En compétition au 33e Festival des films du monde - L'enfer de l'Irak
Le réalisateur allemand Lancelot von Naso s’est beaucoup documenté auprès de journalistes de guerre et de réfugiés irakiens pour son film Cessez-le-feu.
L'Impérial n'était pas trop dégarni en fin de semaine, sans renouvellement du public consacré, mais on retrouvait les habitués au poste. Hardi, les braves!
Et les films de la course? Heureuse surprise en compétition hier matin: Cessez-le-feu (Waffenstillstand), premier long métrage de l'Allemand Lancelot von Naso. Un film fort, sans signature particulièrement originale, mais rythmé, fort bien joué, sur un sujet puissant: les débuts de la guerre en Irak (2004), sous les combats, les bombardements, la terreur. Lancelot von Naso, qui avouait hier s'être beaucoup documenté auprès de journalistes de guerre et de réfugiés irakiens, a créé une fiction entremêlée de plusieurs faits véridiques.
La périlleuse traversée du désert de Bagdad à Fallouja de deux journalistes, d'un médecin, d'une infirmière et d'un chauffeur irakien devient plongée dans l'enfer. Les uns cherchent un sujet de reportage, les autres à sauver des vies, mais nul n'en sortira indemne, à l'heure des embuscades et des bombardements d'hôpitaux. En plusieurs langues: allemand, anglais, arabe, etc., le film établit des personnages forts, qui se révèlent en des circonstances exceptionnelles, sur un scénario construit sans temps morts. Le jeu des acteurs, surtout celui de Matthias Habich en médecin au bout du rouleau et de Max von Pufendorf en jeune journaliste en pleine tourmente, impressionne.
Que ce film réalisé au Maroc à très petit budget parvienne à gommer les mille problèmes du tournage constitue un tour de force. Le cinéaste précise avoir voulu aborder la guerre en Irak, hors du point de vue consacré du soldat américain, en offrant un recul. Mission accomplie.
Cessez-le-feu sauvait l'honneur des oeuvres de la course en fin de semaine. Car la comédie romantique suisse-allemande Will You Marry Us?, de Micha Lewinsky, se révélait indigne de la compétition. Un ersatz de ce qu'Hollywood pond dans le genre, avec des revirements prévisibles à cent pieds: l'histoire de couples mal assortis qui se déferont pour offrir à chacun sa chacune, le tout servi sur chansons insipides et silhouettes romanesques dans le soleil couchant. Mais la salle riait, retrouvait des codes connus. Décourageant!
Enen du Polonais Feliks Falk, tourné comme un téléfilm lourdingue, suivait l'aventure d'un médecin qui prend sous son aile un patient privé d'identité. Malgré la performance de Borys Szyc dans le rôle du médecin, le scénario et la réalisation s'enlisaient en des voies improbables.
Par-delà les images somptueuses des alpages, Coeur animal de la Suisse Séverine Cornamusaz échouait à créer un personnage central crédible. Le portrait d'un homme fruste, vraie brute humaine (Olivier Rabourdin), rudoyant épouse et employé comme une bête, aurait mérité quelques nuances pour émouvoir. Ici, la caricature et des répliques d'un machisme abyssal poussaient le bouchon trop loin pour convaincre...
Et les films de la course? Heureuse surprise en compétition hier matin: Cessez-le-feu (Waffenstillstand), premier long métrage de l'Allemand Lancelot von Naso. Un film fort, sans signature particulièrement originale, mais rythmé, fort bien joué, sur un sujet puissant: les débuts de la guerre en Irak (2004), sous les combats, les bombardements, la terreur. Lancelot von Naso, qui avouait hier s'être beaucoup documenté auprès de journalistes de guerre et de réfugiés irakiens, a créé une fiction entremêlée de plusieurs faits véridiques.
La périlleuse traversée du désert de Bagdad à Fallouja de deux journalistes, d'un médecin, d'une infirmière et d'un chauffeur irakien devient plongée dans l'enfer. Les uns cherchent un sujet de reportage, les autres à sauver des vies, mais nul n'en sortira indemne, à l'heure des embuscades et des bombardements d'hôpitaux. En plusieurs langues: allemand, anglais, arabe, etc., le film établit des personnages forts, qui se révèlent en des circonstances exceptionnelles, sur un scénario construit sans temps morts. Le jeu des acteurs, surtout celui de Matthias Habich en médecin au bout du rouleau et de Max von Pufendorf en jeune journaliste en pleine tourmente, impressionne.
Que ce film réalisé au Maroc à très petit budget parvienne à gommer les mille problèmes du tournage constitue un tour de force. Le cinéaste précise avoir voulu aborder la guerre en Irak, hors du point de vue consacré du soldat américain, en offrant un recul. Mission accomplie.
Cessez-le-feu sauvait l'honneur des oeuvres de la course en fin de semaine. Car la comédie romantique suisse-allemande Will You Marry Us?, de Micha Lewinsky, se révélait indigne de la compétition. Un ersatz de ce qu'Hollywood pond dans le genre, avec des revirements prévisibles à cent pieds: l'histoire de couples mal assortis qui se déferont pour offrir à chacun sa chacune, le tout servi sur chansons insipides et silhouettes romanesques dans le soleil couchant. Mais la salle riait, retrouvait des codes connus. Décourageant!
Enen du Polonais Feliks Falk, tourné comme un téléfilm lourdingue, suivait l'aventure d'un médecin qui prend sous son aile un patient privé d'identité. Malgré la performance de Borys Szyc dans le rôle du médecin, le scénario et la réalisation s'enlisaient en des voies improbables.
Par-delà les images somptueuses des alpages, Coeur animal de la Suisse Séverine Cornamusaz échouait à créer un personnage central crédible. Le portrait d'un homme fruste, vraie brute humaine (Olivier Rabourdin), rudoyant épouse et employé comme une bête, aurait mérité quelques nuances pour émouvoir. Ici, la caricature et des répliques d'un machisme abyssal poussaient le bouchon trop loin pour convaincre...
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