionnaire tournée vers le passé.

  • Ginger Walsh
    Inscrite
    lundi 28 septembre 2009 12h54
    Sacré diable!
    Sacré diable, libéré et libre, Falardeau nous a garroché en pleine face la domination de nos abuseurs publics et de nos tortionnaires. Lui-même bouffon, irradiant une sorte d'aura de clown, bien qu'il semblait majestueux de temps en temps, l'adulation que certains lui portaient l'a bien mal nourri et cela jusqu'à sa mort prématurée. 51% des Québécois s'en fichent, les autres se rendormiront dans leur captivité! Salut!

  • Michel Leclaire
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 13h19
    @ tous ceux qui n'osent pas s'identifier
    Honte à vous, les sépulcre blanchis. Avoir au moins le COURAGE de s'identifier est un minimum.

  • clpoulin
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 15h34
    Le repos de Falardeau
    Pierre Falardeau par ses "outrances langagières" a exprimé à souhait la pire des souffrances: le ressentiment. On se souviendra du partisan enragé, de l'écorché vif se servant de sa langue de vipère pour chercher à atteindre mortellement ses adversaires et du même coup de gueule faire mal à leurs parents et amis alors qu'ils n'avaient rien à voir avec ses lubies. L'affaire de sa cette inoubliable déclaration qu'il a faite au lendemain du décès de l'ex-diirecteur du Devoir, Claude Ryan illustre à quel point cet homme devait être bien malheureux. De plus, le pauvre ne semblait pas se rendre compte que le venin qu'il lançait sur ces cibles produisait les effets politiques tout à fait opposés au but poursuivi. Il a contribué par ces provocations obsessionnelles à alimenter inutilement l'esprit va-t-en guerre de ses adversaires et la division chez les membres de sa famille politique. Ce militant en quête de liberté de toute évidence avait besoin de repos. Peut-être l'a-t-il enfin trouvé! Claude Poulin Québec

  • Claude Audet
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 16h26
    Et nous maintenant... Que faisons-nous ?
    PIERRE FALARDEAU... Mes modestes hommages à Vous, Monsieur !
    Selon moi, cet homme... Ce qu'il dénonçait en réalité... C'est la LÂCHETÉ !

    Oui, celle-là dont on ne parle jamais mais qui est pourtant partout, dans l'histoire de tous les pays, dans chaque être humain, indépendamment de sa race, son sexe, sa religion, sa conscience politique... Chacun porte sa "Lâcheté" enfouie tel un boulet que l'on traîne toute sa vie et qui enfle constamment, comme un tumeur invisible. Mais, reconnaître sa "Lâcheté" propre, c'est tout à fait impensable, voire suicidaire, pensons-nous...

    Et pourtant, n'y a-t-il pire ennemie sur Terre ? Une ennemie personnelle et à la fois commune à TOUS. Notre véritable ENNEMIE No.1 mondiale.
    Elle est partout, dans toutes les guerres, dans tous les comptes de banque, dans nos maisons, dans notre corps. Et de préférence, on la nomme autrement quand on ne peut plus l'ignorer.

    Allez-y ! Faites une recherche sur le mot... Vous découvrirez vite que la "LÂCHETÉ" est le mot le plus TABOU du Monde! Vous ne trouverez rien sur ce mot, alors qu'on pourrait en développer des milliers de tomes dans des centaines de langues.

    Malgré une plaidoirie réaliste mais fourbu d'un personnage inutilement vulgaire, question espace-temps, Pierre Falardeau semblait campé sa vision du Monde aux seules frontières du Québec, en s'attardant obstinément aux Temps des envahisseurs anglo-saxon et de nos pseudo-héros "surfaits" de jadis. Car, nommez-en de véritables "héros" Québécois et Parbleu, oublions donc Dollard-des-Ormeaux et Madeleine-de-Verchères que certains canoniseraient volontiers, à défaut de....
    Bon... Il y a eu De Lorimier, Papineau... Tentez une révolte qui avorte, pour finir politicien ou pendu ? Voilà, on fait les héros qu'on peut avec ce qu'on a... Mais de toute évidence, si les révoltes ont faillis, c'est bien parce que ces héros n'étaient pas appuyé par le Peuple. Pourquoi ? Parce qu'il broutait le Peuple, comme à toutes les batailles et ce, depuis toujours, jusqu'à aujourd'hui, référendums y compris !

    Souligner la bravoure d'un "héros", c'est reconnaître insidieusement la "Lâcheté" de tous ceux qui le vénèrent mais n'osent l'imiter !
    Que faire d'un Général si l'armée prend le thé à longueur de journée..?
    "Entre deux joints, tu pourrais faire quelque chose" de Charlebois, évoquerait peut-être mieux la rage qui semblait animer Pierre Falardeau. Il dénonçait les politiciens, les riches "crottés" de ce Monde, les journalistes virulents, les médias censurés et contrôlés par "l'establishment", bref, toute la crasse qu'il ne pouvait ni voulait plus contenir dans ses mots, tellement l'écoeurement était palpable. Mais visait-il ainsi les vrais responsables de notre situation ? ET qui donc alors oserait accuser le Peuple de nonchalance, si Falardeau lui-même n'a osé le faire ? Bon... ouais, Elvis Gratton, mais il est trop caractériel et marginalisé... Le Peuple ne se sent pas vraiment visé par l'attitude de ce "beau tata".
    Rien en commun, bref ! Quoique...

