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Le 11e gala des Jutra - Ce qu'il faut pour vivre, film de l'année

Quatre prix pour Borderline, dont celui de la meilleure réalisation

Odile Tremblay   30 mars 2009  Cinéma
Isabelle Blais a été couronnée meilleure actrice pour sa vibrante interprétation dans le long métrage Borderline, de Lyne Charlebois, qui a remporté quatre prix lors du 11e Gala des Jutra, hier soir, notamment celui de la meilleure réalisation.
Photo : Jacques Grenier
Isabelle Blais a été couronnée meilleure actrice pour sa vibrante interprétation dans le long métrage Borderline, de Lyne Charlebois, qui a remporté quatre prix lors du 11e Gala des Jutra, hier soir, notamment celui de la meilleure réalisation.
Sans surprise, mais en toute justice, Ce qu'il faut pour vivre, excellent film de Benoît Pilon sur l'histoire d'un Inuit déraciné dans un sanatorium de Québec, a remporté hier soir le laurier du meilleur film québécois au 11e Gala des Jutra, couronnant les artisans de notre septième art. Le film valait également à Natar Ungalaaq, son merveilleux acteur principal, le prix de la meilleure interprétation masculine. À lui aussi, hautement méritée, la palme du meilleur scénario, coécrit par Bernard Émond et Benoît Pilon.

Le Jutra de la meilleure réalisation lui a toutefois échappé au profit de Lyne Charlebois pour Borderline, adapté du roman de Marie-Sissi Labrèche, bon film quoique moins achevé que ses concurrents, Ce qu'il faut pour vivre et Tout est parfait de Yves-Christian Fournier. La cinéaste lauréate a invité les femmes cinéastes, peu nombreuses au Québec, à croire en leurs forces.

Borderline était surtout porté par de grandes performances de comédiennes. Rien d'étonnant si deux d'entre elles se voient primées: Isabelle Blais, forte et émouvante dans un rôle de femme en quête d'elle-même, a remporté le Jutra de la meilleure actrice, alors qu'Angèle Coutu, porteuse d'humanité, gagnait celui de la meilleure actrice de soutien. Borderline repart avec quatre statuettes, dont celle du meilleur montage; un résultat plus qu'honorable.

Du moins, après la houle de la contestation du système de vote aux Jutra, ce palmarès n'a-t-il rien de déshonorant, malgré l'absence de bons joueurs écartés à l'étape des nominations. Tout est parfait, sous-représenté, ne repart pas complètement bredouille, puisque Normand D'Amour,

remarquable en père écorché, a remporté le trophée du meilleur acteur de soutien. Mais on aurait espéré davantage pour ce film coup de coeur.

La soirée, animée avec classe par la comédienne Karine Vanasse, se déroulait à Radio-Canada, avec diffusion simultanée sur ses ondes, devant le parterre endimanché du milieu du cinéma, en présence notamment de la ministre de la Culture Christine St-Pierre. Fernand Dansereau, pionnier de notre cinéma et de notre télévision, a reçu, ému, un Jutra-Hommage qu'il n'a pas volé.

Babine, de Luc Picard, sur un scénario de Fred Pellerin, dominait le peloton quant au nombre des nominations (neuf). Mais cette fable surréaliste reposait surtout sur sa forme. Le film est donc reparti avec des prix techniques (attribués hors d'ondes jeudi dernier): meilleure direction artistique, meilleur son, meilleure musique, meilleurs costumes, meilleurs maquillages. Celui de la meilleure direction de la photographie lui aura échappé au profit de C'est pas moi, je le jure, de Philippe Falardeau, pour la caméra d'André Turpin.

Quant à la charmante comédie dramatique de Léa Pool, Maman est chez le coiffeur, elle dut se contenter du Jutra de la meilleure coiffure, en plus de récolter celui du film s'étant le plus illustré à l'étranger.

