À voir à la télévision le dimanche 20 avril - Attention, chef-d'oeuvre
Presque dix ans après Les 400 Coups, son premier long métrage sur un enfant délinquant, François Truffaut, sensible à la cause de l'enfance, s'est laissé transporter par l'histoire de Victor de l'Aveyron, un enfant sauvage retrouvé en forêt en 1798 et recueilli par Jean Itard, médecin brillant spécialisé dans l'étude des processus auditifs. Truffaut, qui fut lui-même un enfant maltraité et mal aimé, désirait à travers ce chef-d'oeuvre artisanal en noir et blanc, tourné à la manière d'un film muet (avec notamment des fondus au noir à l'iris, retrouvé parmi du matériel antique), interroger une société qui, hier comme aujourd'hui, se détourne de l'enfance.
Antoine De Baecque et Serge Toubiana développent cette idée dans la généreuse biographie qu'ils lui ont consacrée en 1996: «Grâce à L'Enfant sauvage, Truffaut entend apporter un écho sensible à une cause pour laquelle il milite avec une farouche énergie, celle de la protection de l'enfance malheureuse. Pour lui, l'enfance ne bénéficie d'aucune protection et reste soumise à l'emprise de son entourage direct, même s'il est violent ou abusif.»
Avec Jean Gruault au scénario et pour la première fois Nestor Almendros à la photo (ils tourneront huit autres films ensemble), Truffaut se sent suffisamment en confiance pour jouer lui-même le rôle du docteur Itard. D'autant que le petit Jean-Pierre Cargol, qui incarne l'enfant avec une vérité sidérante, n'a jamais fait de cinéma de sa vie. En pénétrant dans le cadre, Truffaut espérait limiter les intermédiaires et gagner plus rapidement la confiance du gamin.
Anecdote amusante: la compagnie américaine Les Artistes associés, qui craignait d'investir dans cette production, qu'elle jugeait trop peu commerciale, exigea de pouvoir récupérer sa mise en distribuant également La Sirène du Mississippi. Or, La Sirène, avec le tandem Deneuve-Belmondo, connut un échec retentissant, et c'est L'Enfant sauvage, sorti début 1970, qui fit courir les foules.
L'Enfant Sauvage
Radio-Canada, 23h30
Antoine De Baecque et Serge Toubiana développent cette idée dans la généreuse biographie qu'ils lui ont consacrée en 1996: «Grâce à L'Enfant sauvage, Truffaut entend apporter un écho sensible à une cause pour laquelle il milite avec une farouche énergie, celle de la protection de l'enfance malheureuse. Pour lui, l'enfance ne bénéficie d'aucune protection et reste soumise à l'emprise de son entourage direct, même s'il est violent ou abusif.»
Avec Jean Gruault au scénario et pour la première fois Nestor Almendros à la photo (ils tourneront huit autres films ensemble), Truffaut se sent suffisamment en confiance pour jouer lui-même le rôle du docteur Itard. D'autant que le petit Jean-Pierre Cargol, qui incarne l'enfant avec une vérité sidérante, n'a jamais fait de cinéma de sa vie. En pénétrant dans le cadre, Truffaut espérait limiter les intermédiaires et gagner plus rapidement la confiance du gamin.
Anecdote amusante: la compagnie américaine Les Artistes associés, qui craignait d'investir dans cette production, qu'elle jugeait trop peu commerciale, exigea de pouvoir récupérer sa mise en distribuant également La Sirène du Mississippi. Or, La Sirène, avec le tandem Deneuve-Belmondo, connut un échec retentissant, et c'est L'Enfant sauvage, sorti début 1970, qui fit courir les foules.
L'Enfant Sauvage
Radio-Canada, 23h30
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