    Il y a bien eu Lucien Bouchard et une poignée de députés qui ont prétendu il y a quelques années que "Les Québécois ne travaillent pas assez...". Mais les syndicats ont vite fait de les rabrouer et on comprends bien pourquoi... L'opération est ainsi passée dans le vide, comme tout le reste...

    Or, si toute cette "merde" est là, stagnante, omnipotente au-dessus de nos "tête de pipes" de bêtes de somme que nous sommes, c'est que TOUS nous laissons faire... Et ainsi, nous avons les politiciens et le système économique et politique que nous méritons. Oui NOUS, qui ne faisons rien pour changer cela, sauf un petit "X" sur un bulletin insignifiant, une fois tous les 4 ans, ce qui donne carte blanche aux Gagnants, tantôt "Rouges", tantôt "Bleus" pour faire ce que bon leur semble pendant des années... Il s'agit bien en fait des deux côtés d'une seule et même "pièce de monnaie" bicolore et capitaliste qui, à chaque élection, nous leurre par sa fausse démocratie. C'est à se demander si les mots "démocratie" et "diplomatie" ne sont synonymes "d'hypocrésie". Quelque soit le Parti qui gagne, le Capitalisme et ses milliardaires reste intact... Et son Armée pour le défendre aussi, Armée que nous payons, bien sûr... "Capitalisme" et "Armée" ne sont même jamais remis en question, surtout pas en temps d'élection. Aujourd'hui on nous voit comme pur "communiste" si on ose simplement prononcer le mot « CAPITALISTE ». Un Allez-simple pour la Sibérie, avec pareille hérésie..!

    Les députés ne représentent plus le peuple devant le Gouvernement, mais bien leur Parti devant le Peuple. Jadis, les illettrés marquait d'un "X" des contrats qui donnaient plein pouvoir à ceux qui leur proposaient. Depuis, cette pratique s'est mondialisé et est appelé convenablement "Élection démocratique". Par ce "X", on ne veux pas savoir ce que vous pensez, ce que vous proposez et encore moins ce que vous voulez, NON... On va tout pensez pour vous... Contentez-vous de mettre votre "X" ici ou là, quand on vous le dira. C'est tout ! Ah oui... et de payer la note ensuite, bien sûr !!!

    Ne nous reste qu'à chialer devant notre impuissance généralisé (Chialage : Sport National et Ancestrale (ou génétique) des Québécois, bien avant le Hockey)...
    Par chance, un jour on trouve un point de repère qui nous ressemble afin de se sentir moins seul, mais sans pour autant s'investir dans cette option pourtant commune...
    Finalement... on est déçu parce que le "repère" n'a pas réussi "SEUL" à changer quoi que ce soit à notre médiocrité. Soit qu'un scandale éclabousse le "repère", soit qu'il meurt subitement en nous prenant pas surprise et là, on lui en veut presque de ne pas nous avoir aviser d'avance de sa mort, ce qui aurait changé bien des choses dans notre envie d'intervenir enfin, pour sûr ! Car maintenant qu'il n'est plus là... À quoi bon... Hein ?

    Le "J'aurais donc dû !" a prit la place du "Je me souviens" depuis belle lurette au Québec. Le voilà notre vrai proverbe maintenant ! Ne nous leurrons plus sur notre réelle nature... De fait, affectueusement, nous colorons volontiers notre "Lâcheté Nationale" quasi épidémique en répétant tous stupidement et mot à mot : "Ah, vous savez, les Québécois ont le sang latin...", "Sang latin" qui se traduit en fait par des mots comme "farniente, foirage, dolce vita, remise à plus tard, party, pas le temps, pas moi, pas intéressé, pas capable, impuissant, pas d'argent pour ça", ah et puis, parlez-moi en même pas !

    Oh, mais tous ces synonymes mènent-ils donc à la Mère de tous les Vices qui n'est pas la simple Paresse mais bien pire, "La LACHETÉ". Ainsi, tous nos défauts et toutes nos excuses semblent s'y rattachés directement.

    En ce qui me concerne, ma dernière "Lâcheté" à moi est celle du "gars" qui avait envie d'aller voir Pierre Falardeau pour lui proposer le scénario d'un film que je n'ai même pas encore écrit, toute dans ma tête trop occupée à rouler sa petite bo-bosse...

    Il aurait pu m'envoyer paitre, lui qui le faisait si bien et avec quel verve d'ailleurs, ce qui ne m'aurait point surpris, connaissant les couleurs de l'homme. Cependant, ce n'est pas cette crainte, mais bien mon "remettage à plus tard" qui m'a neutralisé... 47 fois plutôt qu'une...
    En bref, c'est l'histoire d'un Universitaire visant le journalisme qui décide de faire une thèse sur la "Politique vu par le Peuple"... Des centaines d'entrevues avec Monsieur et Madame tout le monde qui permettent d'évacuer tout le fiel de nos opinions partagés... Puis, constatant le ras le bol général du Peuple envers la Politique Parlementaire, vient la conviction du Jeune Personnage de lancer un nouveau Parti politique, soit "Le Parti Coopératif du Québec".
    Et tous disent BRAVO tout en émettant tour à tour des doutes personnels sur la réalisation d'un tel projet... Il faudrait éduquer le Peuple qui est devenu bien trop individualiste... Pas facile....
    Enfin, le Grand Jour de l'Inauguration du Parti arrive ; Des milliers d'invités sont attendus. Ils deviendront ainsi de vrais partisans du Coopératisme et, un jour, membres à part entière de leurs pays, au lieu de simples sujets de Sa Majesté ou têtes de pipes pour le Ministre des Finances. Ils pourront enfin exprimer leurs opinions librement avec droit de vote en ligne sur les lois Gouvernementales et toutes les décisions importantes.

