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Fonds des médias du Canada - Le milieu du documentaire craint le pire

On en sait peu sur le futur Fonds des médias du Canada, mais ce qu'on sait déjà fait craindre le pire au milieu du documentaire québécois: une baisse du volume de production, des sujets nécessairement populaires et des règles de financement alourdies.

La décision du gouvernement fédéral de créer le Fonds des médias du Canada (FMC) préoccupe au plus haut point le milieu du documentaire québécois. Les producteurs font état d'une «inquiétude générale» et d'une «consternation» devant les changements appréhendés au mode de financement.

Hier matin, une quinzaine de producteurs membres de la branche documentaire de l'APFTQ (Association des producteurs de films et de télévision du Québec) se sont rencontrés à Montréal pour discuter de la riposte à apporter.

Une riposte préventive, en quelque sorte: le gouvernement a dévoilé très peu de détails du fonctionnement du futur Fonds des médias lors de l'annonce de sa création, le 9 mars. Ce fonds remplacera dès 2010 le Fonds canadien de télévision et le Fonds des nouveaux médias.

Mais ce que contient le texte de présentation du FMC fait craindre le pire aux maisons de production de documentaires. «Tout témoigne d'une profonde incompréhension du gouvernement devant la fragilité du documentaire», estime la réalisatrice Raymonde Provencher, de Macumba International.

Le texte gouvernemental indique ainsi que le Fonds mettra «l'accent sur les émissions dramatiques, les comédies et les émissions pour enfants. Il appuiera également des documentaires [...] si le promoteur peut démontrer que le marché seul ne peut en soutenir la production».

Il précise que l'objectif du Fonds est de financer des «productions que les Canadiens veulent». Lire: capables de récolter de bonnes cotes d'écoute.

30 % du budget

Ces bribes d'informations ont été suffisantes pour alerter le milieu du documentaire. On décode entre les lignes que le documentaire ne sera pas une priorité du FMC et que le financement sera grandement compliqué par la nécessité de faire la preuve que le secteur privé n'est pas intéressé à participer au projet.

«Qui dans le privé aurait financé un film comme L'Erreur boréale?, demande Raymonde Provencher. Le documentaire, c'est un coup de pied dans la fourmilière, ce n'est pas [le type d'effet] que recherche le privé», dit-elle.

Présidente de la section documentaire de l'APFTQ, Josette Normandeau estime que c'est environ 30 % du financement des documentaires qui vient du Fonds canadien de télévision. «Tout documentaire doit avoir un télédiffuseur, explique-t-elle. Si ce diffuseur doit supporter une plus large part du financement du documentaire [pour combler l'absence du FMC tout en respectant ses conditions de licence], eh bien il y aura nécessairement moins de documentaires qui seront financés.»

«La télé est le déclencheur de nos projets, indique le cinéaste Hugo Latulippe, président de la boîte Esperamos Films. Ils investissent beaucoup. S'ils arrêtent, il n'y aura plus de documentaire.»

Latulippe se dit «consterné» par ce qui se passe. Le financement d'un documentaire est déjà un «combat de tous les jours» avec un «ennemi clair: la logique des cotes d'écoute et des parts de marché». Or, tout indique que les nouvelles règles feront de cet «ennemi» un joueur incontournable.

Le gouvernement fera connaître dans les prochains mois les détails du fonctionnement du Fonds.
 
 
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  • Alain Cossette
    Inscrit
    jeudi 26 mars 2009 07h24
    Comment museler sans faire de bruit
    Voilà toute la situation, sous prétexte de la rentabilité, on musèle et on s'assure que les bons québécois et canadiens écouteront ce qu'ils veulent écouter, je dirais plutôt ce que le gouvernement en place veut que ses bons citoyens écoutent. Verra-t'on un documentaire sur les sables bitumineux, NON car les cotes d'écoutes donneront la raison pour refuser un tel projet.

    On appelle ça la démocratie!!!!!!!!!

  • Paul Lapointe
    Abonné
    jeudi 26 mars 2009 08h48
    Le "Brave New World" des réformistes conservateurs
    L'action du gouvernement Harper, en regard de la production cinématographique et télévisuelle reflètent très clairement le contrôle serré qu'exerce un cercle étroit d'idéologues réformistes interposés entre le pouvoir et les ministères. Ces réformistes méprisent non seulement la culture, mais surtout la liberté d'expression. Ils favorisent très clairement l'intégration verticale, au profit de grands joueurs comme Québécor, Shaw et Rogers, qui auront dorénavant le plein contrôle des importantes ressources financières publiques canalisées dans le Fond des médias du Canada par Patrimoine canadien. Cela intervient au même moment que le Gouvernement Harper étouffe Radio-Canada qui devra non seulement se départir d'une part importante de ses effectifs, mais assujettir davantage l'information et la culture, à la cote d'écoute et à la logique du divertissement. Fiers de leur simplisme primaire, ravis de vous le foutre sur la gueule, les réformistes conservateurs croient que les idées sont de simples produits de consommation, et que leur expression ne doit répondre qu'à la seule logique du marché, point, à la ligne.
    Ce gouvernement doit être éliminé au plus tôt !

  • Diane Cadieux
    Inscrite
    jeudi 26 mars 2009 18h02
    La Chartre
    Que dit donc la Chartre des Droits et Libertés?

    Y-a-t-il un article qui donne le droit au gouvernement de dicter ce que le peuple doit écouter?

    Plus ça va et plus, ils(cons...ervateurs)poussent le bouchon.

    J'aimerais bien savoir ce que fait l'opposition. Attend-elle que le bordel soit pris dans la cabane?

    Y sont mal partis pour gagner la confiance du peuple!

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