Aimer sans compter... les années
Gisèle Cloutier, travailleuse sociale de Québec, a une relation torride avec un de ses anciens «cas», un adorable petit voyou interprété par un nouveau venu, François Arnaud.
Elle: 52 ans, deux grands enfants, quelques rides au front et la peur de l'ennui, un passé simple et un mari trépassé. Lui: 20 ans, deux sous en poche, quelques troubles du comportement et un sourire craquant, un futur incertain et une ex-copine punkette. À compter de demain, madame Cloutier et Yannick Ménard oseront s'aimer sur les écrans du Québec.
J'ai donné rendez-vous à Marie-Thérèse Fortin à 19h, au 20e étage d'un building du centre-ville. La terrasse Magnétic, nichée sur le toit de l'hôtel de la Montagne, serait, dit la légende, un territoire giboyeux où chassent les cougars urbains, ces dames d'un certain âge qui vouent un culte certain à la chair fraîche. (Pensez à Madonna qui s'amuse depuis le printemps dernier avec son nouveau joujou brésilien conçu l'année de son premier divorce.) Non pas que Marie-Thérèse, comédienne et directrice du Théâtre d'Aujourd'hui, soit une croqueuse de minets. Par contre, Gisèle Cloutier, le personnage qu'elle joue dans le film Les Grandes Chaleurs, vit à fond le fantasme avoué des cougars: être clairement l'objet du désir d'un homme fringant comme le lapin Energizer et plus jeune que son propre fils.
Rien de mieux qu'un de ces cocktails kitsch aux noms coquins pour briser la glace. Dans un autre contexte, énumérer à voix haute la carte du Magnétic (Sex on the Beach, Juicy Pussy, Slippery Nipple...) peut sûrement mettre en appétit. Amusée et merveilleusement cool, Marie-Thérèse a hésité, moins sur les termes déplacés pour une interview (Blow Job) que sur les ingrédients (trop sucrés), puis a tranché: ce sera Death of a Virgin (vodka, schnapps à la pêche, lime, 7-Up et jus d'orange).
Marie-Thérèse, trempant les lèvres: «C'est assez parfumé, mais c'est bon.» Moi, levant mon Sex on the Snow (Absolute Vanille, lait glacé, cerise au marasquin): «Au succès de votre film!»
Ah! Si jeunesse savait...
Marie-Thérèse a voulu tout de suite mettre les choses au clair: «Gisèle n'est pas une cougar. C'est lui qui la choisit, qui lui court après.» Elle a raison: sa Gisèle est ni une Mrs. Robinson (du film Le Lauréat) ni une Samantha (de la télésérie Sexe à New York), deux icônes pour toute cougarette en herbe. Sauf que le résultat est le même: Gisèle, travailleuse sociale de Québec, a une relation torride avec un de ses anciens «cas», un adorable petit voyou interprété par un nouveau venu, François Arnaud. Hasard ou coïncidence, Les Grandes Chaleurs sort la même année que d'autres films et téléséries qui exploitent le même tabou (voir l'autre texte). Mais est-ce encore un tabou?
«Je réfléchis à ça, dit-elle. j'entends toutes sortes de choses. On est étonnés de voir qu'une femme d'un certain âge soit avec un jeune homme, alors que l'inverse est absolument passé dans les moeurs depuis la nuit des temps. L'inverse est tellement répandu qu'on n'en fera certainement pas un film. Cela dit, les cougars doivent être des femmes sûrement très intéressantes.»
JYG. Il paraît que les femmes de 45 ans sont à leur sommet sexuel, alors que les pauvres hommes...
«C'est à 20 ans. Une maudite bonne raison pour qu'ils se rencontrent. Je pense qu'une femme de 45 ans n'a pas les mêmes attentes vis-à-vis d'un homme de 25 ans qu'une femme de 25 ans. Elle existe par elle-même. Je crois que cela attire beaucoup les jeunes hommes. Bon, est-ce encore tabou? Je ne sais pas, mais...»
JYG. Disons que les têtes se retournent. Si vous étiez ici avec...
«...Un jeune.»
JYG. Oui, oui, c'est ça, un jeune, et que je vous tenais les mains, on nous remarquerait. Enfin, peut-être pas ici...