    Mais, ce jour-là de l'Inauguration, personne ne vient... Et le Parti tombe à l'eau...
    Pour Cause... « La Petite Vie » jouait en reprise ce soir là, à Radio-Canada...

    Ma lâcheté à moi dans tout ça..? J'ai remis à plus tard ce que j'aurais eu le temps de faire avant et aujourd'hui, il est mort. Alors, je le fais moi-même ce scénario ou quoi ?

    Puisse PIERRE FALARDEAU être 100 fois, 1000 fois remplaçable. Sinon, il ne nous reste que le Prof Léopold Lauzon pour nous ouvrir les yeux et encore là... Lui non plus, on ne l'écoute pas vraiment, s'arrêtant au contenant plutôt qu'au contenu. Et pourtant, lui aussi on aurait intérêt à l'écouter et à agir maintenant..!

    Salut PIERRE !

    Claude Audet, Montréal

  • Charles Hamel
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 17h54
    Personne ne le fera aussi bien que lui????
    Il est mort. J'ai beaucoup de peine. Mais, revenons dans le passé. Je me souviens au Cégep, dans mes cours de cinéma. Il était respecté en tant que cinéaste talentueux et audacieux, son travail avait beaucoup à nous apprendre. Je trouvais qu'il était un des rares cinéastes québecois à rendre à l'écran une jasette de peasoup le plus fidèlement possible de la réalité. Nous l'aimions bien et nous comprenions son travail. Le temps a passé. Tranquillement, avec l'essoufflement de la flamme indépendantiste qui nous animait. J'me suis aperçu que la plupart de mes amis, devenus intellectuels carriéristes, se sont mis à le juger férocement comme un handicap à l'indépendance. Le fait qu'il avait accepté de tourner une suite à Elvis Gratton faisait de lui rien de moin qu'un traître. Il salissait notre image, il nous faisait passer pour des racistes, des radicaux, des gens qui ne respectent pas leurs langues, qui n'affrontent pas leur avenir avec civilité. Qu'il avait fait son cour classique et jouait au bum. Je ne pouvais plus vraiment dicuter de l'homme sans que des sessions passionées de lynchage collective s'élèvent. Cela se terminait souvent en engueulade et ce n'était pas convenable, lors d'une dégustation de vins par un dimanche soir. Je répétais, sans cesse, une réplique classique d'Elvis Gratton. '' Chaque fois qui en a un qui réussit. Paf! Tout le monde essaye de le caller. Ben c'est ça un canadien français. Un peureux, un chieux, un mangeux de marde''. Falardeau réussissait mieux que tous à me faire sentir chez moi. Ces films parlaient de mes amis, de ma famille, de mon patelin, de notre combat. Aujourd'hui, quand un curieux me demande de lui suggérer un bon film québecois. Je lui suggère Elvis Gratton(le premier). Mais je me demande de plus en plus,: Elvis Gratton c'est tu rendu Joe Tremblay? Aujourd'hui, lorsque je lis tout ces commentaires je perçois de l'hypocrisie collective. Et surtout, lorsque je lis que personne ne fera aussi bien que lui et que c'est une perte énorme pour l'indépendance. J'aimerais seulement vous rappeler que des Falardeau, il y en a des millions au Québec, tantôt un père, un oncle, un ami. Si vous voulez rencontrer de vieux intellectuels qui ne mâchent pas leurs mots, aller faire un tour à la Casa Obscura. Il y en a de biens vivants, qui eux aussi, on fait leurs cours classiques. Vous pouvez aller dans hochelag aussi écouter une conversation dans un dépanneur. Une chose est certaine et c'est là que vous avez raison, il n'y aura plus de chialeux qui vont se faire inviter par Denis Lévesques. Ces gens, dans leurs quotidiens, font face à l'absurdité de l'hégémonie américaine, des injustices sociales, du colonialisme et qui à leurs façons se battent présentement. Oui! Ce sont des chialeux. Oui, ils ont des tics pas trop radio-canadiennement présentable. Au moin leurs énergies n'est pas gaspillées à enculer les mouches de la langue française. Certains diront que tous ces québecois qui maîtrisent mal leurs langues ne méritent pas de militer sur la place publique pour l'indépendance, ils nous font hontes, ils ne méritent pas de se préoccuper de créer un pays. C'est un aspect parmis tant d'autres de la nouvelle génération d'indépendantistes qui percoivent l'indépendance des états-unis d'amérique comme une indépendance qu'on peut attribuer à la maîtrise du language, comme nous l'a démontré l'ex-président Georges W. Bush. Ah oui et une fois qu'il sera oublié, vous pouvez retourner à votre lynchage de Jean Leloup. Lui aussi il a beaucoup de tics et il est un peu trop honnête.

