Fin de la programmation à Ex-Centris - Onde de choc dans le milieu du cinéma
La consternation règne dans le milieu du cinéma, après qu'ait été dévoilé l'arrêt de la programmation cinéma au complexe Ex-Centris, le 20 mars prochain. Daniel Langlois, propriétaire de ce temple du boulevard Saint-Laurent devenu en 10 ans mythique, révélait hier au Devoir son intention de convertir les trois salles en lieux d'exploration culturelle diversifiée. Six emplois permanents sont coupés, ainsi qu'une quarantaine de postes temporaires.
Daniel Langlois possède sa vision des choses, et rêve d'exploration. Mais les cinéphiles, qui perdent un haut lieu de cinéma de qualité, se retrouvent en état de choc. Sur Facebook, le site «Sauvons l'Ex-Centris» lance un appel aux amateurs de cinéma pour changer le cours des choses.
Roland Smith, propriétaire du cinéma du Parc, est loin de pavoiser, même si ses salles pourraient récupérer certains films dévolus à Ex-Centris. «On aurait voulu voir ouvrir de nouvelles salles, et le pavillon amiral ferme», déplore-t-il. Il n'est pas étonné par la nouvelle, que la rumeur véhiculait depuis quelques mois, mais vraiment endeuillé. «Les gens vont avoir moins confiance dans le cinéma artistique. On y perd collectivement», estime-t-il. Quant à Mario Fortin, directeur général du cinéma Beaubien, qui vient de rajouter deux salles à ses trois déjà implantées, il s'attriste de concert: «Je pleure parce que cette décision est regrettable pour Montréal. Il est illusoire de croire que je pourrai rapatrier toutes ces oeuvres orphelines sur mes écrans. Des films seront refoulés, c'est sûr.»
Monique Savoie, présidente de la Société des arts technologiques (SAT), déplore le fait que Daniel Langlois, après avoir fait fermer les deux salles du cinéma l'Élysée pour les besoins de son entreprise Softimages et après avoir intégré à son complexe Ex-Centris le lieu culte du cinéma Parallèle, coupe les trois écrans qu'il a fait naître. «Notre déficit de salles de cinéma est plus important qu'autrefois», estime-t-elle.
«Daniel Langlois avait les moyens d'encourager un cinéma indépendant, ajoute Armand Lafond, distributeur chez Axia Films. À Ex-Centris, il y avait une âme, un esprit. On perd tout ça. Avant d'acheter des films, il va falloir trouver des écrans disponibles. Certains films seront exportés directement en vidéo et sur le marché de la télévision, sans passer par les salles. Toute la cinématographie indépendante en souffrira.»
Claude Chamberlan, qui y a longtemps dirigé sa programmation, trouve qu'il aurait fallu cinq, six salles à Ex-Centris, plutôt que trois, dont une dédiée au multimédia. À ses yeux, un des problèmes d'Ex-Centris réside dans son faste. «C'est un château, qui exige une énorme maintenance et des frais trop élevés.» Claude Chamberlan reconnaît qu'il y a eu un creux dernièrement, mais qu'avec un taux d'occupation de plus de 25 %, la fréquentation maintenait un cap solide et concurrentiel.
Au cinéma Parallèle, une des salles d'Ex-Centris, très dévouée au cinéma québécois, et très performante, on déclare suspendre les activités à partir du 5 avril, tout en saluant ces 10 années de partenariat avec Ex-Centris, lieu exceptionnel. Ses dirigeants entendent relocaliser le Parallèle. Des rumeurs évoquent l'Impérial, mais cette salle paraît immense pour ses besoins. On verra bien où ces sans-abris poseront leurs pénates.
Nicolas Girard-Deltruc, directeur général du Festival du nouveau cinéma, ne sait pas trop si son rendez-vous pourra s'installer à Ex-Centris à l'automne. «On reste en discussion, mais je crains que les salles n'aient plus de sièges et que l'endroit ne convienne plus pour accueillir les festivaliers. Quelle sera sa configuration?» demande-t-il. À ses yeux, tant la communauté artistique que les institutions se sont montrées incapables de mesurer à sa juste valeur l'impact des investissements de Daniel Langlois dans l'industrie, et n'ont pas de plan B.
