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Trois prix pour J'ai tué ma mère

Odile Tremblay   23 mai 2009  Cinéma
Xavier Dolan
Photo : Jacques Grenier
Xavier Dolan
Cannes — Un nouveau chapitre du conte de Cendrillon s'écrivait hier, avec la consécration au château cannois pour le jeune cinéaste québécois de 20 ans Xavier Dolan, qui décidément n'en finit plus de briller. «Je tombe des nues. C'est inattendu. C'est de l'absurdité. C'est du dadaïsme», commentait-il. J'ai tué ma mère, le film où il a porté tous les chapeaux — scénariste, réalisateur, producteur, acteur — moissonne trois prix (sur quatre) à la Quinzaine des réalisateurs: le Art Cinema Award, décerné par un jury de programmateurs de cinémas indépendants, celui de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), attribué au meilleur long métrage francophone, et Regards jeunes 2009, couronnant en quelque sorte le meilleur espoir de cette catégorie.

À la Quinzaine, ils ont loué le courage, la volonté, la fraîcheur, la sincérité du très jeune homme qui s'était d'abord lancé dans l'aventure du tournage à compte d'auteur, en affrontant tous les obstacles et en envoyant valser les pisse-vinaigre.

Hier, il recevait étonné les appels de plusieurs politiciens, dont Jean Charest, Christine St-Pierre et Gilles Duceppe. Tout lui semblait irréel. Autant que l'autre soir, à la montée des marches lors de la projection de gala d'Étreintes brisées d'Almodóvar, quand il a entendu le crieur nommer son nom, se pinçant pour y croire. Et puis, ces trois prix...

«Jamais je n'ai été aussi fier d'être Québécois, déclarait-il en parodiant René Lévesque. Quand on est confronté à un environnement étranger, on réalise alors la profondeur de ses racines. Ici et maintenant, je sais d'où je viens et j'ai hâte de partager mes prix et mon film avec ma famille: les Québécois.»

Xavier Dolan, après avoir déambulé à Cannes et avoir croisé des grands noms du cinéma international s'émerveille que dans ce carrefour du cru planétaire, son film ait été reconnu et primé. «Je me sens comblé», dit-il.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, qui a assisté à la projection du film à Cannes, s'est dite émerveillée devant le talent et la maturité de ce garçon. La SODEC, après un premier refus, avait financé le film au volet indépendant, à l'encontre de Téléfilm Canada, qui n'a pas investi. «C'est bien qu'il ait été pressé de faire son film. On sent qu'il fallait que ça sorte», a-t-elle conclu.

Le cinéaste entend garder la tête froide, malgré la pression et le poids de cette reconnaissance nouvelle, tout en se sentant effrayé par pareille consécration. On le serait à moins. Passant d'inconnu à célébrité nationale, en l'espace de deux semaines, à 20 ans à peine, il doit faire appel à toute sa précoce sagesse pour marcher sans léviter.

À Cannes, il a mis aussi le cap sur son avenir: son prochain film, Laurence Anyways, dont il a déjà écrit le scénario, porte sur la transsexualité. Il rencontre lundi à Paris un des acteurs principaux de la distribution française, pour monter la structure financière d'une éventuelle coproduction. Xavier espère commencer le tournage dès l'automne. Il peut voir venir, déposer à la SODEC, en injectant au départ sur son plateau une partie des revenus des ventes internationales de J'ai tué ma mère, qui lui assurent le plein confort.

Rappelons que J'ai tué ma mère, donnant la vedette à Anne Dorval et à Xavier lui-même, en grande partie autobiographique, raconte les démêlés d'un adolescent égocentrique en révolte avec une mère qui lui tape sur les nerfs, mais qu'il aime pourtant. Le film, qui prendra l'affiche au Québec le 5 juin, possède charme et humour par delà des maladresses et laisse percer une vraie signature.

«Tous les rêves sont permis, s'écriait hier Xavier Dolan. Le vent se lève.» Dimanche, on saura au moment du palmarès s'il remporte ou non la Caméra d'or, couronnant à Cannes un premier long métrage, toutes sections confondues. Ici, des rumeurs veulent qu'il soit l'un des trois favoris. Mais il a pris la route des étoiles de toute façon. Le manitou de la sélection officielle de Cannes, Thierry Frémaux, affirme surveiller l'arrivée de son prochain film... Le grand festival l'a adopté.
 
 
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  • André Bussière - Inscrit
    23 mai 2009 01 h 33
    Félicitations!
    FÉLICITATIONS JEUNE HOMME, PLEIN DE TALENTS !!!

    Les articles écrits sur toi décrivent bien ce qui t'arrive.

    Depuis ton passage réussi à TOUT LE MONDE EN PARLE, on n'a jamais cessé de lire sur toi.

    Que le meilleur t'arrive et surtout, reste... TOI-MÊME !!!

    ANDRÉ BUSSIÈRE B.S.A.
    Montréal
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  •  
  • Bernard Gervais - Abonné
    23 mai 2009 09 h 29
    L'importance de croire en ce qu'on fait !
    Quand Xavier Dolan a eu l'idée de réaliser un long métrage, il a certainement dû entendre dans son entourage des gens lui dire qu'il était trop jeune pour ça, que c'était de la folie, qu'il ne serait jamais capable d'y arriver, que c'était pour lui très risqué au plan financier, ou je ne sais quoi encore.

    Malgré tout, le jeune cinéaste ne s'est pas laissé intimider par eux et s'est quand même lancé dans son projet.

    En plus des qualités que présente le film lui-même qu'il a fait - et j'ai bien hâte de voir -, ce sont sans doute la ténacité de M. Dolan et sa passion pour le cinéma qui ont séduit le Festival de Cannes et lui ont permis d'y remporter 3 prix importants !

    Morale de cette histoire : quand on croit vraiment en ce qu'on fait, mieux vaut souvent ne pas trop écouter tous qui tentent de nous dissuader d'agir comme nous le voulons !
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  •  
  • Robert Campeau - Inscrit
    23 mai 2009 10 h 39
    Il était une fois Xavier Dolan
    Inspirant. Stimulant. Émouvant. L'histoire de Xavier Dolan est un vent de fraîcheur tonitruant dans une époque où le cynisme balaie à peu près tout sur son passage. Une histoire de jeune prodige qui nous repose de Céline Dion et de la ronronnante grandiloquence. Une histoire de talent brut qui défie les lois de la gravité et nous rappelle que la jeunesse recèle des trésors insoupçonnés. Une histoire qui constitue de la chair à médias, certes, mais qui n'en demeure pas moins exceptionnelle du seul fait qu'elle raconte l'exploit d'un jeune homme qui croyait en lui et en son potentiel...
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  •  
  • Dr. Dr. ULRICH - Inscrit
    23 mai 2009 13 h 53
    BRAVO
    .
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  •  
  • Diane Lussier - Inscrite
    27 juin 2009 03 h 18
    Trois fois Félicitations
    Je suis très fière de toi, déjà à ton passage à Tout le Monde en Parle, je suis tombé sur le charme devant ton talent et ta maturité tout comme Denise Filiatrault et que dire maintenant que tu as remporté trois prix au Festival de Cannes.Quand je vois tellement de talent je suis très fière d'être Québécoise.
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