Les histoires de famille d'Émile Gaudreault
De père en flic, d’Émile Gaudreault, relate les aventures d’un père (Michel Côté) et de son fils (Louis-José Houde), deux policiers incapables de s’entendre.
Émile Gaudreault propose, avec De père en flic, le seul «blockbuster» québécois capable de tenir tête au tsunami hollywoodien estival. Le cinéaste poursuit une démarche conséquente et assumée dans le créneau parfois mal aimé de la comédie grand public.
Gaudreault a rapidement su se tailler une place enviable dans le paysage cinématographique québécois. Nuit de noces, son premier film, avait remporté la Bobine d'or en 2001. C'est ce qu'on appelle faire une entrée remarquée! Depuis, le réalisateur continue de s'amuser des petits et grands dysfonctionnements qui peuvent affliger la cellule familiale, que ce soit dans Mambo Italiano ou Comment survivre à sa mère. De père en flic ne fait pas exception. «À la base, je ne souhaitais pas nécessairement faire un film sur les relations filiales. Je terminais le montage de Surviving My Mother et je cherchais le sujet de mon prochain film. C'est toujours ce que je fais: j'aime me plonger dans un autre projet dès la fin du précédent; ça permet une saine coupure.»
L'idée de base du nouveau film provient d'un documentaire montrant des pères et des fils dans le bois avec un psychologue. «Sur Internet, j'ai appris qu'il s'agissait d'une sorte de petit mouvement thérapeutique. Parfois, père et fils partaient avec un rabbin, ou juste tous les deux, ou encore en groupe... Il y avait là un bon "set-up" de comédie et, en même temps, c'était très chargé au plan dramatique. L'idée d'aborder les rapports père-fils me plaisait parce que le non-dit prend beaucoup de place dans cette relation-là, le malaise aussi. Je savais que je pourrais faire plus qu'une "comédie comédie", que j'aurais la possibilité d'aller plus loin.»
Savoir s'entourer
De père en flic relate les péripéties d'un père et de son fils, deux policiers incapables de s'entendre et contraints d'infiltrer un groupe de thérapie familiale en pleine nature. Habitué des comédies dramatiques, Émile Gaudreault avait conscience de s'aventurer sur un terrain qu'il connaissait peu. La comédie policière comporte en effet, par définition, un élément de suspense et commande de surcroît un rythme différent.
«C'est pour cette raison que j'ai pensé à Bruce Chun, le directeur photo de Bon cop, bad cop et de Nitro. Le rythme, le ton, je les possède, mais je savais que je devrais diriger des scènes d'action, ce qui m'était moins familier, et je tenais par conséquent à travailler avec des gens qui s'y connaissent. Sur le plateau, il y avait beaucoup de monde, beaucoup d'énergie, alors que d'habitude je suis très zen. Disons que c'est mon film le plus fort en testostérone!», lance le réalisateur sur le ton de la plaisanterie.
L'expérience, peut-être jumelée à la confiance de se savoir bien entouré, a fait son oeuvre. Le niveau d'assurance dont rend compte la mise en scène de De père en flic est à l'avenant. «C'est certain qu'il y a une évolution de film en film; c'est un apprentissage. À Nuit de noces, j'ai apporté un bon rythme, une vérité, mais côté mise en scène, c'était presque exclusivement une succession de gros plans, confie Gaudreault avec une candeur qui l'honore. Avec ses multiples personnages présents dans le cadre en même temps, De père en flic m'a forcé à envisager différemment la conception des plans, à les aborder comme des chorégraphies.»
À l'écoute du public
Avec un tandem composé de Michel Côté et de Louis-José Houde, on est en droit de s'attendre à rire franc et souvent. Ce qui survient, sauf que le film ménage aussi quelques moments tendres: ces occasions où le cinéaste et coscénariste désirait justement «aller plus loin». Des scènes qui ont bénéficié de moult montages et remontages, une seconde de plus faisant parfois toute la différence. Trois projections-tests, qu'il a lui-même demandées, ont servi de baromètre à Émile Gaudreault. «Parmi les commentaires, une spectatrice a fait remarquer qu'une scène entre Rémi Girard et Patrick Drolet se terminait alors qu'elle était sur le point d'être émue. Je l'ai allongée en passant juste un peu plus de temps sur le visage du second, afin qu'on voie davantage sa réaction à ce que vient de dire son père. Lors du visionnement suivant, un ami qui était du premier m'a dit qu'il n'avait pas vraiment fait attention à cette scène-là initialement, mais que cette fois-ci elle l'avait touché. Le plus drôle, c'est qu'il n'avait même pas remarqué la modification. C'est vraiment une question de dosage.» Si la réaction du grand public ressemble à celle observée lors desdites projections, peut-être Émile Gaudreault recevra-t-il, avec De père en flic, une seconde Bobine d'or!