Nous avons regardé la foule attirée par Magnétic, sa vue superbe et ses drinks cochons: une clientèle dans la vingtaine et la trentaine, plutôt anglophone, bien foutue et heureuse de pouvoir exhiber ses charmes sans risquer de se prendre une dalle en béton sur la gueule. Nous avons aussi noté la présence de deux femmes plus «âgées» que la moyenne locale mais «bien conservées», stationnées au bar et apparemment fascinées par le baratin du (jeune) barman frisé.
JYG. Qu'a dit votre entourage quand il a appris le sujet du film?
«Je ne m'attendais pas à ce que les gens m'en parlent tant, me demandent: pis, comment t'as trouvé ça? Comme si le fait d'embrasser un homme plus jeune allait métamorphoser le fait d'embrasser un homme.»
JYG. Il y a quand même une scène osée, dans la douche...
«Oui. Quand mon mari a vu cette scène, il avait hâte qu'elle finisse, et j'avais hâte qu'elle finisse. C'était lors d'un visionnement d'équipe, il m'avait demandé d'y assister; je savais que François ne serait pas là, donc je lui ai dit: c'est parfait, t'auras pas envie de lui sauter dessus, hahaha. On faisait des blagues, il est habitué, c'est mon métier, j'en ai embrassé d'autres... Mais bon, il est vrai que je n'avais jamais eu de scène qui va aussi loin avec d'autres partenaires. Je n'ai jamais été mal à l'aise de les tourner. Peut-être parce que François est un garçon très mature, très délicat. Je n'ai jamais senti qu'il se disait: bon, faut que j'aille embrasser la vieille...»
Je m'étouffe avec mon Sexe dans la neige.
Marie-Thérèse déguste sa Mort d'une vierge: «Lui-même était à l'aise, content de jouer avec moi, visiblement en tout cas. Et, de mon côté, je ne lui ai pas fait sentir: aïe! viens ici, le p'tit jeune, je vais te montrer comment ça marche. Il faisait son premier film, je tenais mon premier grand rôle au cinéma et Sophie [Lorain] tournait son premier film. Nous étions sur la même ligne. Et nous avons avancé sur cette ligne pour raconter de la meilleure façon cette histoire écrite par Michel-Marc Bouchard. Pour moi, c'est une histoire d'amour davantage qu'une histoire d'amour entre une femme d'âge mûr et un jeune homme.»
JYG. François, le «nouveau Roy Dupuis» selon certains, connaît une année faste. Il est de la distribution de J'ai tué ma mère, il tient un rôle important dans une télésérie à l'automne à TVA...
«Oui, sa carrière est lancée, je ne m'inquiète pas pour lui. François, je le trouve fantastique, pas parce qu'il est jeune et beau comme un dieu, mais pour ce qui se passe dans sa tête. Il m'interpelle.»
JYG. J'ai trouvé intéressant de voir le contraste, à l'écran, entre sa jeunesse qui déborde de partout et votre maturité assumée, entre sa peau et la vôtre. C'est fou mais je vous ai trouvée courageuse. Je me suis demandé comment aborder ce sujet-là avec vous...
«Allez-y franchement.»
JYG. O.K., parlons de la différence entre la fraîcheur et, entre guillemets, la «moins fraîcheur» de...
«La maturité, d'une femme qui a vécu, qui a eu des enfants. Et qui n'a pas vécu une vie où l'on prend soin de soi ou qui passe son temps à ne faire que ça.»
JYG. Gisèle Cloutier n'est pas Sharon Stone et encore moins Madonna, même si elles ont le même âge.
«C'est une femme qui, selon moi, s'est oubliée. Elle s'est dévouée aux autres. Je pense que lui vient agir dans sa vie comme un révélateur.»
JYG. Vous n'avez pas travaillé souvent au cinéma, et dans ce film, vous êtes de toutes les scènes. Se voir à l'écran, c'est...
«Un choc. Vieillir, ça me dérange. Je me suis posé la question avant de faire le film: est-ce que je me fais injecter ici et là? C'est très difficile de ne pas se la poser aujourd'hui. J'ai choisi de ne rien faire. Je me suis dit: la majorité des femmes qui vont s'asseoir dans la salle, qui ont cet âge-là, elles vont se dire: Gisèle est comme moi. On peut être sexy et pas refaite. Elle a le sein lourd, elle a eu des enfants. Si j'étais Catherine Deneuve ou Demi Moore, on comprendrait qu'il tombe amoureux d'elle. Alors que Gisèle est une femme assez ordinaire, sans histoire, tristement sans histoire, je dirais, à qui arrive une chose extraordinaire. Je trouve ça bien, c'est une revanche du destin.»