  • Yolande Denis
    Inscrite
    lundi 28 septembre 2009 17h57
    Mervilleux Pierre Falardeau
    D'une intelligence vive et d'une grande culture. Toujours à la poursuite de l'affranchissement de son Québec, de son peuple. Jamais je ne fus dupe de sa rage et toujours j'y voyais une immense fierté et un grand amour de ses congénères. Je ne peux que le remercier d'avoir dit haut et fort ce que pensais; la forme était certainement colorée, mais la sincérité transperçait toujours et ses sourires en coin si éloquents!
    Qu'il fut fatigué d'être invité pour être le chialeur de service, je le comprenais aussi, mais son combat et ses convictions lui survivront, car, il nous laisse ce goût de continuer à garder l'oeil vif.

    Il va beaucoup me manquer, même si je ne l'ai pas connu personnellement et je lui souhaite une très grande paix dans l'haut delà.
    Yolande Denis
    Notre-Dame-de-l'Île-Perrot

  • François-Marie Spinoza
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 18h16
    Merci Falardeau!
    Merci Falardeau!

    C'est la raison pour laquelle je t'écris aujourd'hui...

    Je sais bien, en bon athée matérialiste, que c'est un peu ridicule de te tutoyer maintenant, mais ça me semble pour le moment la façon appropriée d'exprimer ce que j'ai à imprimer à ta conscience historique; ça me semble la meilleure façon de dire ce que j'ai à te dire...

    C'est qu'il y a un «queque chose en dedans» qui ne désarme pas, qui se manifeste, qui veut sortir, je le sens: je veux te dire Merci!

    Merci, parce que si tu n'avais pas été là, je serais aujourd'hui dans un closeau pour scientifique du présent système; spécialisé, désengagé, vassalisé, coupé des Lettres... Si loin, au fond, des objectifs d'un savoir universitaire [1]. Merci, parce que si tu n'avais pas été ce que tu as été, je n'aurais probablement jamais goûté la pensée d'Étienne de La Boétie, et fort probablement jamais savouré l'intelligence de Simone Goyard-Fabre...

    Merci d'avoir généreusement mis ton Art à la roue, parce que tu as transformé ma vie, tu l'as nourrie de son histoire, de notre histoire, de ton histoire. Et puis, étant donné ta persévérance, je suis persuadé que je n'ai pas été le seul bénéficiaire de tes actions...

    Merci d'avoir été là pour moi!
    Merci Falardeau d'avoir été là,
    pour nous autres qui continuons...

    Que vive la Liberté,
    vive l'Indépendance!

    Vive la Laïcité,
    vive la Souveraineté!

    [1] Schrödinger, Erwin, Qu'est-ce que la vie? De la physique à la biologie

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 19h16
    @ M. Noel et la rue Falardeau ou la municipalité peut-être ?
    Si le tramway "P'TIT CHAR" revient avec son "CONDUCTEUR" crieur de noms de rues, à la place de crier AMHERST, il crierait FALARDEAU, ce qui est bien plus beau.

    Les Québécois nationalistes francophones vont acheter mais ça va être difficile à passer chez les fédéralistes qui sont de plus en plus nombreux à Montréal qui aimeraient mieux se faire crier TRUDEAU.

    Je crois qu'il y a déjà une municipalité du Québec qui se nomme Falardeau. On pourrait y ajouter Pierre, ce qui serait moins difficile à faire passer.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 19h28
    Falardeau près d'Alma au Saguenay-Lac-Saint-Jean
    Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le véritable nom de la municipalité de Falardeau est : St-David-de-Falardeau, située dans la région touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

  • François Caron
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 20h54
    Grâce a Pierre Falardeau, de la parole au geste, il n'y a plus qu'un pas
    J'aimerais vous dire, monsieur Falardeau, que vous aurez, par votre cinématographie et votre prise de parole sans peur des conséquences fâcheuses, ajouté au corpus imaginaire et symbolique québécois ce qui pouvait Nous manquer pour enfin devenir un peuple adulte, c'-a-d penser avant d'agir, poser des questions sur les idées et vérités reçues, les remettre en perspective, désigner l'Exploiteur et les exploitéEs, appeler a l'émancipation de ces derniers tant sur les plans économique, culturelle que nationale nationale, nommer et dénoncer l'aliénation de la force de travail du peuple ainsi que celle de sa colonisation de l'intérieur, refuser la souffrance inutile et combattre pour la résorber, ou pour laquelle il faudra qu'elle soit plus endurable, jusqu'au Grand Soir de la libération nationale ou Nous résoudrons tous Nos problèmes entre Nous.

    J'aiemrais pouvoir vous répondre a l'unisson des personnes qui vous estiment et qui vous admirent avec cette paraphrase d'un texte foudroyant de Claude Gauvreau:

    Il faut poser des gestes
    D'une si complète audace
    Que même ceux qui les réprimeront
    Devront admettre
    Qu'un pouce de délivrance
    Aura été conquis pour tous

    La charge de l'Orignal Épormyable, 1955.

    Salut, camarade Falardeau et mes sympathies a la famille et aux proches !

  • Georges Paquet
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 21h04
    Ginger Walsh n'a jamais cotoyé de peuples colonisés, et n'a jamais connu de citoyens en captivité.
    Alors, passons à autre chose.

  • François Caron
    Abonné
    lundi 28 septembre 2009 21h16
    Le moulin a Paroles n'aura pas été en vain !
    Quelle grande victoire symbolique !

