Le 11e gala des Jutra - Ce qu'il faut pour vivre, film de l'année
Photo : Jacques Grenier
Isabelle Blais a été couronnée meilleure actrice pour sa vibrante interprétation dans le long métrage Borderline, de Lyne Charlebois, qui a remporté quatre prix lors du 11e Gala des Jutra, hier soir, notamment celui de la meilleure réalisation.
Sans surprise, mais en toute justice, Ce qu'il faut pour vivre, excellent film de Benoît Pilon sur l'histoire d'un Inuit déraciné dans un sanatorium de Québec, a remporté hier soir le laurier du meilleur film québécois au 11e Gala des Jutra, couronnant les artisans de notre septième art. Le film valait également à Natar Ungalaaq, son merveilleux acteur principal, le prix de la meilleure interprétation masculine. À lui aussi, hautement méritée, la palme du meilleur scénario, coécrit par Bernard Émond et Benoît Pilon.
Le Jutra de la meilleure réalisation lui a toutefois échappé au profit de Lyne Charlebois pour Borderline, adapté du roman de Marie-Sissi Labrèche, bon film quoique moins achevé que ses concurrents, Ce qu'il faut pour vivre et Tout est parfait de Yves-Christian Fournier. La cinéaste lauréate a invité les femmes cinéastes, peu nombreuses au Québec, à croire en leurs forces.
Borderline était surtout porté par de grandes performances de comédiennes. Rien d'étonnant si deux d'entre elles se voient primées: Isabelle Blais, forte et émouvante dans un rôle de femme en quête d'elle-même, a remporté le Jutra de la meilleure actrice, alors qu'Angèle Coutu, porteuse d'humanité, gagnait celui de la meilleure actrice de soutien. Borderline repart avec quatre statuettes, dont celle du meilleur montage; un résultat plus qu'honorable.
Du moins, après la houle de la contestation du système de vote aux Jutra, ce palmarès n'a-t-il rien de déshonorant, malgré l'absence de bons joueurs écartés à l'étape des nominations. Tout est parfait, sous-représenté, ne repart pas complètement bredouille, puisque Normand D'Amour,
remarquable en père écorché, a remporté le trophée du meilleur acteur de soutien. Mais on aurait espéré davantage pour ce film coup de coeur.
La soirée, animée avec classe par la comédienne Karine Vanasse, se déroulait à Radio-Canada, avec diffusion simultanée sur ses ondes, devant le parterre endimanché du milieu du cinéma, en présence notamment de la ministre de la Culture Christine St-Pierre. Fernand Dansereau, pionnier de notre cinéma et de notre télévision, a reçu, ému, un Jutra-Hommage qu'il n'a pas volé.
Babine, de Luc Picard, sur un scénario de Fred Pellerin, dominait le peloton quant au nombre des nominations (neuf). Mais cette fable surréaliste reposait surtout sur sa forme. Le film est donc reparti avec des prix techniques (attribués hors d'ondes jeudi dernier): meilleure direction artistique, meilleur son, meilleure musique, meilleurs costumes, meilleurs maquillages. Celui de la meilleure direction de la photographie lui aura échappé au profit de C'est pas moi, je le jure, de Philippe Falardeau, pour la caméra d'André Turpin.
Quant à la charmante comédie dramatique de Léa Pool, Maman est chez le coiffeur, elle dut se contenter du Jutra de la meilleure coiffure, en plus de récolter celui du film s'étant le plus illustré à l'étranger.
Du côté du documentaire, Patricio Henriquez avec son bouleversant Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture damait le pion à La Mémoire des anges de Luc Bourdon, en remportant la statuette. C'est le second Jutra pour Henriquez, après celui que lui valut Images d'une dictature en 2000.
Le Noeud cravate de Jean-François Lévesque, bijou d'humour sur l'absurdité de la vie bureaucratique, repartait avec le Jutra de la meilleure animation, tandis que l'apocalyptique et remarquable Next Floor de Denis Villeneuve recevait, comme prévu, après maints prix à l'étranger, celui du meilleur court/moyen métrage.
