33e Festival des films du monde - Révisionnisme à la chinoise
Le FFM et son président, Serge Losique, entretiennent des rapports privilégiés avec la Chine. Les films de ce pays ont toujours trouvé leur tribune ici, même quand des voix se levaient pour dénoncer ce tapis rouge à un pays violant les droits de la personne. Le président du FFM avait été invité à la Cérémonie d'ouverture des jeux de Pékin en 2008. Ceci explique sans doute cela: la présence en première mondiale du douteux documentaire propagandiste sur les jeux de Pékin, en clôture du festival. The Everlasting Flame: Beijing Olympics 2008 est réalisé par Gu Jun, qui répondait à une commande du Comité international olympique. Grave affaire: la réalisatrice a eu droit hier soir à un hommage et à un Grand Prix des Amériques honorifique des mains de Serge Losique, tout heureux de cautionner l'oeuvre révisionniste. Cela devient scandaleux!
Quand on se souvient à quel point le parcours de la flamme avait été houleux et marqué par les manifestations pro-tibétaines, voir dans ce film images et commentaires célébrer, dans des villes contestataires: Londres, San Francisco et même le Tibet!!! au sommet de l'Himalaya, le bel esprit sportif, l'harmonie, bla! bla! bla! du parcours en question, sans un mot pour le vent de protestation international, on demeure abasourdi par la désinformation. Gu Jun aurait dû couper les scènes de la flamme, pour s'éviter à tout le moins le ridicule sur l'arène internationale.
Le reste du film, que l'on espérait plus longtemps axé sur l'extraordinaire cérémonie d'ouverture orchestrée par Zhang Yimou, suit le classique parcours de certains athlètes, de l'entraînement à la performance publique, du rêve à l'échec ou au triomphe, avec, bien entendu, accent mis sur les athlètes chinois. Cela n'empêche pas des images impressionnantes de prouesses sportives, mais rien de nouveau dans le créneau. La finale constitue une ode à la Chine et à ses jeux si réussis. Endoctrinement, vous dis-je... En ce 60e anniversaire de la République populaire de Chine, on songe que certaines pratiques de musellement n'ont pas changé.
***
On a vu les derniers films de la compétition durant ce long week-end. Rien de transcendant, si l'on excepte le film Love and Rage du Danois Morten Giese. Une oeuvre qui parvenait à décrire avec brio la montée de la folie chez un jeune pianiste classique, fort bien interprété par Cyron Melville. Ce dernier récolta d'ailleurs au palmarès le prix d'interprétation masculine. Sinon La Femme de Villon du Japonais Kichitaro Negishi, exploration des rapports troubles d'un écrivain aux moeurs dissolues avec sa douce épouse, moins angélique qu'il n'y paraît, décevait. Tourné dans des décors en général simplistes, sans grand envol, le film récolta étonnamment au palmarès le prix de la mise en scène.
Andrés ne veut pas faire la sieste de l'Argentin Daniel Bustamante, drame d'un enfant dont la mère résistante fut abattue durant la dictature, échouait à rendre les mobiles de ses personnages et diluait son propos. Quant à Strayed d'Akhan Satayev du Kazakhstan, il s'embourbait dans les eaux d'un suspense fantastique à travers l'histoire d'un homme perdu dans la steppe, qui rencontre des habitants de l'autre monde. Décevante fin de parcours...
Quand on se souvient à quel point le parcours de la flamme avait été houleux et marqué par les manifestations pro-tibétaines, voir dans ce film images et commentaires célébrer, dans des villes contestataires: Londres, San Francisco et même le Tibet!!! au sommet de l'Himalaya, le bel esprit sportif, l'harmonie, bla! bla! bla! du parcours en question, sans un mot pour le vent de protestation international, on demeure abasourdi par la désinformation. Gu Jun aurait dû couper les scènes de la flamme, pour s'éviter à tout le moins le ridicule sur l'arène internationale.
Le reste du film, que l'on espérait plus longtemps axé sur l'extraordinaire cérémonie d'ouverture orchestrée par Zhang Yimou, suit le classique parcours de certains athlètes, de l'entraînement à la performance publique, du rêve à l'échec ou au triomphe, avec, bien entendu, accent mis sur les athlètes chinois. Cela n'empêche pas des images impressionnantes de prouesses sportives, mais rien de nouveau dans le créneau. La finale constitue une ode à la Chine et à ses jeux si réussis. Endoctrinement, vous dis-je... En ce 60e anniversaire de la République populaire de Chine, on songe que certaines pratiques de musellement n'ont pas changé.
***
On a vu les derniers films de la compétition durant ce long week-end. Rien de transcendant, si l'on excepte le film Love and Rage du Danois Morten Giese. Une oeuvre qui parvenait à décrire avec brio la montée de la folie chez un jeune pianiste classique, fort bien interprété par Cyron Melville. Ce dernier récolta d'ailleurs au palmarès le prix d'interprétation masculine. Sinon La Femme de Villon du Japonais Kichitaro Negishi, exploration des rapports troubles d'un écrivain aux moeurs dissolues avec sa douce épouse, moins angélique qu'il n'y paraît, décevait. Tourné dans des décors en général simplistes, sans grand envol, le film récolta étonnamment au palmarès le prix de la mise en scène.
Andrés ne veut pas faire la sieste de l'Argentin Daniel Bustamante, drame d'un enfant dont la mère résistante fut abattue durant la dictature, échouait à rendre les mobiles de ses personnages et diluait son propos. Quant à Strayed d'Akhan Satayev du Kazakhstan, il s'embourbait dans les eaux d'un suspense fantastique à travers l'histoire d'un homme perdu dans la steppe, qui rencontre des habitants de l'autre monde. Décevante fin de parcours...
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