    Ceci dû au fait que P Falardeau a ameuté l'opinion publique sur l'inanité d'une 'celebration' a l'anglaise avec les canons, mousquets et autres bombardes commandée, encore une fois, par un de ces ineptes French-Canadian-Pea-Soup de service a la solde d'un organisme 'canadian'.

    Cette récupération du sens de cette bataille pour la conquête de l'Amérique au profit de la véritable célébration, celle de la persévérance canadienne-française sur cette terre condamnée mille fois a l'assimilation et la folklorisation par les envahisseurs Anglais a été une victoire éminemment symbolique et patriotique en démontrant la stupidité intrinsèque de ce concept éculé de reconstitution de batailles passées, propre aux peuples anglo-saxons.

    Ce geste de réappropriation territoriale symbolique est un coup de génie dont on ne mesure pas encore les conséquences positives sur les plans ontologique, sémiotique et sur la psychologie nationale.

    De cela, sachez que Nous ne vous en serons jamais assez reconnaîssantEs.

    En langage de hockey, c'est le but gagnant en prolongation pour la coupe Stanley !!!

    Salut, camarade Falardeau, merci pour cette étincelante présence sur la patinoire nationale et mes sympathies a la famille et aux proches !

  • Charles Hamel
    Inscrit
    lundi 28 septembre 2009 21h42
    L'irremplaçable Pierre Falardeau???
    Il est mort. J'ai beaucoup de peine. Mais, revenons dans le passé. Je me souviens au Cégep, dans mes cours de cinéma. Il était respecté en tant que cinéaste talentueux et audacieux, son travail avait beaucoup à nous apprendre. Je trouvais qu'il était un des rares cinéastes québecois à rendre à l'écran une jasette de peasoup le plus fidèlement possible de la réalité. Nous l'aimions bien et nous comprenions son travail. Le temps a passé. Tranquillement, avec l'essoufflement de la flamme indépendantiste qui nous animait. J'me suis aperçu que la plupart de mes amis, devenus intellectuels carriéristes, se sont mis à le juger férocement comme un handicap à l'indépendance. Le fait qu'il avait accepté de tourner une suite à Elvis Gratton faisait de lui rien de moin qu'un traître. Il salissait notre image, il nous faisait passer pour des racistes, des radicaux, des gens qui ne respectent pas leurs langues, qui n'affrontent pas leur avenir avec civilité. Qu'il avait fait son cour classique et jouait au bum. Je ne pouvais plus vraiment discuter de l'homme sans que des sessions passionées de lynchage collective s'élèvent. Cela se terminait souvent en engueulade et ce n'était pas convenable, lors d'une dégustation de vins par un dimanche soir. Je répétais, sans cesse, une réplique classique d'Elvis Gratton. '' Chaque fois qui en a un qui réussit. Paf! Tout le monde essaye de le caller. Ben c'est ça un canadien français. Un p......, un c....., un m...... de m....''. Falardeau réussissait mieux que tous à me faire sentir chez moi. Ces films parlaient de mes amis, de ma famille, de mon patelin, de notre combat. Aujourd'hui, quand un curieux me demande de lui suggérer un bon film québecois. Je lui suggère Elvis Gratton(le premier). Mais je me demande de plus en plus,: Elvis Gratton c'est tu rendu Joe Tremblay? Aujourd'hui, lorsque je lis tout ces commentaires je perçois de l'hypocrisie collective. Et surtout, lorsque je lis que personne ne fera aussi bien que lui et que c'est une perte énorme pour l'indépendance. J'aimerais seulement vous rappeler que des Falardeau, il y en a des millions au Québec, tantôt un père, un oncle, un ami. Si vous voulez rencontrer de vieux intellectuels qui ne mâchent pas leurs mots, aller faire un tour à la Casa Obscura. Il y en a de biens vivants, qui eux aussi, on fait leurs cours classiques. Vous pouvez aller dans Hochelaga aussi écouter une conversation dans un dépanneur. Une chose est certaine et c'est là que vous avez raison, il n'y aura plus de chialeux qui vont se faire inviter par Denis Lévesques. Ces gens, dans leurs quotidiens, font face à l'absurdité de l'hégémonie américaine, des injustices sociales, du colonialisme et qui à leurs façons se battent présentement. Oui! Ce sont des chialeux. Oui, ils ont des tics pas trop radio-canadiennement présentable. Au moin leurs énergies n'est pas gaspillées à s'assurer qu'ils ne choquent personne. Certains diront que tous ces québecois qui maîtrisent mal leurs langues ne méritent pas de militer sur la place publique pour l'indépendance, ils nous font hontes, ils ne méritent pas de se préoccuper de créer un pays. C'est un aspect parmis tant d'autres de la nouvelle génération d'indépendantistes qui percoivent l'indépendance des états-unis d'amérique comme une indépendance qu'on peut attribuer à la maîtrise du language, comme nous l'a démontré l'ex-président Georges W. Bush. Ah oui et une fois qu'il sera oublié, vous pouvez retourner à votre lynchage de Jean Leloup. Lui aussi, il a beaucoup de tics et il est un peu trop honnête.