Et du côté de la SODEC? «On va regarder la situation, parler avec les gens du milieu et regarder quelles sont les avenues pour remplacer les salles disparues, trouver des pistes de solution avec les gens», affirmait hier Isabelle Melançon, directrice des communications à la SODEC. Des distributeurs pourraient se réunir et chercher à faire front. Tout bouge, et le dossier devrait rebondir sur plusieurs fronts.
Daniel Langlois possède sa vision des choses, et rêve d'exploration. Mais les cinéphiles, qui perdent un haut lieu de cinéma de qualité, se retrouvent en état de choc. Sur Facebook, le site «Sauvons l'Ex-Centris» lance un appel aux amateurs de cinéma pour changer le cours des choses.
Roland Smith, propriétaire du cinéma du Parc, est loin de pavoiser, même si ses salles pourraient récupérer certains films dévolus à Ex-Centris. «On aurait voulu voir ouvrir de nouvelles salles, et le pavillon amiral ferme», déplore-t-il. Il n'est pas étonné par la nouvelle, que la rumeur véhiculait depuis quelques mois, mais vraiment endeuillé. «Les gens vont avoir moins confiance dans le cinéma artistique. On y perd collectivement», estime-t-il. Quant à Mario Fortin, directeur général du cinéma Beaubien, qui vient de rajouter deux salles à ses trois déjà implantées, il s'attriste de concert: «Je pleure parce que cette décision est regrettable pour Montréal. Il est illusoire de croire que je pourrai rapatrier toutes ces oeuvres orphelines sur mes écrans. Des films seront refoulés, c'est sûr.»
Monique Savoie, présidente de la Société des arts technologiques (SAT), déplore le fait que Daniel Langlois, après avoir fait fermer les deux salles du cinéma l'Élysée pour les besoins de son entreprise Softimages et après avoir intégré à son complexe Ex-Centris le lieu culte du cinéma Parallèle, coupe les trois écrans qu'il a fait naître. «Notre déficit de salles de cinéma est plus important qu'autrefois», estime-t-elle.
«Daniel Langlois avait les moyens d'encourager un cinéma indépendant, ajoute Armand Lafond, distributeur chez Axia Films. À Ex-Centris, il y avait une âme, un esprit. On perd tout ça. Avant d'acheter des films, il va falloir trouver des écrans disponibles. Certains films seront exportés directement en vidéo et sur le marché de la télévision, sans passer par les salles. Toute la cinématographie indépendante en souffrira.»
Claude Chamberlan, qui y a longtemps dirigé sa programmation, trouve qu'il aurait fallu cinq, six salles à Ex-Centris, plutôt que trois, dont une dédiée au multimédia. À ses yeux, un des problèmes d'Ex-Centris réside dans son faste. «C'est un château, qui exige une énorme maintenance et des frais trop élevés.» Claude Chamberlan reconnaît qu'il y a eu un creux dernièrement, mais qu'avec un taux d'occupation de plus de 25 %, la fréquentation maintenait un cap solide et concurrentiel.
Au cinéma Parallèle, une des salles d'Ex-Centris, très dévouée au cinéma québécois, et très performante, on déclare suspendre les activités à partir du 5 avril, tout en saluant ces 10 années de partenariat avec Ex-Centris, lieu exceptionnel. Ses dirigeants entendent relocaliser le Parallèle. Des rumeurs évoquent l'Impérial, mais cette salle paraît immense pour ses besoins. On verra bien où ces sans-abris poseront leurs pénates.
Nicolas Girard-Deltruc, directeur général du Festival du nouveau cinéma, ne sait pas trop si son rendez-vous pourra s'installer à Ex-Centris à l'automne. «On reste en discussion, mais je crains que les salles n'aient plus de sièges et que l'endroit ne convienne plus pour accueillir les festivaliers. Quelle sera sa configuration?» demande-t-il. À ses yeux, tant la communauté artistique que les institutions se sont montrées incapables de mesurer à sa juste valeur l'impact des investissements de Daniel Langlois dans l'industrie, et n'ont pas de plan B.
Et du côté de la SODEC? «On va regarder la situation, parler avec les gens du milieu et regarder quelles sont les avenues pour remplacer les salles disparues, trouver des pistes de solution avec les gens», affirmait hier Isabelle Melançon, directrice des communications à la SODEC. Des distributeurs pourraient se réunir et chercher à faire front. Tout bouge, et le dossier devrait rebondir sur plusieurs fronts.
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