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Après La Marche de l'Empereur, Jacquet propose un conte

François Lévesque   4 juillet 2009  Cinéma
Une scène du Renard et l’Enfant, de Luc Jacquet
Une scène du Renard et l’Enfant, de Luc Jacquet
Avec quelque retard arrive sur nos écrans le très joli conte de Luc Jacquet, Le Renard et l'Enfant. Joint à Paris, le cinéaste derrière La Marche de l'Empereur, grand succès en 2005, parle volontiers de son nouveau film.

Avec un titre semblable, on a une bonne idée des principaux protagonistes du récit, en l'occurrence une rousse fillette et un farouche renard. C'est connu: bien des réalisateurs préfèrent se tenir à distance polie des projets requérant la direction d'enfants ou d'animaux. Luc Jacquet, lui, s'est offert la totale. «C'est vrai que les gens raisonnables ont le bon sens de ne pas s'y aventurer», lance ce dernier dans un éclat de rire.

«Pour les animaux, ça allait de soi: j'ai l'expérience, j'ai fait ça toute ma vie. Cette expertise-là, je l'ai. Quant à l'aspect potentiellement ardu de diriger une petite fille, j'avoue que ça ne m'a pas trop inquiété. J'aime les enfants, j'en ai trois moi-même. C'est certain que ça exige de soi une plus grande précision dans les explications et la communication en général, mais en fin de compte, c'est surtout l'occasion d'un apprentissage. Et puis Bertille [Noël-Bruneau] est formidable. Elle est lumineuse, cette petite. Pendant le tournage, on a été les témoins privilégiés de son épanouissement en tant qu'actrice.»

Cette notion d'apprentissage caractérise fort bien l'aventure que fut Le Renard et l'Enfant. Car au-delà des enseignements proposés à l'écran, il y a ceux qui ont marqué le cheminement de l'équipe tout au long d'un tournage exigeant dans la nature, en éclairage naturel de surcroît. «C'était un réel défi. Mais heureusement, je pouvais compter sur Éric Dumage et Gérard Simon à la direction photo. Chaque fois qu'on propose quelque chose, il y en a toujours un pour suggérer une autre avenue ou une idée encore meilleure; c'est l'avantage d'être trois.»

Quand on a des préoccupations ouvertement écologistes et qu'on désire utiliser le cinéma comme outil de réflexion, la tentation du prêchi-prêcha guette. Or Luc Jacquet préfère la retenue. «Qui suis-je pour faire la morale aux gens?»

En adoptant les rouages narratifs et surtout le ton du conte, le cinéaste a trouvé sa voie, voire sa voix. «J'aime la formule du conte parce qu'elle me donne l'occasion d'allier tout ce que je suis: un scientifique de formation et quelqu'un qui aime partager son savoir avec les gens. Le conte me permet en outre d'intéresser, potentiellement, pas mal de gens. J'écris présentement mon troisième long métrage et c'est à nouveau cette approche-là que je privilégie. Désormais, ça semble me venir naturellement.» Tant mieux pour nous.

***

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