  • Jacques Boudreau
    Inscrit
    mardi 29 septembre 2009 00h21
    Les admirateurs inconditionnels de Pierre Falardeau et le culte de la personnalité...
    Advenant qu'il y ait vie ou conscience dans l'au-delà, et en supposant que Pierre Falardeau était vraiment le personnage si indépendant d'esprit et si irrévérencieux que l'on décrit, que peut-il penser maintenant de ses admirateurs béats d'admiration ou tout simplement flagorneurs, qui proposent, soit d'organiser à son intention des funérailles nationales, soit de renommer une rue en son honneur, comme si le défunt avait été source de ralliement et d'unité au sein de la population du Québec?

    Réagirait-il en disant: « Allez donc ch..r, bande de téteux et de caves, car vous n'avez rien compris » ?

    Ou bien désespérerait-il de constater que les fidèles de son option politique ne semblent que chercher à remplacer une religion par une autre, et à substituer au Messie de l'omnipotente religion catholique des messies ou des prophètes dévoués à une foi nationaliste de remplacement?

    Ou bien encore se satisferait-il de ces manifestations de vénération quasi-religieuse, qui flatteraient son ego et son désir d'amour inassouvi ?

    Il est curieux de voir à quel point les nationalistes québécois épris de liberté sont empêtrés dans le culte de la personnalité des héros disparus, et dans une notion de liberté qui ne semble qu'être collective, reléguant au second rang notre liberté individuelle et notre faculté d'exercer chacun notre libre arbitre, selon notre âme et conscience...

    Nous prédécesseurs et nous avons-nous fait la Révolution tranquille et la modernisation des trente dernières années afin d'en arriver là ?

  • MATHIAS BRANDL
    Abonné
    mardi 29 septembre 2009 01h01
    À notre tour de rester debout
    À en juger par le nombre impressionnant de témoignages affectueux envers le personnage émis en si peu de temps, notre Falardeau se classe résolument parmi les monuments de notre courte mais tortueuse histoire nationale.

    Bien sûr, pour l'honorer, on cherchera à placer, dans les prochains jours, quelques mots nostalgiques dans un quelconque media ou une conversation. Mais la vraie façon de le vénérer ne consisterait-elle pas à se montrer à la hauteur de ce que notre ami a été fondamentalement et constamment, c'est-à-dire debout devant l'adversité ?

    Ce que Pierre Falardeau aurait souhaité au fond, c'est que chacun trouve les moyens de dénoncer ouvertement, dès que détectés, ces discours troubles et manipulateurs constants dont notre société est l'objet de la part d'une certaine classe - et pas seulement des politiciens..... - qui ont un intérêt personnel à ce que nous ne puissions nous affirmer véritablement comme nation. Délions-nous tout simplement la langue; son message n'était que ça... et tout ça.

    Bon repos donc, cher Pierre. Nous, sommes encore là, désireux et capables d'assumer ta relève !

    Mathias Brandl

  • Jacques Boudreau
    Inscrit
    mardi 29 septembre 2009 07h24
    Si la liberté n'est pas qu'une marque de yogourt, il faut alors lire le texte d'opinion d'Esther Delisle concernant l'expression médiatique de la pensée de Pierre Falardeau
    À ceux et celles qui font une indigestion des commentaires hagiographiques, complaisants ou tout simplement flagorneurs émis par les Bernard Landry, Pierre Graveline et autres Gérald Larose de ce monde, à la suite du décès de Monsieur Falardeau, je conseille la lecture du texte d'opinion de la politiciologue et historienne Esther Delisle, « Le cabotin est mort, vive le cabotin! », publié en page A18 du quotidien La Presse d'aujourd'hui (29 septembre 2009). Le lien de ce commentaire n'est pas encore disponible mais j'espère qu'il le sera plus tard aujourd'hui.

    Le texte de Madame Delisle a l'avantage de témoigner sans complaisance et de façon décapante de la profondeur intellectuelle des propos tenus par Pierre Falardeau lors de plusieurs (peut-être la plupart?) de ses interventions médiatiques des dernières années, tout en présentant une explication possible des causes du « plaisir coupable » ressenti par plusieurs de ses admirateurs indépendantistes en l'écoutant...

    Si la liberté n'est pas qu'une marque de yogourt (comme je l'ai déjà entendu dire quelque part...), la lecture du texte d'opinion d'Esther Delisle mérite elle aussi toute notre attention...

  • MATHIAS BRANDL
    Abonné
    mardi 29 septembre 2009 21h15
    @ Jacques Boudreau
    Votre culte de la liberté individuelle que vous semblez privilégier à la recherche de la liberté collective dans vos dissertations ci-avant relatifs au défunt Falardeau m'apparait être le même que celui qui conduit toujours plus d'adeptes à ignorer les débats politiques de l'heure tout en se cloitrant de plus en plus hermétiquement et profondément dans l'univers virtuel de leur écran cathodique, déléguant (abandonnant) de ce fait leur destinée collective à une équipe de mercenaires peu démocrates, voir corrompus jusqu'à la moelle.

    Échanger sur les thèmes de la collectivité et du bien commun avec des esprits de votre gabarit, Jacques Boudreau, m'apparait d'ailleurs stérile et inconvenant.

