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Ces animaux rigolos venus du froid

André Lavoie   4 juillet 2009  Cinéma
Avec Ice Age: Dawn of the Dinosaurs, ce sont donc deux mondes qui s’affrontent, celui qui ratisse la toundra enneigée et un autre, souterrain, inconnu.
Avec Ice Age: Dawn of the Dinosaurs, ce sont donc deux mondes qui s’affrontent, celui qui ratisse la toundra enneigée et un autre, souterrain, inconnu.
Le degré de perfection de l'animation numérique ne constitue plus le critère numéro un d'un public devenu moins ébloui par cette technique qui, au temps des premiers essais des grands studios hollywoodiens (Tron, Toy Story), forçait l'admiration. Ces outils offrent des possibilités infinies mais, au bout du compte, que nous soyons transportés à Madagascar (Madagascar), dans une banlieue anonyme (The Incredibles) ou tout récemment en plein ciel (Up), notre jugement final porte sur le travail des scénaristes. Ce sont souvent les plus imaginatifs, et parfois les plus irrévérencieux, qui remportent notre adhésion.

Dans cette constellation animée, Ice Age n'est pas l'étoile la plus scintillante, mais d'un film à l'autre, il fait bon retrouver ces animaux d'un âge préhistorique, traversant d'abord une nature froide et hostile pour le mieux-être d'un bébé humain et combattant ensuite les changements climatiques (Ice Age: The Meltdown). C'est de nouveau Carlos Saldanha qui, pour la seconde fois, règle les pas de ce charmant bestiaire, cédant à la mode des énormes reptiles, ces demi-dieux des adeptes du créationnisme.

Avec Ice Age: Dawn of the Dinosaurs, ce sont donc deux mondes qui s'affrontent, celui qui ratisse la toundra enneigée et un autre, souterrain, inconnu, que Sid le paresseux (excellent John Leguizamo) va découvrir, guidé par la jalousie et bien sûr l'insouciance. Car devant le bonheur de Manny le mammouth (Ray Romano) et de sa compagne Ellie (Queen Latifah), sur le point d'accoucher de leur premier gros poupon, il décide d'adopter trois oeufs étranges appartenant à un dinosaure — ce que bien sûr il ignore. La mère, d'une humeur carnassière, reprend possession de sa marmaille et capture le voleur. Les amis de Sid, dont le lion Diego qui commence sérieusement à trahir son âge, s'engouffrent à leur tour dans cet univers à la fois luxuriant et terrifiant, jardin d'Éden souterrain dont les plus faibles ne sortent pas vivants. À moins bien sûr d'être guidé par une belette (Simon Pegg, déchaîné comme toujours) qui tente d'imiter Johnny Depp, pirate de pacotille à l'énergie contagieuse.

C'est un véritable feu roulant de péripéties et d'affrontements musclés qu'orchestre Carlos Saldanha, faisant défiler les paysages les plus contrastés, d'une blancheur infinie ou saturés de couleurs aveuglantes. Le récit, somme toute peu original et construit avec la précision d'un métronome, hachuré par la quête toujours amusante de Scrat l'écureuil d'un gland que convoite cette fois une charmante femelle, défile à la vitesse grand V, la seule à pouvoir séduire les jeunes admirateurs de ce monde de glace et de grands vents.

Moins polisson que Shrek ou Madagascar, Ice Age: Dawn of the Dinosaurs aligne tout de même quelques clins d'oeil qui sauront ravir les parents, de la très rapide allusion aux Flintstones à un tango enflammé entre deux protagonistes qui passent tout le film à déjouer la rapacité, ou l'amour refoulé, de l'autre.

Pas de quoi crier au génie, mais pas de raison non plus de bouder son plaisir, celui des enfants comme celui des grands.

***

Collaborateur du Devoir

***

Ice Age : Dawn of the Dinosaurs (v.f.: L'Ère de glace: l'aube des dinosaures)

Réalisation: Carlos Saldanha. Scénario: Michael Berg, Peter Ackerman, Mike Reiss, Yoni Brenner. Avec les voix de (version anglaise): John Leguizamo, Queen Latifah, Simon Pegg, Ray Romano. Montage: Harry Hitner. Musique: John Powell. États-Unis, 2009, 94 min.






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