JYG. C'est un conte de fées à l'ombre du Château Frontenac, Les Grandes Chaleurs?
«Peut-être. Tout ce que j'espère, c'est que les gens vont croire que Yannick puisse être amoureux de Gisèle, que ce couple-là existe sur l'écran.»
***
2009, l'année du cougar?
Vous l'avez peut-être ratée ce printemps, mais dans la téléréalité The Cougar, la très sexy Stacey, agent d'immeuble de 40 ans, divorcée et mère de quatre enfants, avait à choisir parmi 20 jeunes concurrents (l'heureux élu: Jimmy, 24 ans). Cet automne, dans Cougar Town, la déjà botoxée Courtney Cox, une ex de la série Friends, se rend compte que, oh my God, la vie passe et qu'elle n'a pas encore goûté à un certain fruit défendu par la bonne société. The Rebound, film annoncé pour bientôt, met en scène la spectaculaire Catherine Zeta-Jones dans la peau parfaite d'une divorcée de 40 ans s'amourachant du gars de 25 ans qui garde ses deux enfants. Déjà sorti: Chéri, avec la magnifique Michelle Pfeiffer en vieille coquette créée par Colette, qui se surprend à tomber amoureuse d'un jouvenceau.
Le terme «cougar» — l'un des nouveaux mots de l'année 2007, selon le magazine Time, mais qui existait déjà depuis un certain temps — serait d'origine canadienne: on trouve une colonie de vrais cougars sur l'île de Vancouver. Là-bas, les femmes plus très jeunes qui hantaient les bars jusqu'au last call et, l'alcool aidant, qui essayaient de «lever» n'importe quel lapin, bedonnant ou boutonneux, étaient surnommées «cougars».
Un premier livre, écrit par Valérie Gibson, jadis sex-columnist au Toronto Sun, mariée cinq fois et une vraie de vraie cougar (il y a des «règles» — l'homme doit avoir au minimum 15 ans de moins), a réhabilité le mot. Il désigne désormais non plus une ivrogne esseulée mais une femme mûre, oui, mais également sûre d'elle, de ce qu'elle vaut et veut, de ce qu'elle peut offrir. Valérie a lancé une véritable petite industrie (les livres se multiplient). «Mais ce n'est pas une mode, assure-t-elle au téléphone. Les cougars sont là pour rester.» Grrr!
J'ai donné rendez-vous à Marie-Thérèse Fortin à 19h, au 20e étage d'un building du centre-ville. La terrasse Magnétic, nichée sur le toit de l'hôtel de la Montagne, serait, dit la légende, un territoire giboyeux où chassent les cougars urbains, ces dames d'un certain âge qui vouent un culte certain à la chair fraîche. (Pensez à Madonna qui s'amuse depuis le printemps dernier avec son nouveau joujou brésilien conçu l'année de son premier divorce.) Non pas que Marie-Thérèse, comédienne et directrice du Théâtre d'Aujourd'hui, soit une croqueuse de minets. Par contre, Gisèle Cloutier, le personnage qu'elle joue dans le film Les Grandes Chaleurs, vit à fond le fantasme avoué des cougars: être clairement l'objet du désir d'un homme fringant comme le lapin Energizer et plus jeune que son propre fils.
Rien de mieux qu'un de ces cocktails kitsch aux noms coquins pour briser la glace. Dans un autre contexte, énumérer à voix haute la carte du Magnétic (Sex on the Beach, Juicy Pussy, Slippery Nipple...) peut sûrement mettre en appétit. Amusée et merveilleusement cool, Marie-Thérèse a hésité, moins sur les termes déplacés pour une interview (Blow Job) que sur les ingrédients (trop sucrés), puis a tranché: ce sera Death of a Virgin (vodka, schnapps à la pêche, lime, 7-Up et jus d'orange).
Marie-Thérèse, trempant les lèvres: «C'est assez parfumé, mais c'est bon.» Moi, levant mon Sex on the Snow (Absolute Vanille, lait glacé, cerise au marasquin): «Au succès de votre film!»
Ah! Si jeunesse savait...