    Mathias Brandl

  • Brahim Ouchelh
    Inscrit
    mercredi 30 septembre 2009 08h31
    Le courage est la première de toutes les vertus politiques. H. ARENDT
    J'ai connu Pierre à Alger il ya 35 ans. Il s'y était rendu pour appréhender d'autres situations politiques et d'autres évolutions sociales : les luttes de libération nationale.
    Moi-même exilé du règne de plomb de Hassan ii roi du Maroc voisin, j'étais à même selon Fafa, de lui fournir des éléments de réflexion et de compréhension.
    La question Palestinienne le taraudait, il tenait en premier lieu à s'assurer que cette cause n'était nullement mue par un quelconque antisémitisme pour manifester sa solidarité et sa sympathie pour les Fédayins Palestiniens au même titre que les combattants de l'A.N.C. Sud-Africaine.
    Je l'ai revu dans sa demeure « Eglise » aux environs de Montréal, puis à plusieurs reprises à Paris pour refaire le monde.
    Je n'ai jamais senti qu'il était lui-même opprimé ou humilié mais il refusait perpétuellement que d'autres le fussent. Il ne prônait pas seulement la désobéissance au droit pour revendiquer des droits, il manifestait aussi une volonté déterminée d'agir par la parole et par la polémique mais pas seulement par ces moyens.
    Je me souviens, en effet, que dans les années 80, lors d'une escapade à Paris, où il venait présenter une de ses oeuvres cinématographiques, il s'est ouvert à moi sur le devoir et la nécessité de recourir à la violence pour s'ouvrir une nouvelle ère.
    Je ne sais quel était l'évolution sociopolitique à l'époque au Québec, sa patrie, son idéal, sa raison d'être, il considérait sûrement alors qu'il ne pouvait être libre que s'il ne risquait lui même sa vie.
    Adieu l'ami d'Outre Atlantique.
    Brahim Ouchelh.
    Militant des droits de l'Homme.

  • Claude Audet
    Inscrit
    jeudi 1 octobre 2009 02h07
    @ Jacques Boudreau et autres anti-Falardeau...
    Cher Monsieur Boudreau... Pyromane amateur..? Incendiaire de château de cartes..?
    Et on dit de Falardeau qu'il était méprisant...

    De toute évidence, vous ne connaissiez pas Pierre Falardeau et vous n'éprouvez que ressentiment ou dégoût pour l'homme. Je me trompe ?

    Sachez qu'on peut démontrer du respect ou de l'admiration pour un individu très original et euh... récemment défunt, sans pour autant sombrer dans la béatitude ou pire, parce qu'on lui léchait déjà les pompes auparavant (...« flagorneurs... »). Les gens qui l'estimaient, comme moi, malgré ses interventions souvent kamikazes, sont généralement aussi de Libre-penseurs, loin des cultes, des religions, de toute forme de pensée magique en boîte, bon marché et bonne pour tous. Oui, nous sommes sauvage, indépendant, partisan, presque caractériel, mais certainement pas des « disciples » ou « groupies ». Bref, nous sommes bien tout le contraire de ce que vous suggériez à mots couverts, pas plus tard qu'avant-hier. Nous sommes les « inclassables ».

    De proposer de modestes « funérailles nationales... ou de renommer une rue en son honneur... » parce que Pierre Falardeau a effectivement été une source de ralliement (oui), ce ne sont que d'humbles requêtes pour témoigner de l'importance que le personnage avait à nos yeux. C'est aussi pour qu'on se souvienne longtemps de lui, soit, autant pour ce qu'on voudrait imiter que pour le contraire. Rien d'excessif, bref...
    Or, vous avez raison sur le fait qu'il n'a pas été une source de ralliement en ce qui concerne « l'unité au sein de la population du Québec » C'est bien vrai ! Mais ça n'a jamais été son ambition non plus. Et question popularité, ils sont plutôt rares les vrais adeptes de la pensée « Falardienne » qui comprenaient et signaient les arguments de ce « professeur » nationaliste, plutôt tranchant...

    Et en passant, nommez-m'en 5 Québécois qui ont été des « sources de ralliement et d'unité au sein de la population du Québec », éternellement divisé ? ...Bon, 5 c'est peut-être beaucoup, hein ? Va pour 3 personnages de notre histoire qui ont su faire l'impossible ? Nos héros, comme vous dites ? Or, s'il fallait attendre de si rares personnages avant de pouvoir rendre hommage, les générations passeraient jusqu'à en oublier nos propres parents, tellement personne n'aurait plus d'importance...

    Monsieur Pierre Falardeau, comme bien d'autres qui demeurent aussi dans notre esprit, nous a rappelé toute sa vie qu'il ne faut justement pas oublier « d'Où on vient ? et Qui on est ? »! Ici, le « Je me souviens » de nos Pères prend VIE sur les épaules de cet homme qui se souvenait tant. Il lui va même à merveille ce proverbe « nationaliste », comme fait sur mesure. Il a vécu pour nous aider à nous rappeler nos origines, toujours des plus récentes (1534-2009), et qu'on ne doit pas les laisser mourir dans notre mémoire, dans nos histoires et nos institutions et encore bien moins dans nos actions. Sans tenir de flambeau, il a tout de même su canaliser et exprimer à sa façon les sentiments de beaucoup de Québécois « Libre de pensée » et choqués par tous les scandales politiques et économiques qui nous pètent dans la face quasi quotidiennement. Et que dire de notre sentiment d'impuissance face à tout cela ? Il a aussi permis d'entrouvrir les yeux à des individus qui, béatement, suivait le courant de « La Maudite Machine (Octobre) » sans se questionner sur les « Qui, Comment et Pourquoi » de notre société Québécoise (nos Elvis Gratton).