La comédie Cruising Bar 2 de Robert Ménard et Michel Côté est lauréate du Billet d'or au film ayant récolté les meilleures recettes au guichet, après avoir reçu, pour les mêmes raisons, la Bobine d'or de Téléfilm. Il aura également été classé pire film québécois de l'année par un jury de critiques, au Gala des Aurores d'Infoman, scellant le divorce entre succès public et approbation médiatique.
Le Jutra de la meilleure réalisation lui a toutefois échappé au profit de Lyne Charlebois pour Borderline, adapté du roman de Marie-Sissi Labrèche, bon film quoique moins achevé que ses concurrents, Ce qu'il faut pour vivre et Tout est parfait de Yves-Christian Fournier. La cinéaste lauréate a invité les femmes cinéastes, peu nombreuses au Québec, à croire en leurs forces.
Borderline était surtout porté par de grandes performances de comédiennes. Rien d'étonnant si deux d'entre elles se voient primées: Isabelle Blais, forte et émouvante dans un rôle de femme en quête d'elle-même, a remporté le Jutra de la meilleure actrice, alors qu'Angèle Coutu, porteuse d'humanité, gagnait celui de la meilleure actrice de soutien. Borderline repart avec quatre statuettes, dont celle du meilleur montage; un résultat plus qu'honorable.
Du moins, après la houle de la contestation du système de vote aux Jutra, ce palmarès n'a-t-il rien de déshonorant, malgré l'absence de bons joueurs écartés à l'étape des nominations. Tout est parfait, sous-représenté, ne repart pas complètement bredouille, puisque Normand D'Amour,
remarquable en père écorché, a remporté le trophée du meilleur acteur de soutien. Mais on aurait espéré davantage pour ce film coup de coeur.
La soirée, animée avec classe par la comédienne Karine Vanasse, se déroulait à Radio-Canada, avec diffusion simultanée sur ses ondes, devant le parterre endimanché du milieu du cinéma, en présence notamment de la ministre de la Culture Christine St-Pierre. Fernand Dansereau, pionnier de notre cinéma et de notre télévision, a reçu, ému, un Jutra-Hommage qu'il n'a pas volé.
Babine, de Luc Picard, sur un scénario de Fred Pellerin, dominait le peloton quant au nombre des nominations (neuf). Mais cette fable surréaliste reposait surtout sur sa forme. Le film est donc reparti avec des prix techniques (attribués hors d'ondes jeudi dernier): meilleure direction artistique, meilleur son, meilleure musique, meilleurs costumes, meilleurs maquillages. Celui de la meilleure direction de la photographie lui aura échappé au profit de C'est pas moi, je le jure, de Philippe Falardeau, pour la caméra d'André Turpin.
Quant à la charmante comédie dramatique de Léa Pool, Maman est chez le coiffeur, elle dut se contenter du Jutra de la meilleure coiffure, en plus de récolter celui du film s'étant le plus illustré à l'étranger.
Du côté du documentaire, Patricio Henriquez avec son bouleversant Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture damait le pion à La Mémoire des anges de Luc Bourdon, en remportant la statuette. C'est le second Jutra pour Henriquez, après celui que lui valut Images d'une dictature en 2000.
Le Noeud cravate de Jean-François Lévesque, bijou d'humour sur l'absurdité de la vie bureaucratique, repartait avec le Jutra de la meilleure animation, tandis que l'apocalyptique et remarquable Next Floor de Denis Villeneuve recevait, comme prévu, après maints prix à l'étranger, celui du meilleur court/moyen métrage.
La comédie Cruising Bar 2 de Robert Ménard et Michel Côté est lauréate du Billet d'or au film ayant récolté les meilleures recettes au guichet, après avoir reçu, pour les mêmes raisons, la Bobine d'or de Téléfilm. Il aura également été classé pire film québécois de l'année par un jury de critiques, au Gala des Aurores d'Infoman, scellant le divorce entre succès public et approbation médiatique.
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