Cinéma - Dans les coulisses de la création à risque
Le film explore l'aventure de l'adaptation de la pièce Les Trois Soeurs de Tchekhov par le Théâtre de l'Opsis, où deux metteurs en scène ignoraient ce que faisait l'autre
3 soeurs en 2 temps pose un regard sur la création en marche. Or qu'y a-t-il de plus fragile que la création qui se cherche, qui doute, qui recommence? Au départ, il y a un défi, celui du Théâtre de l'Opsis en 2002, qui confia à deux metteurs en scène, Luce Pelletier et Denis Bernard, l'adaptation de la pièce de Tchekhov Les Trois Soeurs. Chacun ignorait ce que faisait l'autre. Luce Pelletier montrait Irina, Macha et Olga dans la vingtaine alors que Denis Bernard leur ajoutait trente ans de plus. À un mois de la première, les deux groupes tentaient tant bien que mal de fusionner, avec les frictions d'usage. De son côté, Serge Denoncourt, directeur artistique du projet, cherchait à calmer le jeu et à trouver un point de rencontre.
Le film n'est pas vraiment un making of du spectacle final, mais une incursion dans les coulisses d'un processus artistique. Tchekhov pour Tchekhov, le documentaire rappelle la merveilleuse aventure de Je suis une mouette, non ce n'est pas ça, qu'avait montée à la scène Serge Denoncourt. Celle-ci intercalée à la pièce La Mouette, on y découvrait comment les comédiens avaient construit leurs personnages, parmi les doutes, les tâtonnements. De la même manière qu'ici.
On devait déjà à Benoît Pilon Rosaire et la Petite-Nation, film sur la mémoire et le passage du temps, ainsi qu'Impressions, autour du quatuor à cordes de Claude Debussy. Ce cinéaste généreux et sensible aime observer les moments de transition friables et hésitants.
C'est pourquoi la naissance d'un spectacle complexe qui mit au jour les angoisses des acteurs et les affres des metteurs en scène devait être si captivante à filmer pour lui. Les moments de panique y voisinent les cris d'espoir. On découvre par-dessus tout à quel point interprètes et maîtres d'oeuvre s'impliquent et s'interrogent en montant un spectacle, en offrant leur corps et leur âme à des personnages. Benoît Pilon ne montre pas tout. C'est là la grâce du film. Il laisse sa caméra capter des moments précieux d'interactions qui dévoilent beaucoup. Au spectateur ensuite de recoller les morceaux ensemble pour partager le défi de ces 3 soeurs en 2 temps.
Le film n'est pas vraiment un making of du spectacle final, mais une incursion dans les coulisses d'un processus artistique. Tchekhov pour Tchekhov, le documentaire rappelle la merveilleuse aventure de Je suis une mouette, non ce n'est pas ça, qu'avait montée à la scène Serge Denoncourt. Celle-ci intercalée à la pièce La Mouette, on y découvrait comment les comédiens avaient construit leurs personnages, parmi les doutes, les tâtonnements. De la même manière qu'ici.
On devait déjà à Benoît Pilon Rosaire et la Petite-Nation, film sur la mémoire et le passage du temps, ainsi qu'Impressions, autour du quatuor à cordes de Claude Debussy. Ce cinéaste généreux et sensible aime observer les moments de transition friables et hésitants.
C'est pourquoi la naissance d'un spectacle complexe qui mit au jour les angoisses des acteurs et les affres des metteurs en scène devait être si captivante à filmer pour lui. Les moments de panique y voisinent les cris d'espoir. On découvre par-dessus tout à quel point interprètes et maîtres d'oeuvre s'impliquent et s'interrogent en montant un spectacle, en offrant leur corps et leur âme à des personnages. Benoît Pilon ne montre pas tout. C'est là la grâce du film. Il laisse sa caméra capter des moments précieux d'interactions qui dévoilent beaucoup. Au spectateur ensuite de recoller les morceaux ensemble pour partager le défi de ces 3 soeurs en 2 temps.
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