Du côté du documentaire, Patricio Henriquez avec son bouleversant Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture damait le pion à La Mémoire des anges de Luc Bourdon, en remportant la statuette. C'est le second Jutra pour Henriquez, après celui que lui valut Images d'une dictature en 2000.

Le Noeud cravate de Jean-François Lévesque, bijou d'humour sur l'absurdité de la vie bureaucratique, repartait avec le Jutra de la meilleure animation, tandis que l'apocalyptique et remarquable Next Floor de Denis Villeneuve recevait, comme prévu, après maints prix à l'étranger, celui du meilleur court/moyen métrage.

La comédie Cruising Bar 2 de Robert Ménard et Michel Côté est lauréate du Billet d'or au film ayant récolté les meilleures recettes au guichet, après avoir reçu, pour les mêmes raisons, la Bobine d'or de Téléfilm. Il aura également été classé pire film québécois de l'année par un jury de critiques, au Gala des Aurores d'Infoman, scellant le divorce entre succès public et approbation médiatique.
 
 
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  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 01h49
    Gagnants prévisibles
    Même si je n'ai pas encore vu Ce qu'il faut pour vivre, le fait que cette production ait remporté le Jutra du meilleur film ne me surprend pas. D'abord, ce long métrage de Benoît Pilon n'a reçu que des éloges de la critique. De plus, toutes les personnes qui l'ont vu et m'en ont parlé, m'ont dit qu'il s'agissait d'une oeuvre absolument remarquable.

    Depuis 2003, on dirait que, chaque année, on peut assez tôt identifier le film québécois qui se démarque vraiment des autres et qui, par conséquent, sera le gagnant d'un tel prix.

    Il n'y a en fait qu'en 2004 que le résultat fut un peu une surprise. En effet, malgré ses qualités, qui aurait pu prévoir, cette année-là, que Mémoires affectives de Francis Leclerc remporterait le Jutra du meilleur film ? Les avis, si je me rappelle bien, étaient assez partagés !

  • Jean-Michel Peuron
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 09h45
    Voie de disparition...
    Ma foi, M. Noël, si l'homme blanc dont vous craignez la disparition vous ressemble, ça ne va pas si mal...

    Avez-vous remarqué aussi qu'il y a de moins en moins de yeux verts à la télévision ? Et c'est sans parler des nez aquilins...

    -Un homme blanc

  • Pierre Samuel
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 09h53
    Un film à voir et à revoir!
    Vous avez parfaitement raison de mentionner «sans surprise, mais en toute justice» que ce magnifique film mettant en vedette cet acteur exceptionnel qu'est Natar Ungalaak méritait la palme du meilleur film!

    Quelle démonstration d'humanisme portant à faire réfléchir les présumés «privilégiés» que nous sommes soudainement confrontés aux «véritables valeurs» à mille lieux de nos «petits conforts et problèmes» narcissiques!

    En effet, «ce qu'il faut pour vivre» tient beaucoup plus au dépouillement qu'à l'abondance! Belle et essentielle leçon de vie que ce film à voir et à revoir!

  • Pierre Samuel
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 10h06
    «Ce qu'il faut pour vivre», en effet!
    Vous avez parfaitement raison de mentionner «sans surprise, mais en toute justice» que ce magnifique film mettant en vedette cet acteur exceptionnel qu'est Natar Ungalaaq méritait amplement la palme du meilleur film!

    Quelle leçon d'humanisme pour les présumés «privilégiés» que nous sommes soudainement confrontés aux «véritables valeurs» à mille lieux de nos « petits conforts et problèmes» narcissiques!

    en effet, «ce qu'il faut pour vivre» tient beaucoup plus du dépouillement que de l'abondance! Belle et essentielle leçon de vie que ce film à voir et à revoir!

