Trois prix pour J'ai tué ma mère
Photo : Jacques Grenier
Xavier Dolan
Cannes — Un nouveau chapitre du conte de Cendrillon s'écrivait hier, avec la consécration au château cannois pour le jeune cinéaste québécois de 20 ans Xavier Dolan, qui décidément n'en finit plus de briller. «Je tombe des nues. C'est inattendu. C'est de l'absurdité. C'est du dadaïsme», commentait-il. J'ai tué ma mère, le film où il a porté tous les chapeaux — scénariste, réalisateur, producteur, acteur — moissonne trois prix (sur quatre) à la Quinzaine des réalisateurs: le Art Cinema Award, décerné par un jury de programmateurs de cinémas indépendants, celui de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), attribué au meilleur long métrage francophone, et Regards jeunes 2009, couronnant en quelque sorte le meilleur espoir de cette catégorie.
À la Quinzaine, ils ont loué le courage, la volonté, la fraîcheur, la sincérité du très jeune homme qui s'était d'abord lancé dans l'aventure du tournage à compte d'auteur, en affrontant tous les obstacles et en envoyant valser les pisse-vinaigre.
Hier, il recevait étonné les appels de plusieurs politiciens, dont Jean Charest, Christine St-Pierre et Gilles Duceppe. Tout lui semblait irréel. Autant que l'autre soir, à la montée des marches lors de la projection de gala d'Étreintes brisées d'Almodóvar, quand il a entendu le crieur nommer son nom, se pinçant pour y croire. Et puis, ces trois prix...
«Jamais je n'ai été aussi fier d'être Québécois, déclarait-il en parodiant René Lévesque. Quand on est confronté à un environnement étranger, on réalise alors la profondeur de ses racines. Ici et maintenant, je sais d'où je viens et j'ai hâte de partager mes prix et mon film avec ma famille: les Québécois.»
Xavier Dolan, après avoir déambulé à Cannes et avoir croisé des grands noms du cinéma international s'émerveille que dans ce carrefour du cru planétaire, son film ait été reconnu et primé. «Je me sens comblé», dit-il.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, qui a assisté à la projection du film à Cannes, s'est dite émerveillée devant le talent et la maturité de ce garçon. La SODEC, après un premier refus, avait financé le film au volet indépendant, à l'encontre de Téléfilm Canada, qui n'a pas investi. «C'est bien qu'il ait été pressé de faire son film. On sent qu'il fallait que ça sorte», a-t-elle conclu.
Le cinéaste entend garder la tête froide, malgré la pression et le poids de cette reconnaissance nouvelle, tout en se sentant effrayé par pareille consécration. On le serait à moins. Passant d'inconnu à célébrité nationale, en l'espace de deux semaines, à 20 ans à peine, il doit faire appel à toute sa précoce sagesse pour marcher sans léviter.
À Cannes, il a mis aussi le cap sur son avenir: son prochain film, Laurence Anyways, dont il a déjà écrit le scénario, porte sur la transsexualité. Il rencontre lundi à Paris un des acteurs principaux de la distribution française, pour monter la structure financière d'une éventuelle coproduction. Xavier espère commencer le tournage dès l'automne. Il peut voir venir, déposer à la SODEC, en injectant au départ sur son plateau une partie des revenus des ventes internationales de J'ai tué ma mère, qui lui assurent le plein confort.
Rappelons que J'ai tué ma mère, donnant la vedette à Anne Dorval et à Xavier lui-même, en grande partie autobiographique, raconte les démêlés d'un adolescent égocentrique en révolte avec une mère qui lui tape sur les nerfs, mais qu'il aime pourtant. Le film, qui prendra l'affiche au Québec le 5 juin, possède charme et humour par delà des maladresses et laisse percer une vraie signature.
«Tous les rêves sont permis, s'écriait hier Xavier Dolan. Le vent se lève.» Dimanche, on saura au moment du palmarès s'il remporte ou non la Caméra d'or, couronnant à Cannes un premier long métrage, toutes sections confondues. Ici, des rumeurs veulent qu'il soit l'un des trois favoris. Mais il a pris la route des étoiles de toute façon. Le manitou de la sélection officielle de Cannes, Thierry Frémaux, affirme surveiller l'arrivée de son prochain film... Le grand festival l'a adopté.
À la Quinzaine, ils ont loué le courage, la volonté, la fraîcheur, la sincérité du très jeune homme qui s'était d'abord lancé dans l'aventure du tournage à compte d'auteur, en affrontant tous les obstacles et en envoyant valser les pisse-vinaigre.
Hier, il recevait étonné les appels de plusieurs politiciens, dont Jean Charest, Christine St-Pierre et Gilles Duceppe. Tout lui semblait irréel. Autant que l'autre soir, à la montée des marches lors de la projection de gala d'Étreintes brisées d'Almodóvar, quand il a entendu le crieur nommer son nom, se pinçant pour y croire. Et puis, ces trois prix...
«Jamais je n'ai été aussi fier d'être Québécois, déclarait-il en parodiant René Lévesque. Quand on est confronté à un environnement étranger, on réalise alors la profondeur de ses racines. Ici et maintenant, je sais d'où je viens et j'ai hâte de partager mes prix et mon film avec ma famille: les Québécois.»
Xavier Dolan, après avoir déambulé à Cannes et avoir croisé des grands noms du cinéma international s'émerveille que dans ce carrefour du cru planétaire, son film ait été reconnu et primé. «Je me sens comblé», dit-il.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, qui a assisté à la projection du film à Cannes, s'est dite émerveillée devant le talent et la maturité de ce garçon. La SODEC, après un premier refus, avait financé le film au volet indépendant, à l'encontre de Téléfilm Canada, qui n'a pas investi. «C'est bien qu'il ait été pressé de faire son film. On sent qu'il fallait que ça sorte», a-t-elle conclu.
Le cinéaste entend garder la tête froide, malgré la pression et le poids de cette reconnaissance nouvelle, tout en se sentant effrayé par pareille consécration. On le serait à moins. Passant d'inconnu à célébrité nationale, en l'espace de deux semaines, à 20 ans à peine, il doit faire appel à toute sa précoce sagesse pour marcher sans léviter.
À Cannes, il a mis aussi le cap sur son avenir: son prochain film, Laurence Anyways, dont il a déjà écrit le scénario, porte sur la transsexualité. Il rencontre lundi à Paris un des acteurs principaux de la distribution française, pour monter la structure financière d'une éventuelle coproduction. Xavier espère commencer le tournage dès l'automne. Il peut voir venir, déposer à la SODEC, en injectant au départ sur son plateau une partie des revenus des ventes internationales de J'ai tué ma mère, qui lui assurent le plein confort.
Rappelons que J'ai tué ma mère, donnant la vedette à Anne Dorval et à Xavier lui-même, en grande partie autobiographique, raconte les démêlés d'un adolescent égocentrique en révolte avec une mère qui lui tape sur les nerfs, mais qu'il aime pourtant. Le film, qui prendra l'affiche au Québec le 5 juin, possède charme et humour par delà des maladresses et laisse percer une vraie signature.
«Tous les rêves sont permis, s'écriait hier Xavier Dolan. Le vent se lève.» Dimanche, on saura au moment du palmarès s'il remporte ou non la Caméra d'or, couronnant à Cannes un premier long métrage, toutes sections confondues. Ici, des rumeurs veulent qu'il soit l'un des trois favoris. Mais il a pris la route des étoiles de toute façon. Le manitou de la sélection officielle de Cannes, Thierry Frémaux, affirme surveiller l'arrivée de son prochain film... Le grand festival l'a adopté.
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