    Non, je ne crois pas que ceux qui reconnaissent l'oeuvre de sa vie et son message en général, « au delà des postillons de tabac et des « tabarnak » ici et là », inciterait une réaction négative de Pierre s'il nous regardait présentement du haut du ciel, comme vous le suggérez par ces mots : « Allez donc ch..r, bande de téteux et de caves, car vous n'avez rien compris ».
    Ici, je vous retourne cette « pensée » qui est bien de vous, n'est-ce pas ? Oui, il se peut que Falardeau réagisse de cette façon en ce moment, mais tout à votre égard... Désolé.
    Pierre Falardeau est à 1000 lieues de Plume Latraverse !
    S.V.P. : Ne pas confondre...

    Puis, vous en remettez encore en caricaturant l'idée que ceux qui estiment tant Falardeau agissent comme s'ils voulaient créer une nouvelle religion de remplacement au catholicisme, brebis égarées qu'ils sont tous, et même de transfigurer Falardeau en notre nouveau Messie adoré, et rien de moins... Oups, j'oubliais... Un Messie Nationaliste, à part de ça ! Un Jésus de Montréal amélioré, genre grosse version pour toute le Québec ... comme dirait Elvis ! Think big, s'tie !

    Et vous craignez ensuite que Pierre se satisfasse « de ces manifestations de vénération quasi-religieuse, qui flatteraient son ego et son désir d'amour inassouvi ».
    Ah... Ben oui, c'était tout son genre à Pierre Falardeau de vouloir voir le Monde entier à genoux devant lui pour l'aduler... Voilà donc selon vous, ce qu'il recherchait depuis toujours et c'est ironiquement maintenant qu'il est mort qu'il obtient enfin le fruit de tout son labeur..!!!!??????? C'est ça votre pensée de Pierre Falardeau, au juste ? Et vous... vous aimeriez qu'on soit tous à vos pieds ? Hum ? Projection 101..? Car c'est bien le fait de voir tous ces gens faire des hommages à l'intention de Pierre Falardeau qui vous énerve présentement, non ? Et devant qui au juste devrait-on faire des courbettes, selon vous ?

    Un ami à vous ou... Un parent ? ...Vous ? Hum...?

    Encore, que nous reconnaissions l'apport de cet homme remarquable, non magnifique mais plutôt rare et impressionnant, n'a absolument rien d'un empêtrement « dans le culte de la personnalité des héros disparus » comme vous le mentionnez. Et oui, le fait que trop de Monde n'exerce que leur « faculté d'exercer chacun son libre arbitre, selon son âme et conscience » et trop peu d'esprit collectif (mot qui semble vous répugnez), voilà comment l'anarchie règne ainsi en bonne Reine et Ceux (« Les gros pleins d'marde ») à qui profite cette effritement de notre Conscience collective s'en réjouissent bien grassement, voire, exponentiellement.

    Que ce soit par des élections, référendums, recours collectifs, manifestations, revendications ou autre, l'action collective où plusieurs concordent leur « libre arbitre » pour une cause commune, est nécessaire et même indispensable. Rappelons que c'est cette même collectivité qui amène la nourriture sur votre table, qui paie pour la Santé et l'Éducation et... pour tout, en fait. Et curieusement, elle n'a pas son mot à dire quand vient le temps de savoir comment on dépense son argent !!! Et c'est pour ça que la collectivité s'indigne... comme Pierre Falardeau s'indignait ! Je dis « la collectivité », excluant ceux qui ne sont pas au courant de rien, trop occupé à « libre-penser » à leur Unique Personne. On ne devient pas un idiot au moment où on décide d'agir en commun... C'est l'inaction, l'individualisme refoulé et le dénigrement en girouette qui font des idiots ce qu'ils sont. Et vous ? Au fait... Croyez-vous que vous aurez droit à autant d'éloges et de commentaires, suite à votre décès ?

    Monsieur Boudreau, la Révolution Tranquille a bien eu lieu et je suis persuadé qu'elle s'est faite sans votre apport. Et si nous ne sommes pas déjà complètement soumis et lobotomisés, comme vous semblez vouloir en faire la promotion dans votre roman-savon pour lessive très sale, c'est en partie grâce à Pierre Falardeau... Il n'y a que dans votre tête où Pierre Falardeau est un « Messie égoïste et caduc » et si ça vous chante, vous pouvez le renier, trois fois plutôt qu'une. Mais, oubliez la suite de « Pierre l'apôtre » et suivez plutôt l'exemple de « Judas », afin de nous épargnez vos « sornettes » dans l'avenir.

    Vous avez déjà entendu parler de « l'étalon qui se change en bourrique ». En public, il n'est pas suffisant que de simplement savoir écrire... Il faut d'abord « Libre-penser » judicieusement.
    Nous en conviendrons tous ; Vous ne faites pas dans la dentelle, mais bien dans la bêtise humaine... De là, le mot « bêta ».

    Je vous remet donc,
    au nom de tous les miens,
    le « Bonnet d'Âne »
    qui vous couronne si bien !

    Votre écriture est excellente, en passant...
    Mes hommages à votre « Libre-pensée »



    C.Audet, Montréal
    1er octobre 2009

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