  • Pierre Samuel
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 11h38
    Secours! « Homme blanc» en danger !
    Pauvre « homme blanc»! Pendant des millénaires il a dominé et conquis sans égard avec sa représentation proportionnelle dans la race humaine! Maintenant que les «inférieurs(es)» à votre point de vue raciste et sexiste, j'imagine, sont un peu plus visibles et prennent peu à peu leurs places, «Homme blanc» se sent menacé! C'est le printemps, ouvrez un peu et respirez, ça soulage et fait du bien...

  • Sophie R. Dubois
    Inscrite
    lundi 30 mars 2009 15h43
    Reponse a Mr.Noël
    Réponse à Mr. Noël, si l'homme blanc serait en voie de disparition en Amérique, ce ne serait que le juste retour des choses ! Car après avoir pratiquement exterminer les peuples amérindiens et pris soin de les entassé dans des réserves en leur volant leurs terre, après avoir enchaînés et fait venir par bateau les exlclaves noirs africains ( et oui même dans notre belle province on a un passé esclavagiste ) , après avoir tenu les femmes dans des positions inférieur ; précaires ( a leur fourneau ) et leur avoir refusé tout poste de pouvoir tout droit ( de vote )pendant plusieurs siècles, que l'homme blanc soit en voie de disparition ne serait que le juste retour du balancier ...
    Quand j'entend de tels propos je me dis que la génétique ancestrale du colonisateur n'est pas si lointaine après tout.
    Car aujourd'hui si la planète est tellement polluée , les ressources pillées , les espèces animales en grave danger d'instinct ion , bref nous sommes a l'aube d'une situation planétaire CATASTROPHIQUE ( les grands glaciers sont en train de fondre , les changements climatiques ,...). L'homme blanc a certainement quelque chose à y voir, car la société qu'il a créée ne respecte pas la vie, les autres peuples et la terre. En fait si l'homme blanc serait en voie disparition ce serait plutôt une bonne nouvelle pour le restant de la planète... non?
    J'espère fortement que vous allez vous habituer à en voir des femmes et des communautés ethniques à la TV québécoise parce que il y aura de plus en plus !

  • Sophie R. Dubois
    Inscrite
    lundi 30 mars 2009 16h02
    Un bon gala
    J'ai particulièrement aimée l'hommage rendu à Fernand Dansereau,
    l'animation sympathique de Karine Vanasse. La richesse et le talent des artisans de notre cinéma québécois sont impressionnants. C'est encourageant de voir tant de relève et j'ai bien aimé les discours surtout celui de Angele Coutu qui a gagnée celui de la meilleur actrice de soutiens. J'ai aussi été agréablement surprise par le remix de la chanson thème du film culte de ma génération La querre des tuques.
    Bon gala sobre et de bon goût !

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 30 mars 2009 19h01
    @sophie dubois
    Commence donc par apprendre l'histoire du Québec

    L'homme blanc québécois n'a jamais exterminé d'Indiens; il s'est allié avec eux pour tenir un "empire" qui a tenu un siècle et demi avec bien peu de monde

    L'homme blanc d'ici a eu moins de 1000 esclaves noirs dans toute l'histoire de la Nouvelle-France. Rien à voir avec le millions d'esclaves du Brésil, des Antilles et des États-Unis.

  • Ouhgo
    Inscrit
    mardi 31 mars 2009 23h02
    Et la dénonciation de l'exilé chilien?
    Personne n'a donc entendu la dénonciation de Patricio Henriquez?

    Patricio Henriquez, exilé du Chili de Pinochet. Travailleur autonome, ayant créé, avec la journaliste Raymonde Provencher, cette maison de documentaires, Macumba Intntnl, il consacre sa vie à plaquer à la face du monde le portrait hideux de la torture. Et les peuples dénationalisés, il connaît ! Sans aucune crainte, il a cherché à réveiller ce bel auditoire en rappelant que ce gouv canadian déteste de notre culture tout ce qu'elle représente de différent.

    Et l'on discute transparence des robes!

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