Marie-Thérèse a voulu tout de suite mettre les choses au clair: «Gisèle n'est pas une cougar. C'est lui qui la choisit, qui lui court après.» Elle a raison: sa Gisèle est ni une Mrs. Robinson (du film Le Lauréat) ni une Samantha (de la télésérie Sexe à New York), deux icônes pour toute cougarette en herbe. Sauf que le résultat est le même: Gisèle, travailleuse sociale de Québec, a une relation torride avec un de ses anciens «cas», un adorable petit voyou interprété par un nouveau venu, François Arnaud. Hasard ou coïncidence, Les Grandes Chaleurs sort la même année que d'autres films et téléséries qui exploitent le même tabou (voir l'autre texte). Mais est-ce encore un tabou?
«Je réfléchis à ça, dit-elle. j'entends toutes sortes de choses. On est étonnés de voir qu'une femme d'un certain âge soit avec un jeune homme, alors que l'inverse est absolument passé dans les moeurs depuis la nuit des temps. L'inverse est tellement répandu qu'on n'en fera certainement pas un film. Cela dit, les cougars doivent être des femmes sûrement très intéressantes.»
JYG. Il paraît que les femmes de 45 ans sont à leur sommet sexuel, alors que les pauvres hommes...
«C'est à 20 ans. Une maudite bonne raison pour qu'ils se rencontrent. Je pense qu'une femme de 45 ans n'a pas les mêmes attentes vis-à-vis d'un homme de 25 ans qu'une femme de 25 ans. Elle existe par elle-même. Je crois que cela attire beaucoup les jeunes hommes. Bon, est-ce encore tabou? Je ne sais pas, mais...»
JYG. Disons que les têtes se retournent. Si vous étiez ici avec...
«...Un jeune.»
JYG. Oui, oui, c'est ça, un jeune, et que je vous tenais les mains, on nous remarquerait. Enfin, peut-être pas ici...
Nous avons regardé la foule attirée par Magnétic, sa vue superbe et ses drinks cochons: une clientèle dans la vingtaine et la trentaine, plutôt anglophone, bien foutue et heureuse de pouvoir exhiber ses charmes sans risquer de se prendre une dalle en béton sur la gueule. Nous avons aussi noté la présence de deux femmes plus «âgées» que la moyenne locale mais «bien conservées», stationnées au bar et apparemment fascinées par le baratin du (jeune) barman frisé.
JYG. Qu'a dit votre entourage quand il a appris le sujet du film?
«Je ne m'attendais pas à ce que les gens m'en parlent tant, me demandent: pis, comment t'as trouvé ça? Comme si le fait d'embrasser un homme plus jeune allait métamorphoser le fait d'embrasser un homme.»
JYG. Il y a quand même une scène osée, dans la douche...
«Oui. Quand mon mari a vu cette scène, il avait hâte qu'elle finisse, et j'avais hâte qu'elle finisse. C'était lors d'un visionnement d'équipe, il m'avait demandé d'y assister; je savais que François ne serait pas là, donc je lui ai dit: c'est parfait, t'auras pas envie de lui sauter dessus, hahaha. On faisait des blagues, il est habitué, c'est mon métier, j'en ai embrassé d'autres... Mais bon, il est vrai que je n'avais jamais eu de scène qui va aussi loin avec d'autres partenaires. Je n'ai jamais été mal à l'aise de les tourner. Peut-être parce que François est un garçon très mature, très délicat. Je n'ai jamais senti qu'il se disait: bon, faut que j'aille embrasser la vieille...»
Je m'étouffe avec mon Sexe dans la neige.
Marie-Thérèse déguste sa Mort d'une vierge: «Lui-même était à l'aise, content de jouer avec moi, visiblement en tout cas. Et, de mon côté, je ne lui ai pas fait sentir: aïe! viens ici, le p'tit jeune, je vais te montrer comment ça marche. Il faisait son premier film, je tenais mon premier grand rôle au cinéma et Sophie [Lorain] tournait son premier film. Nous étions sur la même ligne. Et nous avons avancé sur cette ligne pour raconter de la meilleure façon cette histoire écrite par Michel-Marc Bouchard. Pour moi, c'est une histoire d'amour davantage qu'une histoire d'amour entre une femme d'âge mûr et un jeune homme.»
JYG. François, le «nouveau Roy Dupuis» selon certains, connaît une année faste. Il est de la distribution de J'ai tué ma mère, il tient un rôle important dans une télésérie à l'automne à TVA...