***
Collaborateur du Devoir
Gaudreault a rapidement su se tailler une place enviable dans le paysage cinématographique québécois. Nuit de noces, son premier film, avait remporté la Bobine d'or en 2001. C'est ce qu'on appelle faire une entrée remarquée! Depuis, le réalisateur continue de s'amuser des petits et grands dysfonctionnements qui peuvent affliger la cellule familiale, que ce soit dans Mambo Italiano ou Comment survivre à sa mère. De père en flic ne fait pas exception. «À la base, je ne souhaitais pas nécessairement faire un film sur les relations filiales. Je terminais le montage de Surviving My Mother et je cherchais le sujet de mon prochain film. C'est toujours ce que je fais: j'aime me plonger dans un autre projet dès la fin du précédent; ça permet une saine coupure.»
L'idée de base du nouveau film provient d'un documentaire montrant des pères et des fils dans le bois avec un psychologue. «Sur Internet, j'ai appris qu'il s'agissait d'une sorte de petit mouvement thérapeutique. Parfois, père et fils partaient avec un rabbin, ou juste tous les deux, ou encore en groupe... Il y avait là un bon "set-up" de comédie et, en même temps, c'était très chargé au plan dramatique. L'idée d'aborder les rapports père-fils me plaisait parce que le non-dit prend beaucoup de place dans cette relation-là, le malaise aussi. Je savais que je pourrais faire plus qu'une "comédie comédie", que j'aurais la possibilité d'aller plus loin.»
Savoir s'entourer
De père en flic relate les péripéties d'un père et de son fils, deux policiers incapables de s'entendre et contraints d'infiltrer un groupe de thérapie familiale en pleine nature. Habitué des comédies dramatiques, Émile Gaudreault avait conscience de s'aventurer sur un terrain qu'il connaissait peu. La comédie policière comporte en effet, par définition, un élément de suspense et commande de surcroît un rythme différent.
«C'est pour cette raison que j'ai pensé à Bruce Chun, le directeur photo de Bon cop, bad cop et de Nitro. Le rythme, le ton, je les possède, mais je savais que je devrais diriger des scènes d'action, ce qui m'était moins familier, et je tenais par conséquent à travailler avec des gens qui s'y connaissent. Sur le plateau, il y avait beaucoup de monde, beaucoup d'énergie, alors que d'habitude je suis très zen. Disons que c'est mon film le plus fort en testostérone!», lance le réalisateur sur le ton de la plaisanterie.
L'expérience, peut-être jumelée à la confiance de se savoir bien entouré, a fait son oeuvre. Le niveau d'assurance dont rend compte la mise en scène de De père en flic est à l'avenant. «C'est certain qu'il y a une évolution de film en film; c'est un apprentissage. À Nuit de noces, j'ai apporté un bon rythme, une vérité, mais côté mise en scène, c'était presque exclusivement une succession de gros plans, confie Gaudreault avec une candeur qui l'honore. Avec ses multiples personnages présents dans le cadre en même temps, De père en flic m'a forcé à envisager différemment la conception des plans, à les aborder comme des chorégraphies.»
À l'écoute du public
Avec un tandem composé de Michel Côté et de Louis-José Houde, on est en droit de s'attendre à rire franc et souvent. Ce qui survient, sauf que le film ménage aussi quelques moments tendres: ces occasions où le cinéaste et coscénariste désirait justement «aller plus loin». Des scènes qui ont bénéficié de moult montages et remontages, une seconde de plus faisant parfois toute la différence. Trois projections-tests, qu'il a lui-même demandées, ont servi de baromètre à Émile Gaudreault. «Parmi les commentaires, une spectatrice a fait remarquer qu'une scène entre Rémi Girard et Patrick Drolet se terminait alors qu'elle était sur le point d'être émue. Je l'ai allongée en passant juste un peu plus de temps sur le visage du second, afin qu'on voie davantage sa réaction à ce que vient de dire son père. Lors du visionnement suivant, un ami qui était du premier m'a dit qu'il n'avait pas vraiment fait attention à cette scène-là initialement, mais que cette fois-ci elle l'avait touché. Le plus drôle, c'est qu'il n'avait même pas remarqué la modification. C'est vraiment une question de dosage.» Si la réaction du grand public ressemble à celle observée lors desdites projections, peut-être Émile Gaudreault recevra-t-il, avec De père en flic, une seconde Bobine d'or!
***
Collaborateur du Devoir
Haut de la page