«Oui, sa carrière est lancée, je ne m'inquiète pas pour lui. François, je le trouve fantastique, pas parce qu'il est jeune et beau comme un dieu, mais pour ce qui se passe dans sa tête. Il m'interpelle.»
JYG. J'ai trouvé intéressant de voir le contraste, à l'écran, entre sa jeunesse qui déborde de partout et votre maturité assumée, entre sa peau et la vôtre. C'est fou mais je vous ai trouvée courageuse. Je me suis demandé comment aborder ce sujet-là avec vous...
«Allez-y franchement.»
JYG. O.K., parlons de la différence entre la fraîcheur et, entre guillemets, la «moins fraîcheur» de...
«La maturité, d'une femme qui a vécu, qui a eu des enfants. Et qui n'a pas vécu une vie où l'on prend soin de soi ou qui passe son temps à ne faire que ça.»
JYG. Gisèle Cloutier n'est pas Sharon Stone et encore moins Madonna, même si elles ont le même âge.
«C'est une femme qui, selon moi, s'est oubliée. Elle s'est dévouée aux autres. Je pense que lui vient agir dans sa vie comme un révélateur.»
JYG. Vous n'avez pas travaillé souvent au cinéma, et dans ce film, vous êtes de toutes les scènes. Se voir à l'écran, c'est...
«Un choc. Vieillir, ça me dérange. Je me suis posé la question avant de faire le film: est-ce que je me fais injecter ici et là? C'est très difficile de ne pas se la poser aujourd'hui. J'ai choisi de ne rien faire. Je me suis dit: la majorité des femmes qui vont s'asseoir dans la salle, qui ont cet âge-là, elles vont se dire: Gisèle est comme moi. On peut être sexy et pas refaite. Elle a le sein lourd, elle a eu des enfants. Si j'étais Catherine Deneuve ou Demi Moore, on comprendrait qu'il tombe amoureux d'elle. Alors que Gisèle est une femme assez ordinaire, sans histoire, tristement sans histoire, je dirais, à qui arrive une chose extraordinaire. Je trouve ça bien, c'est une revanche du destin.»
JYG. C'est un conte de fées à l'ombre du Château Frontenac, Les Grandes Chaleurs?
«Peut-être. Tout ce que j'espère, c'est que les gens vont croire que Yannick puisse être amoureux de Gisèle, que ce couple-là existe sur l'écran.»
***
2009, l'année du cougar?
Vous l'avez peut-être ratée ce printemps, mais dans la téléréalité The Cougar, la très sexy Stacey, agent d'immeuble de 40 ans, divorcée et mère de quatre enfants, avait à choisir parmi 20 jeunes concurrents (l'heureux élu: Jimmy, 24 ans). Cet automne, dans Cougar Town, la déjà botoxée Courtney Cox, une ex de la série Friends, se rend compte que, oh my God, la vie passe et qu'elle n'a pas encore goûté à un certain fruit défendu par la bonne société. The Rebound, film annoncé pour bientôt, met en scène la spectaculaire Catherine Zeta-Jones dans la peau parfaite d'une divorcée de 40 ans s'amourachant du gars de 25 ans qui garde ses deux enfants. Déjà sorti: Chéri, avec la magnifique Michelle Pfeiffer en vieille coquette créée par Colette, qui se surprend à tomber amoureuse d'un jouvenceau.
Le terme «cougar» — l'un des nouveaux mots de l'année 2007, selon le magazine Time, mais qui existait déjà depuis un certain temps — serait d'origine canadienne: on trouve une colonie de vrais cougars sur l'île de Vancouver. Là-bas, les femmes plus très jeunes qui hantaient les bars jusqu'au last call et, l'alcool aidant, qui essayaient de «lever» n'importe quel lapin, bedonnant ou boutonneux, étaient surnommées «cougars».
Un premier livre, écrit par Valérie Gibson, jadis sex-columnist au Toronto Sun, mariée cinq fois et une vraie de vraie cougar (il y a des «règles» — l'homme doit avoir au minimum 15 ans de moins), a réhabilité le mot. Il désigne désormais non plus une ivrogne esseulée mais une femme mûre, oui, mais également sûre d'elle, de ce qu'elle vaut et veut, de ce qu'elle peut offrir. Valérie a lancé une véritable petite industrie (les livres se multiplient). «Mais ce n'est pas une mode, assure-t-elle au téléphone. Les cougars sont là pour rester.» Grrr!
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